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Le TGV de Alto: potentiellement sur le territoire de Vaudreuil-Soulanges

DEV réclame une place à la table des consultations

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2 juin 2026
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Maxim Ouellet
Par Maxim Ouellet, Journaliste, initiative de journalisme local

L’éventuel tracé du train à grande vitesse (TGV) suscite des inquiétudes croissantes dans la région, notamment auprès d’agriculteurs qui sont plongés dans l’incertitude et d’entrepreneurs qui sont contraints de mettre un frein à leur projet de développement. À cet égard, Développement Vaudreuil-Soulanges (DEV) se positionne comme la voix de ces entreprises dans ses discussions avec Alto. 

Afin d’y voir plus clair sur les impacts économiques que peut avoir un tel projet dans la région, Neomedia s’est entretenu avec la directrice générale de DEV, Joanne Brunet, et le directeur de la planification et des enjeux régionaux, Philippe Roy. Les deux intervenants dressent un portrait nuancé de la situation. 

Si les opportunités d’essor économique sont bien réelles, elles risquent néanmoins d'être temporaires. Rappelons que le projet dans son ensemble est évalué à plus de 90 milliards de dollars.

Se concentrer sur les points positifs

Bien qu’elle ait besoin d’en discuter formellement avec Alto afin de mieux saisir leur stratégie d’approvisionnement, Mme Brunet estime que le projet présente des perspectives favorables pour certaines entreprises d’ici. Elle doit participer à une table ronde organisée par Alto se concentrant sur ce sujet le 10 juin. Son objectif est d’influencer les appels d’offres en faveur des PME de la région et de ne pas aller vers les marchés publics internationaux.

« Pendant la construction, s'il y a des sous-contractants ou des entreprises qui peuvent contribuer à la construction [...], mais pour ça, il faut voir avec Alto comment on peut mettre à profit l'écosystème des entreprises de Vaudreuil-Soulanges », explique la directrice générale. 

Dans ce contexte, le parc industriel de Coteau-du-Lac, en pleine expansion, se présente comme un site stratégique et attractif pour y accueillir de nouvelles usines qui pourraient avoir un rôle à jouer dans le chantier à venir.

Considérer les aspects négatifs

N’en demeure pas moins qu’une fois la construction des rails achevée, les retombées économiques pour la région s'annoncent quasi nulles. « On va travailler pour le avant et pendant la construction, mais le après, malheureusement, il n'y a pas d'opportunités. L'objectif d'un TGV, c'est d'aller vite », résume Mme Brunet. Évidemment, en raison de la faible densité de population en milieu rural, aucune gare n'est prévue dans Vaudreuil-Soulanges. Après tout, un TGV n’est pas censé s'arrêter très souvent.

Pour Philippe Roy, « Il n’y a pas de plus-value, ce n’est qu’une cicatrice sur notre territoire » une fois le chantier terminé. Toujours d'après les analyses de M. Roy, le secteur de Pointe-Fortune concentre des producteurs maraîchers et des fermes de petite superficie, dont certaines à vocation touristique et scolaire, pour lesquelles chaque hectare est vital. 

« Pour des petits producteurs, ça remet en cause leur modèle d'affaires d'une façon majeure. C'est pour cette raison-là que DEV s'est impliqué dans le dossier. [...] Le tissu agricole de Pointe-Fortune est particulier, on parle de petites unités de travail, c'est un peu pour ça que c'est un peu alarmant », souligne le directeur de la planification et des enjeux régionaux.

Au-delà des producteurs directement touchés, le développement résidentiel de Pointe-Fortune pourrait également être freiné. Des projets immobiliers en cours de planification se retrouvent eux aussi dans l'incertitude, ce qui nuit à la vitalité de la petite municipalité.

« On ne parle pas d'un autobus de la ville, mais bien d’un train qui passera peut-être plusieurs fois par jour [...] Le manque de prévisibilité vient ralentir les investissements à tous les niveaux  », exprime la mairesse, Sandra Lavoratore.

Entreprendre les bonnes démarches

DEV a adopté une résolution formelle demandant à Alto de tenir des consultations publiques auprès des acteurs économiques de Vaudreuil-Soulanges. Un exercice qui n'a pas encore eu lieu dans la région, contrairement à ce qui s'est fait dans les comtés unis de Prescott-Russell et dans la MRC d’Argenteuil. « Le volet humain et le volet économique, est-ce que ça a été discuté à ce moment-là ? On ne s'est pas senti interpellé », ajoute M. Roy.

Son organisation souhaite que le rapport de consultation publique qu'Alto s'est engagé à publier d'ici l'été 2026 reflète les préoccupations locales et contribue à mettre un terme aux spéculations. « On veut s'inscrire dans la démarche d'Alto pour donner les informations les plus éclairantes possible, afin qu'ils prennent leurs décisions en bonne connaissance de cause », insiste Philippe Roy.

Selon lui et Mme Brunet, il faut que la réalité économique et agricole particulière de Vaudreuil-Soulanges soit prise en compte avant que le tracé ne soit définitivement arrêté. Notons que le tracé n’a rien de définitif et que pour l’instant, Alto ne fait que documenter au niveau environnemental.

 

À lire également: 

Des agriculteurs de la région critiquent un manque flagrant de prévisibilité

Train à grande vitesse: des démarches d'Alto dans la région cette semaine

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