Terrain synthétique intérieur
Centre multisport dans la région: la patience est de mise

Par Maxim Ouellet, Journaliste, initiative de journalisme local
Le FC 3 Lacs débourse chaque année près de 160 000 $ pour accéder à des terrains de soccer intérieurs et trop souvent, les équipes ont besoin de se déplacer aux limites ou hors du territoire. Selon Christian Lassonde, président du club, cette réalité illustre l'urgence d’investir dans un centre multisports couvert.
Au-delà du soccer, M. Lassonde estime que d’autres clubs sportifs pourront profiter d’un espace intérieur. Notamment le flag football, l’ultimate frisbee, le rugby et le cricket qui gagnent en popularité dans Vaudreuil-Soulanges.
À lui seul, le FC 3 Lacs rassemble près de 1 900 membres, sans compter les quelque 23 000 joueurs qui composent les différentes équipes présentes sur le territoire du Lac-Saint-Louis. Selon le président du club de Vaudreuil-Dorion, l’explosion démographique du secteur témoigne de la pertinence d’un projet comme celui-là. Tous ces jeunes joueurs s'entraînent présentement soit à Rigaud, soit dans l’Ouest de l'île, « dans un dôme qui menace de fermer tous les ans ; ce n’est pas optimal », précise M. Lassonde.
Une patinoire de plus au détriment d’un centre multisport intérieur
Les centres multisports existants sont soit trop coûteux, déjà saturés ou éliminés pour faire place à du développement résidentiel et à d'autres projets d’envergure. C’est d’ailleurs le cas du Quartier des sports Kubota à Saint-Lazare qui a été rénové récemment, laissant ainsi moins d’espace au soccer et plus au hockey.
Sans vouloir créer un conflit avec les différents sports, Christian Lassonde constate que les investissements les plus récents vont davantage vers de nouvelles patinoires alors qu’il observe un manque criant d’infrastructures pour les autres disciplines pratiquées dans la région.
La rénovation complète du terrain de l'école secondaire du Chêne Bleu avait coûté 1,9 M$ à la Ville de Pincourt. Construit en 2004, le coût du Superdome Est d’Ottawa est évalué à 4,2 millions en dollars d’aujourd’hui. Il comprend un terrain de soccer de classe internationale approuvé par la FIFA qui peut être reconfiguré en trois mini-terrains pour des parties ou des pratiques à sept contre sept.
À titre comparatif, la patinoire réfrigérée de Vaudreuil-Dorion coûtera environ 14,6 M$ et ne pourra être utilisée que quelques mois par année.
« C’est sûr que l’idéal pour nous ce serait quelque chose comme deux terrains de onze contre onze qui peuvent être divisés pour des pratiques [...] Il pourrait être ligne pour le football et le soccer en même temps. Comme ça, ça peut aider tout le monde », fait valoir Christian Lassonde, rappelant qu’il existe des subventions pour appuyer ce genre de projet.
Des négociations complexes qui ne mènent à rien
Le président du FC 3 Lacs critique un manque de planification des infrastructures autant récréatives que nécessaires dans Vaudreuil-Soulanges.
« Que ce soit pour l'eau ou pour les centres sportifs, ça n'avance pas. En ce moment, on ne va pas se le cacher, les espaces qu’on a sont lentement remplacés par des condos », note M. Lassonde qui assure poursuivre ses efforts. « On a eu des discussions qui ont bien fonctionné avec certaines villes. Puis à un moment donné, ça tombe à l'eau parce que X ou Y », ajoute-t-il.
Plusieurs projets de centre multisport ont été esquissés au fil des années dans la région, notamment à Sainte-Anne-de-Bellevue, à Saint-Lazare, Vaudreuil-Dorion et à Pincourt, mais aucun n'a abouti. Des subventions fédérales et provinciales étaient disponibles.
« On est très reconnaissant de ce qu'on a des villes. On ne se le cachera pas, ils nous aident beaucoup. Par contre, le fait qu'on n'ait pas de structure où on peut jouer l'hiver, ça gruge notre budget pour l’année », résume Christian.
Un appel à la concertation
Pour faire avancer le dossier, M. Lassonde plaide pour une coalition de municipalités et, il l’avoue, une meilleure communication entre les différents clubs. « Si L'Île-Perrot, Pincourt et Notre-Dame-de-l'Île-Perrot pouvaient se mettre d'accord, ce serait central pour beaucoup de gens de Vaudreuil-Soulanges, mais aussi de l'Ouest de l'Île », illustre-t-il.
Il appelle également les clubs sportifs de la région à unir leur voix pour exercer une pression collective auprès des élus, qui ont tendance, selon lui, à évoquer le projet en période électorale avant de l'abandonner une fois au pouvoir.
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