Projet de train à grande vitesse Alto
Des agriculteurs de la région critique un manque flagrant de prévisibilité

Par Maxim Ouellet, Journaliste, initiative de journalisme local
Le président de l'UPA Vaudreuil-Soulanges, Jérémie Mercier, demande une consultation publique concernant le projet de train à grande vitesse (TGV) Alto. Selon les dernières nouvelles qui demeurent floues, le tracé potentiel du TGV reliant Québec à Toronto, pourrait traverser des terres agricoles dans le secteur de Rigaud et de Pointe-Fortune.
En entrevue avec Néomédia, M. Mercier dénonce le manque de transparence du promoteur et l'impossibilité d'obtenir quelconque forme de réponse. Plus tôt en 2026, des tests ont été réalisés sur certains terrains de Rigaud et de Pointe-Fortune, mais, bien que les propriétaires aient reçu des pamphlets informatif, il n’y a pas eu « à ce jour, de rencontre formelle. En Ontario, il y en a eu, à Mirabel aussi probablement, mais pas nous autres », confirme M. Mercier.
Il rappelle que les zones agricoles de la région sont dès lors sollicitées pour des éoliennes et des lignes électriques. « Là, s'il faut en plus un TGV, ça fait beaucoup de cicatrices sur le territoire agricole [...] ça se peut que ça décourage bien du monde », estime le président de la section locale de l’UPA.
Dans Vaudreuil-Soulanges, on recense pour l’instant cinq producteurs touchés. Ceux-ci critiquent un manque de prévisibilité et vivent dans le doute en attendant les réponses: « Chaque membre touché, c'est un drame en soi. C'est une épée de Damoclès au-dessus d'eux autres en ce moment », souligne M. Mercier.
Faire pression afin d’obtenir des réponses
Depuis bientôt trois semaines, Jérémie Mercier tente sans succès d’obtenir des réponses du député fédéral de Vaudreuil, Peter Schiefke. Après avoir multiplié les demandes, M. Mercier n’obtient rien de plus qu’une courte réponse de refus. « On a commencé par des courriels, bien sûr, ensuite des téléphones. Finalement, la semaine passée, je me suis présenté au bureau […] puis le lendemain on recevait un courriel nous expliquant que M. Schiefke n’a pas le temps de nous rencontrer », résume le producteur.
Si M. Mercier comprend que le Libéral a un horaire chargé, il voit mal comment celui-ci est en mesure de refuser une rencontre avec des gens inquiets de sa communauté.
Le dimanche 31 mai, le président de la section locale de l’UPA est allé planter une pancarte sur la pelouse du bureau de circonscription sur laquelle on peut lire « PAS DE TGV DANS NOS CHAMPS ».
Jérémie Mercier assure que lui et son équipe ne s’arrêteront pas là pour autant puisque d’autres moyens de pression ont été envisagés: « On débute avec la pancarte puis on y retourne avec l’un des producteurs touchés. [...] Ensuite, si l'exécutif nous le permet, on y retourne avec nos tracteurs », mentionne l'agronome.
Déjà, l’UPA Vaudreuil-Soulanges a eu une rencontre avec Claude DeBellefeuille, députée bloquiste de Beauharnois-Salaberry-Soulanges-Huntingdon, afin de voir si celle-ci pourrait faire pression en chambre.
Au moment d'écrire ces lignes, le bureau de M. Schiefke n’a pas émis de commentaire public et n’a pas confié d’entrevue a Néomédia.
