Faire un pas en arrière pour bondir deux pas en avant
L'Olympienne Emy Legault retrouve sa motivation à Weihai

Par Maxim Ouellet, Journaliste, initiative de journalisme local
Native de l'île-Perrot, la carrière de la triathlète Emy Legault connait des bas récemment. La trentenaire a été contrainte d'abandonner la Coupe du monde de Huatulco en pleurs en juin et elle contemplait sérieusement la retraite. Son amour de la discipline est toutefois revenu en force le samedi 29 août, à Weihai, lors de la Série des Championnats du monde où la Québécoise a terminé 30ᵉ.
Si le doute et les remises en question avaient pris la place de la passion et de l'engouement à l'étape précédente qui avait lieu au Mexique, Legault s'est cette fois-ci présentée sur la ligne de départ avec l’envie de s’y retrouver.
« Quand j’ai pris le départ à Huatulco, je savais que ça n’allait pas bien mentalement. « J'avais dit à mon entraîneur que je n’aimais plus ça et que je voulais prendre ma retraite, c’était complètement fini », a raconté la Perrotoise à Sportcom. Emy Legault s’était arrêtée en larmes durant la course à pied. À ce moment-là, l’olympienne des Jeux de Paris en avait terminé avec le triathlon.
Cet épuisement a débuté après les Jeux olympiques de Paris, les premiers de sa carrière. La seule Canadienne inscrite à l’épreuve féminine a été la 35ᵉ à franchir l’arrivée sur le pont Alexandre-III. Legault sentait qu’elle devait courir pour sa bonne amie Dominika Jamnicky, qui n’avait pas réussi à se qualifier pour le grand rendez-vous sportif.
« ÇA a été très demandant émotionnellement. Après les Jeux, je n’ai pas pris le temps de m’arrêter et je voulais démontrer que j’avais bel et bien mérité ma place. J’ai ignoré ces sentiments-là et ils se sont accumulés jusqu’à Huatulco. »
Renouer avec la compétition
La Vaudreuil-Soulangoise d'origine a ainsi donné une deuxième chance à son sport. Elle était 28ᵉ à la sortie de la natation et a profité du travail de la Suissesse Cathia Schär à vélo pour se propulser et éviter de chuter.
« C’est une machine sur un vélo, elle nous a tirées de A à Z. Pendant trois tours, nous étions derrière elle et elle nous a ramenées sur le groupe de tête. On a repris une minute complète en moins de 15 kilomètres, c’était assez impressionnant », témoigne Legault.
Elle n’a pas connu sa meilleure course à pied, mais elle a complété l’épreuve cette fois-ci, affichant un temps de 1 h 55 min 54 s.
La Française Cassandre Beaugrand l’a emporté en 1 h 49 min 20 s, suivie de la Britannique Beth Potter (+6 secondes) et de l’Allemande Lisa Tertsch (+24 secondes).
« Le but avec cette course était de m’amuser et de faire mon retour à la compétition, je n’avais aucun objectif de performance. « J'étais loin d’être à mon meilleur en arrivant ici, mais j’avais vraiment envie de venir », a souligné Legault, qui s’était accordé un mois de repos après la Coupe du monde de Huatulco, qu’elle a qualifiée de « panique interne totale ».
L’athlète de l’Île-Perrot devra discuter avec son entraîneur pour planifier la suite de cette saison courte et mouvementée. Puisqu’il y aura finalement une suite, elle pense aux Jeux de Los Angeles 2028. Quatre Coupes du monde prévues en Asie cet automne pourraient s’ajouter à son calendrier et lui permettre d’accumuler des points.
