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Plus de 500 agriculteurs se rassemblent à Rigaud pour faire part de leur mécontentement

Une vague d'opposition pour le TGV d'Alto dans Vaudreuil-Soulanges

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Photo: Maxim Ouellet

Réunis le samedi 19 septembre aux fermes Legault de Rigaud pour discuter des répercussions potentielles du projet de train à grande vitesse (TGV) Alto sur les communautés rurales, plusieurs agriculteurs, familles potentiellement touchées, citoyens de la région et d'ailleurs ont fait part de leurs inquiétudes et des enjeux auxquels ils font face. En tout, c'est plus d'un demi-millier de personnes qui ont exigé davantage de transparence du gouvernement canadien et d'Alto.

Le projet Alto vise à créer un réseau ferroviaire à grande vitesse d’environ 1 000 kilomètres entre Toronto et Québec. Le tracé privilégié n’est toutefois pas encore arrêté et doit faire l’objet d’analyses techniques, environnementales et de consultations supplémentaires. C'est cependant cette incertitude qui rend l'acceptation du projet difficile, voire impossible, pour des milliers de Québécois et d'Ontariens. 

« C'est difficile d'accepter qu'un gouvernement nous traite de cette manière-là. On n'a rien fait, nous, pour avoir ce projet-là dans les dents », témoigne Daniel Legault chez qui avait lieu le grand rassemblement.

Obtenir le support des partis politiques

De nombreux élus et candidats aux élections provinciales, dont le chef du parti conservateur du Québec Éric Duhaime, étaient sur place pour prendre le pouls de la population, mais également pour appuyer les agriculteurs pris au dépourvu depuis le printemps dernier. 

« Comme si, au Québec, on voulait, pour une deuxième génération consécutive, faire l'erreur de Mirabel. Mais on leur dit non, jamais vous passerez sur nos terres. On n'en veut pas des expropriations, c'est pas compliqué à comprendre. Vous avez vos droits de propriété, vous êtes chez vous », a exprimé M. Duhaime devant une foule scandant « No Alto, no Alto ».

Au-delà des risques d'expropriation, le candidat conservateur dans Soulanges, Kristian Solarik, estime que « les coûts sont dérangeants, surtout que pendant ce temps les infrastructures de transport en commun affichent un retard à rattraper dans notre circonscription [...] une autre chose aussi, c'est le temps de réponse pour une urgence dans ce coin-ci. C'est déjà très long, mais imaginez avec des viaducs à toutes les quelques quinzaines de kilomètres, ça ne fait aucun sens », déclare M. Solarik.

Rappelons qu'au moment d'écrire ces lignes, le Parti québécois de Paul St-Pierre-Plamondon et le Parti conservateur de M. Duhaime sont les deux seuls à s'être opposés au projet de TGV mis de l'avant par le gouvernement fédéral de Mark Carney.

Meili Faille et Francis Deroo, respectivement candidats du PQ dans Vaudreuil et dans Soulanges, ont également pris le temps de répondre aux questions de Néomédia. « Je pense qu'on a d'autres priorités au Québec que ce TGV-là, qui, en plus des aspects économiques, il y a l'aspect humain là-dedans qui est important, je pense qu'il faut rappeler. C'est des familles brisées, puis le futur des générations à venir qui est compromis », soutient M. Deroo. 

Pour sa part, Mme Faille est aussi d'avis qu'il s'agit d'un dossier à échelle humaine. « Ce sont les meilleures terres, ils sont fiers du travail qu'ils ont fait, ils ont la relève, puis là, on est en train de tout détruire leur rêve. On est ici en solidarité », a-t-elle expliqué.

Remettre en doute la viabilité économique du projet

« Tout le monde sait que ça ne sera jamais rentable. Tout le monde sait que ça va détruire le tissu rural de nos communautés », partage M. Legault. Même si nombreux sont ceux qui croient au TGV Québec-Toronto, le professeur Ian Lee de l'Université de Carleton affirme que les chiffres mis de l'avant par Alto sont dénués de sens.

Son analyse comparant le projet canadien à différents réseaux de trains à grande vitesse ailleurs dans le monde démontre que les caractéristiques démographiques du Canada, notamment sa faible densité de population, rendent difficile le rapprochement avec des pays comme la Chine, le Japon ou certaines nations européennes.

Selon les données présentées par le doctorant en sciences politiques, le Canada compterait environ 4,5 habitants par kilomètre carré, comparativement à plus de 330 au Japon. M. Lee remet ainsi en doute les recettes qui seront générées. D'après lui, le TGV ne pourra peut-être jamais rembourser ses coûts de construction tout en absorbant les frais d'opération.

Obtenir plus d'informations: les municipalités d'ici font leur possible

« Ça me désole énormément de voir toutes les répercussions qu'aurait un TGV sur un village de 9 km² comme Pointe-Fortune. C'est dramatique pour plusieurs familles et si ça passe, j'ai bien peur que notre municipalité disparaisse », a fait valoir la mairesse Sandra Lavoratore. 

En raison des impacts du projet sur l'environnement, la valeur foncière, les taxes municipales, la biodiversité, le paysage, l'accessibilité, et plus encore, elle s'oppose définitivement au projet.

Elle et Charles Meunier, maire de Rigaud, ont réclamé à plusieurs reprises qu'Alto vienne présenter son projet directement dans la région. Les élues sont navrées de constater que cette rencontre n'aura lieu que si les deux municipalités se retrouvent finalement dans le tracé préférentiel.

« Le but, c'est qu'Alto écoute les préoccupations de nos citoyens avant qu'il ait pris une décision. On ne veut pas avoir plus de renseignements une fois que leur choix sera fait », ajoute Mme Lavoratore en entrevue avec Néomédia.

Le jeudi 17 septembre, une quarantaine de citoyens étaient justement réunis à la salle de l'amitié de Rigaud pour exprimer leur point de vue sur le TGV. Si une dame en particulier semblait en faveur du projet, la grande majorité des gens s'oppose au nouveau chemin de fer qui à terme aura une emprise d'environ 60 mètres de large.

« On risque de tout perdre, non seulement nos terres, mais aussi nos investissements [...] où vont-ils nous envoyer ? Comment va-t-on faire pour subvenir à nos besoins ? », a plaidé Émilie Legault, une agricultrice de la région qui a été très vocale sur cet enjeu depuis le tout début.

Comprendre la problématique actuelle de l'Ontario à Mirabel en passant par Soulanges

Restez à l'affût, puisqu'au courant de la prochaine semaine, Néomédia publiera une capsule vidéo dans laquelle de nombreuses personnes subissant directement les impacts de ce potentiel TGV poussent un cri du cœur.

Pour eux, nul enjeu n'est plus important que celui-ci. Comme l'a mentionné Daniel Legault lors de son allocution samedi, « [ma ferme], c'est le résultat du travail de cinq générations. Je ne suis pas sûr que les politiciens qui vont de l'avant avec des projets comme ça savent ce que ça représente pour nous. »

Notons finalement qu'environ 2 % du territoire de la province est cultivé. Les intervenants rencontrés par Néomédia le 19 septembre craignent que cette proportion s'amenuise de manière inconcevable avec l'arrivée d'un train à grande vitesse. 

Un projet que M. Duhaime qualifie finalement d'« éléphant blanc que personne n'a demandé, et dont on n'a pas besoin au Québec ». 

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