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À la mâchoire

Une campagne pour une Coteaulacoise opérée quatre fois en autant d'années

durée 18h00
19 juin 2026
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Marie-Claude Pilon
Par Marie-Claude Pilon, Journaliste

Une Coteaulacoise qui a subi quatre opérations à la mâchoire pourrait très bientôt devoir subir un nouveau traitement. En arrêt de travail et sans revenus, elle a dû, aux côtés de son conjoint, déménager chez des proches, car le duo n’arrive plus à assumer les dépenses quotidiennes, et les coûts médicaux. Une campagne de sociofinancement  a même été lancée pour soutenir Audrey Arseneault et son amoureux dans cette période difficile. 

C’est l’année dernière que la jeune femme de 26 ans a lancé le GoFundMe qui lui a permis d’amasser en 2025 la somme de 14 000 $. À ce jour, elle continue cette démarche puisque sa situation est loin de s'être améliorée.  « Si on tient compte du coût du logement et des besoins de base, en plus des traitements, des médicaments et des choses que je dois acheter pour moins souffrir, le montant est déjà dépensé et j’ai encore des dettes », raconte-t-elle. 

Son problème de santé, de l'arthrite dégénératrice aux articulations qui a causé de l'ankylose fibreuse suivie par de l'ankylose osseuse. On peut le décrire comme la fusion complète des surfaces d’une articulation par du tissu osseux. Ce processus entraîne une raideur sévère, voire une immobilité absolue de l’articulation. « Il a attaqué ma mâchoire. En gros, c’est comme si une araignée y avait tissé sa toile et que les fils qui la composent avaient durci et m'empêchaient d’ouvrir la bouche. C’était très douloureux en plus de m’empêcher de m’alimenter correctement. J’ai perdu 35 livres dans les derniers mois », ajoute-t-elle. 

Avant d’être atteinte de cette maladie, la jeune femme, infirmière auxiliaire au bloc opératoire de l’Hôpital Ste-Justine à Montréal, n’avait jamais connu de problèmes de santé. Son travail a toujours été une passion pour elle. Les problèmes ont commencé en 2020.  

« Un mercredi, ma mâchoire m’a lâché. J’ai dû être hospitalisée à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont où on m’a dit que j’allais être opérée. C’était le 21 octobre 2024 et je suis passée sous le bistouri le 8 mai 2025, soit huit mois plus tard. Huit mois pendant lesquels je ne pouvais pas manger de nourriture solide. Je ne pouvais plus bouger mon visage ni même sourire, car la douleur était trop intense. Je prenais beaucoup d’opiacés, ce qui inquiétait mes proches qui craignaient que je ne devienne accro. Fort heureusement, la chirurgie de six heures s’est bien passée. » 

En quatre ans, Mme Arseneault a subi autant de chirurgies, soit une arthroplastie atm gauche 2021, une Arthroplastie atm gauche 2023  qui a résulté par un arrêt de travail de trois mois, le remplacement bil atm avec prothèse 2025 qui a nécessité un arrêt de travail de dix mois et la révision de prothèse avec exérèse d'ankyslose et greffe de tissue adipeu (graisse) de la hanche gauche et round de radiothérapie de 5 jours 2026, une opération qui l'a forcé a être en arrêt de travail depuis février 2026. 

Déjà affaiblie par ses combats médicaux précédents, Audrey était au bout de ses forces. Elle fait maintenant face à un lourd traumatisme physique, incluant d'importantes douleurs, l'incapacité de se nourrir correctement et une grande difficulté à reprendre du poids. « On a notamment dû me greffer des tissus de ma hanche, mais ça été compliqué, car je n’ai pas réussi à reprendre le poids perdu. J’ai aussi eu un un diagnostic de dysautonomie, une maladie du système nerveux autonome qui provoque de graves chutes de pression, des anomalies du rythme cardiaque, des nausées et des étourdissements chroniques. Comme les symptômes ne sont pas encore sous contrôle, j’ignore complètement quand je pourrai retourner au travail. Pendant ce temps-là, je n’ai pas de revenus. L’an passé, mon amoureux a perdu son travail, ce qui nous a contraints à déménager chez des proches pour réussir à minimiser nos dépenses. » 

La dysautonomie provoque notamment des étourdissements et un brouillage mental à Audrey, en plus de faire baisser de manière drastique sa pression artérielle. « Vendredi dernier, mon médecin m’a appelé car j’étais en insuffisance surrénale. Je dois maintenant porter un bracelet d’urgence médicale et recevoir une piqûre spéciale si je m'évanouis. En ce moment, je prends une vingtaine de médicaments par jour et je n’ai plus d’assurances. » 

Au cours des derniers mois, Audrey a notamment dû acheter des oreillers spéciaux pour l’empêcher de dormir sur le côté. « Je suis assurée avec mon travail, mais j'ai une paie à 75%, sans prime, donc la paie est très mince. J'ai un certain montant offert pour des traitements divers, mais il est épuisé. Je fais de la thérapie à 170 $ la séance et de la physiothérapie chaque semaine. Même chose pour les médicaments, ils sont assurés mais seulement un certain pourcentage et certaine médication ne le sont carrément pas du tout. Par exemple, mes médicaments pour la nausée me coûtent 127 $, car ils sont en partie couverts par mes assurances. Sinon, ils coûteraient 425 $ pour un mois.  Tout ce que je veux, c’est revenir comme avant et reprendre mon travail. Une chance qu’on a pu compter sur le soutien de nos proches pour nous héberger, sinon on serait à la rue.» 

Tous les problèmes de santé qui s’abattent sur elle causent à Audrey une grande anxiété. « Je me sens triste, impuissante et dépressive. J’ai aussi une dysmorphie corporelle avec laquelle je dois composer, car je ne reconnais plus mon corps. J’ai complètement changé au point de ne plus savoir à quoi je ressemblais avant. » 

À ce jour, Mme Arseneault, sait que des masses sont réapparues sur sa mâchoire, mais son sort est dans l'inconnu. Une chirurgie serait risquée, alors les spécialistes doivent trouver d'autres traitements expérimenaux pour la traiter. Pour le moment, elle ignore qu'elle sera la prochaine étape. 

 

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