Propulser une carrière en passant de Rigaud à Dubaï
Une nouvelle aventure pour le joueur de soccer Mateo Espitia Harding

Par Maxim Ouellet, Journaliste, initiative de journalisme local
Le joueur de soccer Mateo Espitia Harding, qui aura 18 ans dans quelques jours à peine, s’apprête à faire ses bagages et à quitter la région pour rejoindre sa nouvelle équipe à Dubaï ! Étape importante pour le futur de sa carrière, le résident de Rigaud, qui évoluait jusqu’ici avec le CF Valencia, s'est entretenu avec Néomédia le mardi 18 août pour parler de sa nouvelle aventure au sein de Soccer Generation Dubai.
Ce tout nouveau programme offre à Espitia Harding l’occasion de se mesurer à des adversaires de taille dans un niveau de jeu plus relevé tout en se rapprochant de son but ultime: devenir joueur professionnel. Étant une partie intégrante de son identité, le jeune homme se voit mal occuper un emploi qui n'a aucun rapport avec la discipline qu'il chérit.
« Honnêtement, je ne sais pas ce que je vais faire si ça ne marche pas avec le soccer. Je n'ai pas de plan B: tout mon temps, tous mes efforts, je les ai investis pour m'améliorer dans ce sport [...] Même si je finis dans la troisième ligue d’un pays quelconque, je vais le prendre et travailler pour grimper les échelons », mentionne Mateo.
Il rêve évidemment de représenter le Canada à la Coupe du monde, mais demeure réaliste quant au chemin à parcourir pour atteindre ce niveau. Une étape à la fois
Pour lui, le soccer occupe une place particulière depuis son tout jeune âge. Son père, originaire de Colombie, lui a transmis sa passion pour ce sport, sans jamais lui imposer de le pratiquer.
« Le premier cadeau que mon père m’a offert, c’était un ballon de soccer, je joue depuis que j'ai environ trois ans », raconte celui qui évolue à la défense depuis à peine deux ans. Il estime d'autant plus que son changement de position lui a valu un temps de jeu plus important et, par conséquent, de nombreuses offres de recrutement.
Oser le grand saut avec Generation Dubaï
La nouvelle aventure de Mateo a commencé par une occasion plutôt inattendue. Lors d’un showcase à Toronto, il a attiré l’attention d’un entraîneur de Select Generation, qui l’a ensuite contacté pour lui présenter quelques avenues intéressantes au départ en Angleterre et en Espagne.
Quelques semaines plus tard, une nouvelle proposition est soumise au Rigaudien: intégrer un tout nouveau programme à Dubaï. L'option semble particulièrement alléchante et s'accompagne d'une vidéo de présentation. « J’ai cliqué sur un lien YouTube, j’ai vu tout ce qui était compris dans ce nouveau programme et j’étais comme "wow !" Le recruteur m'a dit: "On te veut vraiment dans cette nouvelle équipe qu'on essaie de créer" », relate le jeune homme.
Ayant reçu d'autres offres, Mateo et ses parents ont pris le temps d’évaluer les options qui s'offraient à lui. Après avoir discuté avec sa famille, ses entraîneurs et différentes personnes de son entourage possédant un parcours et des expériences similaires, le choix s’est arrêté sur Dubaï.
Son départ, prévu pour le 4 septembre, représente un changement majeur dans son quotidien: il laisse sa famille et ses amis derrière lui dans l'espoir de se rapprocher de son idéal. Il sait déjà que le départ sera chargé d’émotions. « Dès que je serai dans l’avion, je sais que je vais commencer à pleurer », avoue-t-il.
Il demeure néanmoins conscient des sacrifices consentis par ses parents pour lui permettre de poursuivre son rêve. Leur soutien, celui de sa petite sœur et de sa copine, occupe une place centrale dans sa démarche.
