Un documentaire d'André Desrochers
Des arbres et des arts : une volonté claire de préserver la nature
Le cinéaste André Desrochers signe un nouveau film engagé mettant en lumière les arbres indigènes de l’ouest de la Montérégie, dont certains sont uniques au Québec. À travers Des arbres et des arts, le réalisateur propose une réflexion écologique, mais aussi et surtout juridique sur la place de la nature dans nos sociétés.
La plupart des arbres dont il est question dans le long-métrage documentaire prennent la parole le temps d’une courte séquence dans laquelle on présente leur biologie et leur rôle dans l’écosystème. Le tout de manière éducative, car notons que ce film sera projeté une quarantaine de fois à travers le Québec, dont dans des écoles de la région. Cela a été rendu possible grâce à la bourse d’aide territoriale pour la Montérégie Ouest.
Du 18 au 21 mars prochain, André Desrochers ira en Espagne pour présenter son film, puis il traversera les Pyrénées pour le projeter en France le 28 mars suivant. De cette manière, il s’assure que son film ait la plus grande portée possible autant au Québec qu'à l'internationale.
Les droits juridiques de la nature
Le documentaire s’inscrit dans une réflexion sur les droits juridiques de la nature. Les arbres, les forêts et les cours d’eau pourraient bénéficier d’une telle reconnaissance, comme c’est déjà le cas ailleurs dans le monde.
« Mon objectif est de générer un changement de paradigme en passant d’une vision égocentrique à une approche plus écocentrique », plaide André Desrochers qui se désole de voir la défense de causes environnementales abandonner parce qu’aucun préjudice n’a été porté à l'humain.
Ce genre de droits existe déjà dans certains pays comme l’Équateur ou la Nouvelle-Zélande. Une telle reconnaissance permettrait d’agir plus rapidement en cas d’atteinte à l’environnement, sans devoir démontrer une atteinte directe à l’humain.
« Ce droit juridique-là, c’est une notion qui est en train de se développer, particulièrement avec l'ONU via son programme Harmonie avec la nature et avec l'Observatoire international des droits de la nature qui est basé à Montréal », ajoute monsieur Desrochers. Ces démarches visent à ce que les droits de la nature soient intégrés à la charte du jour de la Terre, qu'on célèbre chaque année le 22 avril.
Le film s’accompagne d’une démarche citoyenne invitant le public à devenir gardiens de la nature. À la fin du documentaire, on interpelle les spectateurs pour qu'ils signent la déclaration des droits des arbres, destinée à être déposée à l’ONU.
À ce jour, plus de 86 000 signatures ont été recueillies, avec l’objectif de franchir le cap des 100 000 afin de susciter une attention plus importante des organisations internationales et des gouvernements des pays membres des Nations unies.
« Pour démontrer qu’il y a manquement envers la nature, il faut demander au ministère de l’Environnement responsable (provincial ou fédéral), passer par la municipalité, puis devant un juge, et là, ils vont pouvoir te dire si tu peux aller en cours, présenter un recours collectif ou demander une compensation. Ça fait bien des démarches et c’est bien épuisant pour le simple citoyen [...] Le gardien, lui, pourrait aller tout de suite devant le juge au nom des cours d’eau et des forêts », explique monsieur Desrochers, soulignant que ça permettrait de passer par-dessus le fardeau bureaucratique actuel.
L’art de la nature
À cette démarche s’ajoute une dimension artistique puisque la plupart des arbres présentés sont accompagnés d’une œuvre réalisée par l’un des six artistes de la région de Vaudreuil-Soulanges, de Beauharnois-Salaberry ou du Haut-Saint-Laurent.
La plupart de ces œuvres ont été créées en utilisant des matériaux naturels ou qui mettent en vedette les forêts qui nous entourent. Ainsi, Annie de Lorimier, Chantal Bourque, Richard Caplette, Claude H. Vallée, Louise Page ou Réjean Laniel ont donné une deuxième vie aux arbres morts, aux branches et aux champignons, nous rappelant les possibilités artistiques que recèle la nature.
Par leur œuvre, il témoigne de la cohabitation respectueuse qui devrait exister entre l’humain et la nature. D’ailleurs, ces pièces d’art uniques demeurent accessibles à la population puisqu’elles sont installées dans divers parcs et lieux publics. Un code QR scannable accompagne chaque installation et permet de plonger ne serait-ce qu’un moment dans l’univers de l’artiste, prolongeant l’expérience du film sur le terrain.
Par ce film, André Desrochers espère avant tout sensibiliser la population et rappeler que la protection des arbres et des écosystèmes constitue non seulement un devoir environnemental, mais aussi un enjeu social et juridique pour les générations futures.
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