La complétion du projet nécessite de la patience
Saint-Polycarpe : une nouvelle caserne d'incendie réclamée
Le vice-premier ministre du Québec, Ian Lafrenière, était de passage à Saint-Polycarpe le lundi 14 septembre pour visiter la caserne actuelle de la municipalité qui nécessite d'être complètement rebâtie. Jean-Pierre Ménard, maire de Saint-Polycarpe, a justement présenté le projet de construction d’une nouvelle caserne incendie et d’ateliers municipaux à M. Lafrenière et à la candidate sortante de Soulanges, Maryline Picard.
En effet, le garage qui sert de caserne a été construit en 1968. La municipalité en a ensuite fait l’acquisition en 1998 afin d'y installer son service de sécurité incendie. Pourtant très peu de travaux ont été réalisés sur le bâtiment qui aujourd'hui est à bout de souffle. En plus de ne plus répondre aux normes du ministère, la caserne doit rattraper un certain retard.
Œuvrer sans relâche pour que le projet se fasse
La municipalité de Saint-Polycarpe travaille depuis plusieurs mois à la préparation de ce projet et est maintenant prête à déposer une demande d’aide financière dans le cadre du volet 2 du Programme d’amélioration et de construction d’infrastructures municipales (PRACIM).
La Municipalité demeure toutefois dans l’attente de l’ouverture d’un prochain appel afin de pouvoir soumettre officiellement sa demande. La rencontre avec le vice-premier ministre constituait donc une occasion pour le maire de lui présenter directement le projet, ses enjeux et son importance pour la communauté.
« Je vous écoute, je vous entends, je vais regarder ça », a mentionné M. Lafrenière. Celui-ci en a également profité pour échanger avec les pompiers et les premiers répondants sur place et leur partager sa vision du SSI de demain: « Rassembler les administrations, c'est une chose, mais on ne peut enlever des points de service […] Il faut aussi trouver une façon de bâtir sans que ça coûte trop cher aux citoyens », précise le ministre.
Dans la même veine, M. Bélanger plaide pour une concertation régionale. Plusieurs municipalités voisines se trouvent dans une situation similaire, toutes en attente de subventions pour rénover ou construire leurs installations. Selon lui, une approche coordonnée entre municipalités pourrait améliorer les chances d'obtenir du financement, les regroupements étant généralement mieux vus par le gouvernement.
Répondre à des besoins pressants
La configuration actuelle de la caserne limite notamment les espaces de travail autour des véhicules et des équipements. Elle ne permet pas non plus de répondre adéquatement aux besoins liés à la décontamination des pompiers et de leur équipement à la suite de certaines interventions.
Michel Bélanger, chef du service de sécurité incendie (SSI) de la municipalité, tire la sonnette d'alarme: la caserne compromet la capacité d'intervention de ses équipes sur le terrain et pourrait même nuire aux réalités actuelles en matière de santé et de sécurité au travail.
En faisant le tour de l'édifice, Néomédia a été à même de constater quelques dispositions désavantageuses : la salle de bain agit à la fois comme toilettes, douches, salle de rangement et conciergerie. L'une des douches est même inaccessible en raison de l'équipement qui y est stocké. « On a pas le choix, on a plus d'espace », souligne M. Bélanger.
La salle de réunion se résume à une table disposée derrière les camions, tout près des combinaisons enfilées par les pompiers pour combattre le feu. « On a des problèmes de décontamination : il faut laver les tenues de combat, mais on se retrouve à côté faute d'espace [...] Il faut changer nos façons de faire au complet », témoigne le chef du SSI.
Le secteur desservi par M. Bélanger, soit Saint-Polycarpe, Sainte-Clet et Rivière-Beaudette, ne dispose d'aucune borne d'incendie. Les équipes dépendent entièrement de camions-citernes pour s'approvisionner en eau, ce qui rend la localisation stratégique des casernes encore plus critique.
Cependant, les calculs de temps de réponse démontrent que sans la caserne de Saint-Polycarpe, les délais d'intervention dépasseraient systématiquement les 15 minutes prescrites par le schéma de couverture de risques.
Le projet prévoit ainsi des installations mieux adaptées, notamment des espaces de décontamination et des douches, des espaces administratifs, une salle de formation ainsi que des espaces permettant, lorsque nécessaire, aux pompiers de se reposer lors d’interventions prolongées ou de situations exceptionnelles.
Regrouper également les ateliers municipaux
Le projet ne vise pas uniquement le service de sécurité incendie. La municipalité souhaite profiter de cette construction pour y intégrer de nouveaux espaces destinés aux travaux publics et aux ateliers municipaux.
Le bâtiment actuellement utilisé comme atelier municipal, situé sur la même propriété que la caserne, a été construit en 2005. Les travaux publics doivent aujourd’hui entretenir plusieurs infrastructures et services municipaux, notamment les réseaux d’aqueduc et d’égout ainsi que les parcs et espaces publics, en plus d'utiliser des véhicules et des équipements spécialisés.
Le regroupement de ces fonctions dans des installations modernes permettrait d'améliorer les conditions de travail, l'entreposage des véhicules et des équipements ainsi que l'efficacité des opérations municipales.
Le projet de nouvelle caserne est estimé à 9,4 millions de dollars avant taxes. Pour le financer, la municipalité souhaite obtenir une subvention dans le cadre du programme PRASIM qui peut couvrir entre 50 et 65 % des coûts selon l'indice de richesse des municipalités concernées.
Un projet prêt à être déposé
Pour la Municipalité, l’enjeu est maintenant de pouvoir franchir la prochaine étape. Le volet spécifique aux casernes était toutefois fermé au moment où la demande devait être déposée, retardant l'ensemble du processus.
« Notre projet est prêt et les besoins sont clairement établis. Notre caserne actuelle a été construite il y a près de 60 ans pour servir de garage automobile et elle n’est tout simplement plus adaptée à la réalité d’un service incendie moderne. « Nous souhaitions profiter du passage du vice-premier ministre à Saint-Polycarpe pour lui présenter concrètement notre projet et lui faire comprendre l’importance de pouvoir le déposer rapidement dès qu’un nouvel appel de projets sera ouvert », souligne M. Ménard.
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