Cinq scénarios sont envisagés pour le futur de l’église
Saint-Polycarpe consulte ses citoyens sur l’avenir de la municipalité

Par Maxim Ouellet, Journaliste, initiative de journalisme local
Le mercredi 10 juin, la municipalité de Saint-Polycarpe a tenu une grande consultation publique au deuxième étage de la salle Maurice-Ravary de 14 h à 20 h 30. Tous les citoyens avaient ainsi l'opportunité de poser leurs questions aux différents experts et élus présents sur place.
Différents kiosques susceptibles d'intéresser les citoyens s'étant déplacés ont donc été montés dans le but d'être transparent avec la population et d'identifier clairement les enjeux prioritaires de Saint-Polycarpe.
Le contenu recueilli durant la journée devait également être transformé en publications pour les réseaux sociaux afin d'élargir la portée de la démarche municipale.
La situation concernant l’église était mise en évidence, mais pas que: les infrastructures en eau, les états financiers de la municipalité, la bibliothèque municipale ainsi que le service de sécurité incendie (SSI) et même la Sûreté du Québec (SQ) avaient leur propre section.
Les citoyens étaient aussi invités à se prononcer sur le projet qu’ils désirent voir se réaliser ou améliorer prochainement. Parmi les choix proposés, on retrouve le communobus, le centre sportif, des événements et des rassemblements d’envergure et plus encore.
Prévoir les finances municipales
Pour ce qui est du portrait financier global, une firme spécialisée a produit des prévisions et des scénarios de financement échelonnés dans le temps pour que le village soit en mesure d’avancer chacun de ses dossiers prépondérants.
« On a des choses qu'on est obligés de faire et la question qui revient souvent c’est “combien ça va coûter ?”. [Raymond Chabot Grant Thornton] nous ont fait le scénario souhaité dans notre idéal, mais ils ont aussi fait le scénario plus approprié [...] Ce ne sont pas toujours des chiffres agréables à voir, mais l'objectif, c'est d'être conscient de ce que ça coûte », explique Marie-Catherine Hamel, directrice des services administratifs et des communications pour la municipalité de Saint-Polycarpe.
Évaluer cinq options pour l’église
Tout d’abord, rappelons que si Saint-Polycarpe a démontré de l'intérêt pour l’achat de l'église, aucune transaction n’a pour l’instant été confirmée. Selon un sondage mené par la municipalité, 71 % des répondants ont dit souhaiter un engagement de la municipalité dans le dossier. Le Conseil du patrimoine religieux du Québec (CPRQ), un organisme à but non lucratif, a tenu une présentation sur le futur de l'église.
Selon Franck Calard, conseiller en patrimoine et responsable des communications au CPRQ, pour qu’un projet de conversion fonctionne, « il faut déjà qu’il y ait une intention. Si la ville achète sans avoir de plan précis, c’est souvent là qu'on voit que ça ne fonctionne pas. »
En ce sens, la Municipalité considère cinq avenues: il y a l'option de la rénover complètement. C'est-à-dire que l'eau arrête de rentrer. « Il n'y a plus de moisissures dans les murs. C'est refait et accessible au public. Ce n'est plus un lieu de culte, mais c'est propre, respirable et soutenu », explique Mme Hamel. Dans ce premier scénario, le lieu n’a aucune vocation précise, mais le projet est moins dispendieux.
La deuxième option est la démolition. Malgré ce qu’on pourrait penser, cette option coûterait quand même plus d’un million de dollars. « Ce n’est pas l’option souhaitée par personne, mais les architectes et les ingénieurs l’ont quand même incluse », souligne Marie-Catherine Hamel.
Le prochain scénario vise simplement à maintenir la bâtisse aux normes. « L'option trois, c'est rénover juste pour les travaux d'urgence. Là, on arrête l'eau de rentrer en haut, en bas, mais c'est tout. « Les portes sont barrées et personne ne peut y accéder », ajoute la directrice des services administratifs et des communications.
L’option quatre n’a pas de prix puisque tout dépend du projet de conversion qui sera adopté: « Si on fait une allée de bowling, ce n'est pas le même prix que si on fait un centre d'escalade ou juste une salle communautaire, ça peut aller de tous bords, de tous côtés », exprime Mme Hamel.
Celle-ci n’écarte pas la possibilité que la municipalité travaille main dans la main avec des groupes citoyens à la défense de l’église comme Au cœur de Saint-Polycarpe, surtout pour un comité de financement. Justement, Franck Calard estime que « le plus important, c’est d’avoir une bonne collaboration entre la ville, la communauté et le diocèse. »
La cinquième option est de garder le statu quo et de ne pas s’en mêler.
