Être arbitre aux championnats provinciaux de hockey
Un duo père-fils en action à la coupe Chevrolet
La Coupe Chevrolet, présentée à Vaudreuil-Dorion du 16 au 19 avril, a été le théâtre de plusieurs duels titanesques entre les meilleures équipes de la province. Malgré les impressionnantes performances qui ont été livrées sur la glace, le travail d’un duo d'arbitres attire l’attention. Jean-François Guay et son fils, Emile, témoignent de leur travail, de la relève et de la passion qui animent le hockey mineur québécois.
Ça fait bientôt deux ans que les deux officiels arbitrent côte à côte. Emile assure le rôle de juge de ligne alors que son père est arbitre en chef, c’est lui qui décerne les pénalités. Ensemble, ils cumulent déjà une vingtaine de matchs d'expérience et leur communication sur la glace ne fait que s'améliorer. Ils ont même participé à un événement, ensemble, sur la glace du Centre Bell.
Âgé d’à peine 13 ans, Émile Guay a été initié à l’arbitrage par son père, lui-même ancien joueur devenu officiel lors de la saison 2022-2023. Cette collaboration familiale favorise, selon eux, une meilleure confiance et une communication efficace sur la patinoire.
Pour quelques-uns de leurs matchs à la coupe Chevrolet, ils étaient jumelés à un autre jeune juge de ligne: Henri Michaud, lui aussi âgé de 13 ans. « Ils sont encore très jeunes et c'est quand même de la pression pour ces gars-là [...] On a toujours une rétroaction sur ce qui a bien été, sur ce qui a été moins bien. On essaie de l'appliquer. Les jeunes apprennent vite », résume Jean-François en félicitant ses deux juges de ligne pour leur travail.
Gérer la passion des parents et des coachs
Dans le contexte compétitif de la Coupe Chevrolet, où s’affrontent certaines des meilleures équipes de la province dans leur catégorie, les deux arbitres reconnaissent l’intensité et la pression associées à leur rôle. La violence verbale et, dans certains cas, physique envers les arbitres est bien documentée au Québec.
Entre l’enthousiasme des partisans et l’implication des entraîneurs, Jean-François Guay mise sur une approche respectueuse, cherchant à établir un climat de confiance dès le début des rencontres. « Au début du match, je vais toujours dire aux entraîneurs des deux bancs : “On est tous des êtres humains. On va faire notre maximum, et on essaie de jouer au hockey proprement.” Généralement quand on commence comme ça, ça se passe bien », explique-t-il.
Malgré les défis, les officiels décrivent leur expérience comme positive, tant par la qualité du jeu que par le comportement respectueux des coachs, des partisans dans les estrades et des joueurs sur la patinoire.
« On essaie de prendre les meilleures décisions possibles, même si on ne peut pas tout voir », souligne le père, rappelant l’importance du positionnement et du travail d’équipe entre officiels.
Assurer la relève
Pour Emile, cette participation représente une source de fierté, lui et Henri sont parmi les plus jeunes à arbitrer ce niveau de compétition. « C'est sûr que ça me rend fier. On est les meilleurs et les plus jeunes du Québec à faire le M11 », souligne le garçon.
Il envisage d’ailleurs de poursuivre dans cette voie, encouragé par les commentaires positifs reçus et par l’encadrement offert par son association locale, à Verdun.
Dans un contexte où le recrutement d’officiels demeure un enjeu, leur parcours témoigne de l’intérêt croissant chez les jeunes et de la nécessité de soutenir cette nouvelle génération.
Au-delà de la performance sportive, leur présence à la Coupe Chevrolet illustre ainsi l’engagement et la transmission d’une passion commune qu’ils jugent essentielle à la vitalité du hockey mineur et amateur.

