Conditions salariales
Vaudreuil-Dorion: au tour des bleus de se doter d'un mandat de grève
Par Christopher Chartier-Jacques, Directeur régional des contenus
Quelques jours à peine après les cols blancs de Vaudreuil-Dorion, c'est au tour des cols bleus de se doter d'un mandat de grève. Bien qu'ils souhaitent trouver un terrain d'entente avant une escalade des moyens de pression, les employés syndiqués veulent s'assurer de protéger leur pouvoir d'achat dans les prochaines années.
Il s'agit de syndicats différents, mais les revendications se recoupent. En effet, les cols bleus font écho aux cols blancs en rejettant la plus récente offre salariale présentée par la partie patronale. Plus précisément, les cols bleus ont refusé à l'unanimité. Rappelons que 99 % des cols blancs se sont aussi portés en faux. Les employés syndiqués de Vaudreuil-Dorion sont sans convention collective depuis décembre 2024.
L’assemblée générale du 3 juin a permis de faire le point sur la négociation. Les représentants syndicaux des cols bleus soulignent que les questions des conditions de travail avancent bien. C'est en matière d'offre salariale que le bât blesse. On évoque une proposition patronale d'une hausse de 16 % sur 5 ans alors que le Syndicat manuel des travailleurs et travailleuses de Vaudreuil-Dorion (SMTTVD–CSN) demande 22 % sur 5 ans. Les quelque 120 cols bleus ont d’ailleurs désormais un mandat de grève de cinq jours en poche.
« Notre négociation se déroule rondement jusqu’à maintenant. Mais ce qui est sur la table pour nos salaires n’est pas suffisant. Comme tout le monde, nous faisons face à l’inflation. Nous souhaitons obtenir des augmentations salariales qui nous permettent de maintenir notre pouvoir d’achat. Il nous faut un salaire afin de pouvoir vivre dans la ville qu’on dessert chaque jour », explique le président du SMTTVD–CSN, Clayton West.
En entrevue avec Néomédia, Hubert Forcier, aux communications pour la Confédération des syndicats nationaux (CSN), explique que les employés cols bleus peuvent se référer aux augmentations octroyées aux travailleurs de la construction. Ces hausses salariales dépassent le plus clair du temps les 20 % sur une période de cinq ans.
Des précisions des cols blancs
Informé de la prise de décisions des cols bleus, Maurice Pilon, président de la section locale 1432 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) et ainsi représentant syndical des cols blancs à Vaudreuil-Dorion, est revenu sur les enjeux derrière la mobilisation des employés.
« Nous avons à cœur les citoyens et nous sommes tous heureux et fiers des services que l’on apporte. Dans une ville, ce sont les employés qui livrent les services », souligne-t-il. Il affirme, d’autre part, que cette volonté de servir au mieux est derrière la volonté syndicale de bonifier la rémunération. Il explique: « C’est entre autres une question de rétention et d’attractivité de l’organisation. 65 % des employés cols blancs cumulent moins de 5 ans d’ancienneté à la Ville. Ça parle d’une problématique de rétention des travailleurs humains. Jamais on ne me fera croire qu’un employé avec un an ou deux d’ancienneté peut livrer des services avec autant d’efficacité qu’un fonctionnaire expérimenté. Pour moi, une municipalité qui garde ses employés et qui ne surcharge pas son service des ressources humaines à constamment remplacer des départs, c’est une municipalité qui gère sainement ses finances. »
Selon lui, rien ne semble indiquer que la Ville de Vaudreuil-Dorion est dans une situation financière précaire. « Nous avons fait des projections, en raison de l’indice des prix à la consommation, l’offre patronale actuelle équivaut sur une période de 17 ans à une augmentation d’à peine 0,25 % de notre pouvoir d’achat, poursuit celui qui œuvre comme technicien en informatique. Dans le cas de Vaudreuil-Dorion, c’est pas par manque de capacité financière mais par manque de volonté. » Soulignons que l’offre salariale patronale aux cols blancs est la même que pour les cols bleus: 16 % d’augmentation sur 5 ans.
Maurice Pilon soutient qu’il s’agit d’un cas rare de mobilisation syndicale à la Ville de Vaudreuil-Dorion où les trois principaux syndicats (les pompiers sont aussi du nombre) sont en moyens de pression. « En bout de ligne, nous voulons tous protéger le pouvoir d’achat de nos membres pour les prochaines années. Ce pouvoir d’achat doit correspondre à la réalité sur le terrain. Nous n’avons qu’à prendre la hausse du coût du logement dans Vaudreuil-Dorion: il devient irréaliste pour les employés municipaux d’habiter la Ville à laquelle ils sont attachés. Je réitère que nous avons tous à cœur le service aux citoyens, central au rôle d’une ville », conclut le représentant syndical.
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