61 % des employeurs sont peu convaincus de pouvoir retenir leurs salariés
Une étude révèle que 43 % des employés envisagent de changer d'emploi en 2022
Alors qu'on observe un nombre croissant d'offres d'emploi et l'émergence de nouvelles politiques permettant des modalités de travail plus flexibles, il semble évident que les employés vont conserver le gros bout du bâton.
Cette tendance se reflète dans le plus récent sondage de Randstad Canada, où 43 % des travailleurs canadiens indiquent qu'ils sont susceptibles de chercher un nouvel emploi au cours de l'année à venir.
Ce désir de quitter leur emploi actuel est encore plus marqué chez les jeunes : 62 % des répondants qui ont l'intention de changer d'emploi sont âgés de 18 à 34 ans, contre 48 % dans le groupe des 35 à 54 ans.
Les pourcentages sont également répartis entre les secteurs d'activité des cols bleus et des cols blancs.
Bien que 39% des employeurs soient très confiants dans le fait que la grande majorité de leurs employés voudront continuer à travailler pour eux au-delà de l'année prochaine, l'écrasante majorité (61%) anticipe le pire. Il est à noter que ces chiffres ne varient pas selon le secteur d'activité : les employeurs dans les secteurs cols bleus et cols blancs affichent des niveaux de confiance presque identiques quant à leur capacité à conserver leur personnel.
« Ce que l'enquête nous apprend, c'est qu'un grand nombre d'employés sont à la recherche de nouvelles opportunités et veulent voir si l'herbe est plus verte dans d'autres organisations. Cela oblige les employeurs à repenser leurs stratégies d'attraction des talents et à trouver des solutions créatives pour retenir leurs employés, maintenant et à long terme », affirme Patrick Poulin, président de groupe, Randstad Canada.
Lorsqu'on leur a demandé d'expliquer pourquoi ils sont si confiants que leurs employés resteront chez eux, près de la moitié (48 %) des répondants citent le sentiment de fierté en affirmant être « un endroit où il fait bon travailler », et précisent d'autres facteurs qui leur semblent cependant moins déterminants comme les modèles de travail flexibles (18%) et des conditions de travail plus souples (18%).
Délier les cordons de la bourse
Les employeurs qui ne sont pas convaincus que leur personnel restera avec eux citent les raisons suivantes : les autres emplois offrent de meilleurs salaires/avantages sociaux (26%), la concurrence dans le marché du travail (23%), la prévalence du travail à distance (16%), ou le fait que certains profitent du moment pour réorienter leur carrière dans une nouvelle direction (14%).
Compte tenu de la pression financière que la pandémie a exercée sur de nombreux travailleurs canadiens et du changement à long terme vers le travail à domicile auquel beaucoup se sont adaptés, il n'est pas surprenant que le salaire (30 %) et un poste à temps plein de travail à domicile (24 %) soient des facteurs de motivation pour les répondants qui affirment qu'ils quitteraient leur emploi s'ils étaient forcés de retourner au bureau.
Une grande partie des employeurs qui craignent de ne pas pouvoir conserver leur personnel sont conscients qu'ils devront adopter des changements radicaux : 34% d'entre eux ont l'intention de payer plus que leurs concurrents, tandis que 23% envisagent de revoir l'ensemble de leur modèle d'entreprise.
Moins nombreux sont ceux qui demanderaient à leur personnel de faire plus d'heures (15%), tenteraient de réembaucher des retraités (15%) ou chercheraient à parrainer des immigrants de talent. Près d'une entreprise sur dix (7%) déclare qu'elle réduirait ses heures d'ouverture ou fermerait pendant quelques jours.
La flexibilité n'a pas la même signification pour tous
Les employeurs sont divisés sur la manière dont ils doivent gérer les structures de travail post-pandémie : 40 % des employeurs qui font actuellement travailler leur personnel à domicile déclarent avoir l'intention de faire revenir tout le personnel au bureau de manière permanente, tandis que 60 % institueront un modèle de travail hybride à l'avenir.
« Alors que la pénurie de talents semble s'intensifier, la flexibilité sera un facteur clé pour attirer et retenir les talents », renchérit monsieur Poulin.
« Les chercheurs d'emploi ont appris à apprécier la productivité et l'équilibre que leur procure le travail à distance et les employeurs peuvent s'attendre à ce que cela devienne une exigence de base pour les travailleurs à la recherche d'un nouvel employeur. »
Lorsqu'on demande aux employés si un retour au bureau (RTO) pourrait être un facteur contribuant à un changement d'emploi, 53% de ceux qui travaillent actuellement à distance disent qu'ils seront heureux de retourner au bureau, tandis que 30% disent qu'ils en seraient malheureux, et 17% déclarent qu'un RTO les conduirait à chercher un nouvel emploi.
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