Christine Fréchette de retour de Paris
PEQ: DEV en attente de précision
Par Christopher Chartier-Jacques, Directeur régional des contenus
L’incertitude autour du sort des travailleurs étrangers demeure après des déclarations publiques de la nouvelle première ministre Christine Fréchette. Pour les acteurs économiques locaux, la valse-hésitation politique entraîne des répercussions bien réelles. Tout le monde demeure dans le brouillard.
« Je pense que le déroulement de la visite de la première ministre en France a devancé son plan politique », lance Marie-Ève Ménard, directrice au Service aux entreprises pour Développement Vaudreuil-Soulanges (DEV). En effet, lors de cette tournée parisienne, Christine Fréchette s’est fait apostrophée au sujet des modifications fréquentes au Programme de l’expérience québécoise (PEQ). « En essence, des responsables français lui ont dit que le gouvernement du Québec avait recruté des ressortissants de l’Hexagone avec certaines promesses et que les changements politiques changeaient la donne, précise Mme Ménard. Ces citoyens français se tournent désormais vers les élus français pour décrier la situation. »
Depuis son retour, Christine Fréchette laisse entendre que des modifications seront apportées dans le dossier de ces travailleurs étrangers. « Pour l’instant, nous n’avons rien de concret. Il est très difficile de présumer de quoi que ce soit », rappelle pour sa part Joanne Brunet, directrice générale de DEV. Elle souligne au passage que son organisme, comme les entreprises, n’ont entre les mains aucuns paramètres nouveaux. « On nous dit que des annonces pourraient survenir à la mi-juin », ajoute-t-elle.
En attendant…
Cette incertitude et l’imprévisibilité qui en découle sont autant de freins pour les entreprises dans leur volonté de lancer de nouveaux projets ou de nouveaux investissements, insistent les deux expertes.
Le retard prépare une sorte de goulot d’étranglement, quant à lui, très prévisible. « Si on a une réouverture du PEQ et une augmentation des quotas de permis de travail, les responsables de l’émission des permis au gouvernement se retrouveront avec une pile de dossiers accumulés à laquelle s’ajouteront de nouvelles demandes. Déjà que le traitement des dossiers est long en temps normal, ce sera à considérer », évoque Marie-Ève Ménard. Elle s’interroge à haute voix à savoir si le gouvernement pourrait ouvrir une fenêtre de pré-autorisation des dossiers.
Toujours dans l’attente d’une précision du bureau de la première ministre, DEV continue ses représentations afin d’obtenir une désignation d’exemption pour la région de Vaudreuil-Soulanges. Pour faire court, face à la compétition avec l’Ontario pour la main-d’oeuvre et les besoins régionaux actuels et futurs, les acteurs économiques souhaitent que Vaudreuil-Soulanges puisse être dégagée de certaines contraintes en lien avec les travailleurs étrangers. « Nous avons été en mesure jusqu’à présent de nous faire comprendre de la part des deux gouvernements supérieurs. Nous sommes à l’étape où ils doivent collaborer pour trouver une voie pour nous accorder la clause d’exemption », soutient Joanne Brunet.
Au-delà des réalités bien locales, toutes deux rappellent qu’en dépit des considérations politiques, le Québec ne peut faire autrement que de constater la réalité démographique. En effet, des données récentes confirment, d’une part, un taux de natalité toujours en baisse et, d’autre part, un déclin démographique. Sans travailleurs étrangers, soutiennent-elles, des pénuries sont à prévoir.
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