Culturisme: comprendre les étapes qui mènent à la scène
Une troisième compétition mémorable pour Akram Merabti

Par Maxim Ouellet, Journaliste, initiative de journalisme local
Le samedi 18 juillet, Akram Merabti, un jeune homme de 21 ans natif de Vaudreuil-Dorion, est monté sur scène dans le cadre de la classique naturelle de POPEYE disputée au Cégep Marie-Victorin à Montréal. En entrevue avec Néomédia, le bodybuilder a expliqué avoir offert son maximum. Selon lui, il n'aurait pu avoir une meilleure forme physique et il en est particulièrement fier.
Même s'il n'est pas revenu dans la région avec une médaille autour du cou, Akram admire sa progression récente et est heureux du travail de musculation réalisé dans la dernière année.
Ce genre d'événement réunit bien sûr des dizaines d'athlètes comme lui. Akram se console donc en se rappelant les personnes qu'il a eu la chance de rencontrer. En tout et partout, il qualifie sa troisième expérience dans une compétition organisée d'extraordinaire.
Toutefois, il ne suffit pas de s'entraîner à répétition pendant plusieurs mois, de s'inscrire à une démonstration et de monter sur scène: le processus est bien plus fastidieux, et même les quelques jours précédant la compétition nécessitent une préparation complexe.
Pour plus d'informations sur le processus, les défis et les embûches rencontrés par les spécialistes du développement hypertrophique, Néomédia vous invite à lire et à écouter l'épisode de balado suivant:
« J'aime penser que la compétition commence le jeudi parce que je me retrouve déjà à devoir préparer ma nourriture pour prendre mes carbs (glucides) le vendredi », explique celui qui n'en a pas consommé du tout le jeudi en question. Il s'agit d'une stratégie pour Akram qui s'est rendu compte qu'il remplissait ses réserves d’énergie musculaire trop tôt par le passé.
Changer ses habitudes alimentaires à la dernière minute
« Le vendredi je mange cinq repas qui contiennent des quantités précises et adaptées de sodium, potassium, glucides et séparément ma quantité d'eau [...] je diminue considérablement la quantité d'eau que je bois cette journée-là, je passe de trois ou quatre litres à simplement un », ajoute-t-il.
L'objectif visé par une telle déshydratation est de devenir « comme une éponge sèche ». D'autres compétiteurs vont réduire encore plus leur consommation d'eau, mais Akram Merabti ne voit pas d'avantage à employer une méthode aussi drastique. Selon lui, une bonne diète fait déjà bien les choses.
La journée de vendredi ne consiste pas seulement à prendre les bons aliments au bon moment et à surveiller la quantité d'eau qu'il consomme, c'est aussi à ce moment-là que les bodybuilders se dirigent vers l'emplacement de leur compétition pour faire leur première couche de bronzage et s'informer du déroulement de la journée suivante.
« C'est là qu'il nous explique le quand, le quoi, le comment ainsi que le moment où on va avoir notre deuxième couche de bronzant […]. Moi, c'était déterminé que je devais me rendre dans un hôtel à 3 h le samedi matin », souligne Akram.
Néomédia l'a questionné par rapport à la quantité de nourriture qu'il mangeait juste avant de se présenter devant les juges et, pour faire court, un simple légume ne suffit pas à ce moment-là: « On ne mange pas juste un peu, on mange beaucoup [...] maintenant que mon corps est une éponge sèche, j'ai l'opportunité de le gonfler puisqu'il absorbe mieux que n'importe quand. »
Derrière les rideaux, plusieurs compétiteurs en profitent pour ingérer des confitures, des bonbons et du chocolat. Les sodiums accumulés sont aussi importants parce qu'ils accentuent la circulation sanguine et font ressortir les veines des culturistes. Il n'est pas rare non plus que ceux-ci soulèvent des poids afin de gonfler leurs muscles une dernière fois. Après tout le travail investi, les athlètes veulent se présenter à leur apogée.
Impressionner les juges
Une fois sur scène, l'objectif des participants se résume essentiellement à devoir exhiber leur forme physique et leurs muscles aux juges. Akram Merabti a toutefois une idée en tête qui pourrait rendre le processus plus participatif en impliquant les spectateurs présents dans la salle.
« Je pense qu'on pourrait faire évoluer le sport en demandant aux gens sur place leur opinion subjective du meilleur corps [...] En ce moment, c'est les juges qui ont le dernier mot sur ton physique. »
Finalement, il y a les poses, la partie artistique de la discipline. « Ils sont extrêmement critiques sur trois critères, le conditionnement, la grosseur des muscles. Moi, par exemple, je sais que ma faiblesse, c'est les bras. [...] Il y a aussi la présence, quelqu'un qui ne sourit pas et qui ne démontre pas une allure de champion, ça peut affecter la note des juges », estime Akram en terminant.
