Lyvio: une application pour contrer la dépendance aux réseaux sociaux
Alexis Bossé, un jeune Pincourtois face aux géants du web

Par Maxim Ouellet, Journaliste, initiative de journalisme local
Le temps d'écran chez les jeunes est un enjeu majeur au Québec, mais aussi partout ailleurs dans le monde. Selon les statistiques du gouvernement du Québec, plus d'un élève du secondaire sur quatre passe plus de 4 heures par jour devant un écran. Si les géants du web tentent à tout prix de conserver notre attention sur leurs plateformes, Alexis Bossé s'est mis en quête de solutions.
Le jeune homme de 21 ans, originaire de Pincourt, a développé son propre réseau social qui permet de « rester connecté avec ses amis, sans tout le bruit ». Son application nommée Lyvio est officiellement lancée depuis bientôt trois semaines et les retours sont positifs.
Plusieurs des amis d'Alexis lui ont fait part des avantages d'un réseau social comme le sien: « On m'a dit "quand j'ouvre ton app, je me sens calme" et c'est ça mon but », exprime le concepteur. Si la majorité des applications sont pensées pour inciter les gens à défiler sans arrêt, Lyvio a été conçu pour répondre à cette problématique et pour mettre fin au scroll infernal.
Une solution 100 % québécoise et même vaudreuil-soulangeoise à une situation qui touche tout le monde, dont les jeunes, pour qui il est souvent plus important d'être présent sur les plateformes numériques. « C'est de cette façon que je peux avoir un impact positif », résume Alexis.
Reprendre le contrôle
« Le problème, je le vis moi-même tous les jours, à la base ce projet c'était pour me créer une solution, pour reprendre le contrôle », exprime le jeune homme qui à l'époque ne voyait aucune issue aux ennuis générés par les algorithmes.
Au-delà d'une dépendance à son cellulaire, un temps d'écran trop élevé peut engendrer d'autres effets néfastes Selon l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), les troubles oculaires et visuels tels que le syndrome de vision informatique et le développement ou l’accentuation de la myopie sont des troubles associés à l’usage intensif des écrans. On recense également des troubles musculosquelettiques et une moins bonne qualité du sommeil. Outre les aspects négatifs sur la santé physique, l'INSPQ parle aussi de risque pour la santé mentale, de souci d’estime de soi et d'anxiété.
Dans ce contexte, Lyvio se veut respectueux du temps de ses utilisateurs. On ne vend pas de publicité et on y voit que ce que nos amis publient, dans un ordre chronologique.
C'est dans le cadre d'un concours de pitch entrepreneurial au Cégep du Vieux-Montréal que le projet prend vie. « Ça faisait deux ans que je réfléchissais à un concept de réseau qui pouvait répondre à une partie du problème [… J'ai présenté mes arguments et j'ai obtenu la deuxième place », raconte celui qui est maintenant à l'université.
Son application a été développée en partie à l'aide des nouveaux outils numériques disponibles, mais aussi et surtout, Alexis a fait appel à certains de ses contacts qui étudient dans le domaine de la programmation.
Avoir de grandes aspirations
Alexis Bossé se concentre à améliorer son application d'après les commentaires des tous premiers utilisateurs. Il multiplie les mises à jour dernièrement, mais il se met de plus en plus à réfléchir à comment amener son projet plus loin.
« En ce moment, je fais un certificat en entrepreneuriat à l'UQAM histoire de travailler sur mon projet en parallèle », explique-t-il.
Encore aujourd'hui, le Pincourtois est contraint d'utiliser Instagram, non seulement pour garder contact avec ses amis, mais aussi et surtout pour faire la promotion de son nouveau réseau. Il ne s'en cache pas: il espère devenir viral dans le but de rejoindre le plus de personnes possible.
« C'est sûr que j'aimerais que mon app devienne populaire ici, au Québec, mais dans le futur, ce serait un rêve que mon réseau social soit utilisé par un jeune au Japon ou en Inde », souligne Alexis, grand sourire, en parlant de la portée optimale de Lyvio.