« Ça va être un challenge physiquement et mentalement. J’ai beaucoup à prouver à moi-même. Je sais que j’ai la capacité d’être là, mais je dois maintenant montrer que je suis capable de monter cette montagne [...] C’est un gros sacrifice, mais je sais que je suis capable de percer le onze partant », affirme-t-il, sachant très bien qu'il pourrait être le plus jeune compétiteur.
À Dubaï, les joueurs vivront ensemble dans un hôtel situé à quelques minutes du terrain d’entraînement. Le programme prévoit notamment la participation à deux ligues.
Sur le terrain, il s’attend aussi à devoir s’adapter rapidement à un niveau physique et mental supérieur, particulièrement contre des joueurs pouvant avoir jusqu’à 23 ans. Pour lui, les moments difficiles font cependant partie du processus et ça ne l'effraie pas pour autant.
« Comment vais-je réagir après un mauvais match ? Est-ce que je vais m’asseoir et pleurer ou est-ce que je vais utiliser ça pour continuer, pour alimenter mon feu et devenir meilleur ? », la réponse à cette interrogation est claire pour le Rigaudien.
Développer son potentiel en passant d'une équipe à l'autre
Après avoir fait ses débuts au Collège Bourget, Mateo a poursuivi son développement avec les Voltigeurs en futsal. En parallèle, il complète quelques saisons au sein de formations locales à Coteau-du-Lac, dans l'Ouest-de-l'Île, avec le Club des Trois-Lacs et les Hawks de Saint-Lazare/Hudson.
Plus récemment, Mateo Espitia Harding s'est tourné vers le CF Valencia. Il avait d’abord participé à un essai avec le club, mais lui et ses parents avaient préféré attendre avant de s’engager avec le programme qui forme aujourd'hui de brillants joueurs de soccer ici même à Vaudreuil-Soulanges.
Avec le temps, le choix s’est toutefois imposé puisque le niveau de compétition offert par le soccer civil ne correspondait plus à ses ambitions et l'avait même fait douter de ses capacités par le passé. En ce sens, son passage au CF Valencia s’est révélé déterminant pour la suite de son parcours sportif. « C’était la meilleure décision que je pouvais prendre pour ma performance, en tant que joueur, mais aussi en tant qu’humain », souligne-t-il.
À certains moments, notamment dans la catégorie U14, Espitia Harding a connu des périodes où il était moins utilisé. Il s'est mis à douter de ses objectifs à long terme et de ses moyens. Ses deux dernières saisons passées avec Valencia ont toutefois contribué à faire progresser son assurance sur le terrain. Aujourd'hui, ce regain de confiance s'avère payant.
Avancer ensemble, réunis autour d'une mission commune
Ses proches étant particulièrement importants pour l'athlète, c'est entre autres ses valeurs qui lui ont fait reconnaitre les qualités du CF Valencia dont il a été le capitaine. Selon Mateo, il s'y est non seulement dépassé, mais il y a aussi rencontré une sorte de famille.
« Les joueurs s’entraînent plusieurs fois par semaine ensemble et au même endroit et les plus jeunes peuvent prendre exemple sur les joueurs plus âgés [...] C’est cet esprit de famille qui les démarque des autres », exprime Mateo.
Il espère retrouver cet même esprit d'équipe avec ses nouveaux coéquipiers qu'il rejoindra bientôt aux Émirats arabes unis. Déjà, il a commencé à discuter avec les quatre autres Canadiens qui feront comme lui le voyage dans la région du golfe Persique. Sur 26 joueurs, il sera le seul Québécois.
À Dubaï, Mateo sait qu’il ne pourra pas réussir seul. Le nouvel alignement regroupe des athlètes provenant de différents pays, dont plusieurs Américains ayant des origines latines, des joueurs natifs d’Afrique du Sud et du Bangladesh.
À ses yeux, chaque joueur doit donner son maximum pour que le groupe puisse progresser. « Une équipe, c’est comme un corps. Si une partie de ton corps ne fonctionne pas, le reste ne peut pas performer à son meilleur. »
