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Économie

Le commerce interprovincial au Canada : une nécessité face aux tensions commerciales

Une publication Néomédia
Le commerce interprovincial au Canada : une nécessité face aux tensions commerciales
Photo: Courtoisie

Le Canada entretient des relations commerciales solides avec les États-Unis, mais l’annonce d’une hausse des tarifs douaniers de 25 % par l’administration Trump a ravivé les discussions sur la nécessité de renforcer le commerce entre les provinces canadiennes.

Plusieurs premiers ministres provinciaux, dont François Legault, plaident pour une plus grande ouverture du commerce interprovincial afin de réduire la dépendance économique du Canada aux marchés internationaux, notamment celui des États-Unis.

Une dépendance historique aux États-Unis

En entrevue avec Néomédia, Louis Lévesque, président du comité des politiques publiques de l’Association des économistes québécois, explique que cette dépendance s’explique par la proximité géographique et la concentration des grands centres de population près de la frontière.

« Environ 80 % de la population canadienne vit à moins de 100 km de la frontière américaine. Historiquement, notre commerce s’est développé du nord vers le sud plutôt qu’entre les provinces », souligne-t-il.

Un commerce interprovincial entravé par des barrières non tarifaires

Si, en théorie, le commerce entre provinces semble logique, la réalité est bien plus complexe. De nombreux règlements provinciaux créent des barrières non tarifaires qui limitent la circulation des biens et des services à travers le pays.

Ces restrictions découlent principalement des compétences provinciales dans des secteurs clés comme la construction, la santé et la vente d’alcool. Chaque province établit ses propres normes et règlements, ce qui freine les échanges économiques.

Par exemple, dans le secteur de la construction, les différences de certifications et de normes compliquent la tâche des entreprises souhaitant soumissionner dans une autre province. Elles doivent souvent s’adapter à des exigences réglementaires distinctes, ce qui augmente les coûts et réduit la compétitivité.

Un protectionnisme aux conséquences économiques

Ces barrières réglementaires existent notamment pour protéger les emplois locaux, comme l’explique Louis Lévesque : « Elles permettent aux entreprises locales de conserver un avantage, puisqu’elles respectent déjà les normes et lois de leur province.»

Toutefois, cette protection a un prix. La réduction de la concurrence entraîne une hausse des coûts pour les consommateurs et les gouvernements. « Si les entrepreneurs de l’Ontario étaient en mesure de soumissionner pour des travaux routiers à Montréal, cela augmenterait la concurrence et ferait baisser les prix », ajoute-t-il.

Jusqu’à récemment, ces enjeux n’étaient pas une priorité. Cependant, avec l’incertitude entourant les exportations canadiennes vers les États-Unis, cette réalité pourrait changer. « On verra si l’inquiétude face à nos exportations aux États-Unis nous incite à prendre des mesures pour améliorer le commerce intérieur », conclut Lévesque.

Pour le moment, le gouvernement fédéral n’a pas l’autorité constitutionnelle de légiférer sur des secteurs qui sont des juridictions provinciales.

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