Réaction à l’annonce gouvernementale
Réinstauration du PEQ: optimisme prudent
Par Christopher Chartier-Jacques, Directeur régional des contenus
Après ce qui a eu tous les airs d’une partie de chaises musicales, le gouvernement du Québec revient sur une décision prise en automne dernier et réinstaure le Programme de l’expérience québécoise (PEQ). Bien accueillie dans le monde municipal, la nouvelle est reçue avec prudence localement.
Dans le détail, le PEQ sera réinstauré du 2 juillet 2026 au 2 juillet 2028.La réception des demandes se fera par période, afin de respecter la capacité d’accueil du Québec selon le gouvernement Fréchette. Une première période visera les personnes qui ont obtenu un diplôme du Québec ou cumulé une expérience de travail admissible au PEQ au moment de son abolition, le 19 novembre 2025.
L’Union des municipalités du Québec (UMQ), de son côté, se dit heureuse de la volte-face gouvernementale. Rappelons qu’il s’agit du regroupement des plus grandes villes du Québec. Elle soutient que la formule proposée qui comprend une clause de droit acquis permettra d’éviter des ruptures de parcours pour des personnes déjà engagées dans un projet d’établissement au Québec.
Pour l’UMQ, les personnes immigrantes déjà intégrées font partie de la solution aux défis que vivent les communautés.
« Cette décision arrive à point nommé pour l’ensemble du Québec. On ne peut pas se priver de personnes déjà bien intégrées, qui parlent français, qui étudient, travaillent et contribuent activement à la vitalité de nos milieux. La réouverture du PEQ permet d’assurer une continuité essentielle et d’éviter des pertes de main-d’œuvre que nos communautés ne peuvent se permettre. » a déclaré monsieur Guillaume Tremblay, président de l’UMQ et maire de Mascouche.
Complexité et prudence
Joanne Brunet, directrice générale de Développement Vaudreuil-Soulanges (DEV), ne partage pas cet optimisme d’emblée. Elle soutient que la complexité des clauses de la renaissance du PEQ mérite un examen plus approfondi. Ce sur quoi elle travaille.
« À première vue, ça semble une bonne nouvelle. Toutefois, les mesures annoncées visent uniquement les personnes ayant obtenu un diplôme du Québec ou ayant cumulé l’expérience de travail requise dans le cadre du PEQ avant son abolition, le 19 novembre 2025. Cette annonce permet donc de régler une partie des enjeux pour les travailleurs qui avaient déjà atteint les critères à cette date. Cependant, plusieurs travailleurs essentiels à nos entreprises ne sont pas couverts par ces mesures. À cet égard, nous devrons être vigilants et voir si de nouvelles ouvertures seront annoncées après le 31 octobre. Aussi, nous demeurons encore dans une logique de régularisation du passé, c’est-à-dire de stabilisation du statut des travailleurs déjà en emploi. Il faudra éventuellement aller plus loin et mettre en place des solutions durables permettant de répondre aux besoins futurs de main-d’œuvre de nos entreprises et de nos organisations », explique la gestionnaire.
Elle réaffirme ainsi la volonté prononcée dans la région de voir Vaudreuil-Soulanges bénéficier d’un programme d’exception territoriale. Celle-ci permettrait aux employeurs régionaux de se désister de certaines clauses restrictives, dans un contexte de rude concurrence avec l’Ontario en termes de main-d’œuvre.
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