Terrain synthétique intérieur dans Vaudreuil-Soulanges
La région a tout pour aller de l’avant, sauf un plan

Par Maxim Ouellet, Journaliste, initiative de journalisme local
Le projet d’un centre multisport intérieur avec terrain synthétique refait surface dans la région. Pourtant, malgré une croissance démographique soutenue et une demande croissante pour des installations sportives modernes, aucun grand projet régional n’a encore vu le jour. « Les conséquences sont bien réelles pour les organismes sportifs locaux », estime Christian Lassonde, président de FC 3 Lacs.
S’il multiplie les démarches afin de faire valoir son point, c’est qu’il n’est pas le seul à penser que la région nécessite ce genre d’infrastructure. Selon lui et d’autres acteurs importants du milieu sportif, Vaudreuil-Soulanges dispose déjà de ce qu’il faut pour accueillir un tel projet : une croissance démographique importante et un bassin documenté d'athlètes évoluant pour des clubs sportifs bien implantés et impliqués.
Cette réalité avait d’ailleurs été mise en évidence lors de la création du Centre Multisports André-Chagnon de Vaudreuil-Dorion, inauguré en 2012.
« Il manque encore une vision régionale commune et un leadership politique capable de rassembler les différents partenaires autour d’un même objectif », mentionne le président de FC 3 Lacs.
Le Centre Multisports actuel comprend notamment une piste d’athlétisme intérieure, des gymnases et des terrains de tennis. Il ne dispose pas de terrain synthétique intérieur de grande dimension pouvant répondre aux besoins évoqués par Christian Lassonde.
En faire profiter le plus grand nombre
En l’absence de structures adaptées, de nombreux jeunes athlètes sont contraints de s’entraîner dans des gymnases scolaires dont la surface est limitée, de se plier à des horaires restreints ou de se déplacer dans d’autres régions pour bénéficier d’infrastructures spécialisées.
Même si le soccer est souvent au centre des discussions, un terrain synthétique intérieur serait une installation polyvalente pouvant être utilisée pour d’autres disciplines tout en ayant différentes fonctions.
« Des ligues récréatives et compétitives, des camps sportifs, des événements scolaires, des programmes de mise en forme, des tournois régionaux et divers événements communautaires et corporatifs pourront tous trouver place dans un complexe moderne », énumère M. Lassonde.
Saisir l’opportunité de financement
En 2026, le gouvernement du Québec a lancé un nouvel appel de projets dans le cadre du Programme d’aide financière aux infrastructures récréatives, sportives et de plein air (PAFIRSPA). Ce programme, d’un montant de 300 millions de dollars, vise spécifiquement la construction, la rénovation ou l’aménagement d’infrastructures sportives partout au Québec.
Les projets éligibles peuvent obtenir jusqu'à 66 % de financement des dépenses éligibles, pour un montant maximal de 20 millions de dollars.
Pour Christian Lassonde, il s’agit là d’une opportunité en or pour que la région s'unisse autour du même objectif: « Le vrai défi maintenant, c’est de rassembler les municipalités, les organismes sportifs, les institutions scolaires et les partenaires financiers autour d’une vision commune. »
L’idée d’une concertation régionale n’est pas nouvelle. En 2015, le projet Horizon 2035 du Centre Multisports soulignait la nécessité de développer une perspective claire et unifiée de l’activité physique et des sports sur le territoire.
Avec une population qui ne cesse de croître, des clubs sportifs débordants d’activité et des programmes gouvernementaux actuellement disponibles, nombreux sont ceux qui se demandent si les conditions n’ont jamais été aussi favorables pour faire avancer un projet attendu par plusieurs depuis plus de dix ans.
Une question demeure: « Qui prendra l’initiative nécessaire pour faire de cette ambition régionale une réalité ? », demande M. Lassonde.
