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Train à grande vitesse Québec-Toronto

Ottawa doit suspendre le projet et commander une étude, estime l'UPA

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Photo: Courtoisie

L’Union des producteurs agricoles (UPA) demande au gouvernement canadien de mettre un frein au projet de train à grande vitesse (TGV) Québec-Toronto. L'UPA exige également que les interventions d’Alto sur le terrain cessent, que le fédéral commande une étude indépendante sur le coût véritable du projet et finalement qu'il respecte les priorités d’investissement des Québécois en matière d’infrastructures.

« Trop d’indices tendent à démontrer que les coûts annoncés jusqu’à maintenant sont grandement sous-estimés. Le gouvernement canadien doit agir de façon responsable et faire toute la lumière sur cet enjeu avant d’aller plus loin, d’autant plus qu’il n’est pas prioritaire pour la population. Personne ne souhaite un nouvel éléphant blanc que personne n’a véritablement demandé », a déclaré le président général de l’UPA, Martin Caron.

Si le projet piloté par Alto aura certainement un impact déstructurant sur les milieux agricoles, forestiers et sur les communautés rurales qu'il traversera, dont potentiellement Rigaud et Pointe-Fortune, le coût réel du TGV reste questionnable selon l'UPA.

Pour l'instant, on prévoit que le nouveau chemin de fer et toutes les dépenses qui s'y rattachent coûteront de 60 à 90 milliards $ aux contribuables. L'entreprise Alto avoue toutefois que ses coûts ne sont qu’une hypothèse susceptible de varier « en fonction de l’ampleur du projet, du tracé choisi et du coût de la construction et des matériaux au moment où le projet sera entrepris ».

La méthode employée pour calculer ces montants est souvent imprécise, comme l'UPA a voulu le démontrer. Selon l'Association pour l’avancement de l’ingénierie des coûts (AACE), il est vrai que ce genre de façon de faire comprend une marge d’incertitude pouvant aller jusqu’à +100 %.

À ce gonflement statistique probable de la facture s’ajoute l’avis d’experts mondiaux en matière de mégaprojets, qui dénote un dépassement moyen de 45 % pour les projets ferroviaires. L'UPA met donc le gouvernement en garde puisque, selon leur calcul, le coût du TGV Québec-Toronto pourrait conséquemment dépasser les 200 milliards $. 

Pour une fourchette de prix allant de 100 à 200 milliards $ le gouvernement Carney pourrait décider d'investir en santé par exemple. À titre comparatif, une somme aussi colossale servirait à financer de 38 à 76 centres hospitaliers de la taille du nouvel hôpital de Vaudreuil-Soulanges. 

Connaître les priorités des Québécois

Un récent sondage réalisé par la firme Synopsis Recherche du 12 au 17 août 2026 auprès de 1 100 adultes pour le compte de l’UPA dévoile que l’appui au TGV diminue de 69 % à 59 % après une présentation détaillée du projet.

Plus de sept Québécois sur dix appuient l'option d'un train à grande fréquence (TGF), une alternative moins coûteuse qui utilise les emprises existantes et qui procure lui aussi des gains intéressants en matière de fiabilité, de fréquence et de temps de parcours.

Après une présentation détaillée des deux projets, deux fois plus de personnes opteraient pour le TGF plutôt que pour le TGV, s’ils avaient à faire un choix entre les deux. 
Le sondage confirme également que le transport ferroviaire figure dans les dernières priorités d’investissement des citoyens de la province en matière d’infrastructures, derrière la santé, le logement et l’éducation notamment.

Rappelons par ailleurs qu’un autre sondage réalisé pour l’Ordre des ingénieurs du Québec en août 2026 montre que 80 % des Québécois sont préoccupés par les impacts du vieillissement des infrastructures publiques et 82 % considèrent leur état comme un enjeu important de la prochaine élection. Surtout, 71 % privilégient l’entretien des infrastructures existantes, contre 22 % la construction de nouvelles infrastructures.

« Le gouvernement canadien, en plus de commander une étude indépendante sur les coûts de construction et d’opération du TGV, doit aussi se questionner sur la pertinence d’imposer aux Québécoises et Québécois un projet qui ne correspond définitivement pas à leurs priorités. Des centaines de communautés rurales tout au long du tracé pousseraient un soupir de soulagement », a conclu Martin Caron.

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