Entrevue avec Shantal Nicole
Théâtre De L’île Perrot: fondé et porté par un quatuor avec du coeur

Par Marie-Claude Pilon, Journaliste
Si depuis quinze ans, le Théâtre De L’île Perrot peut faire rire, pleurer, émouvoir ou toucher les jeunes et moins jeunes de ce territoire, c’est grâce à un quatuor bien spécial. Néomédia a pu s’entretenir avec l'un des membres de celui-ci: Shantal Nicole aussi cofondatrice de ce théâtre aujourd’hui devenu itinérant.
Alors que l’année 2026 marque un moment phare pour cette organisation culturelle, puisqu’elle célèbre son 15ᵉ anniversaire de fondation, il est important de faire découvrir les piliers qui se cachent derrière.
Depuis 2011, le Théâtre De L’île Perrot est porté par des visionnaires, des créateurs et des gens d’action. Cette année de célébration s’inscrit dans la continuité d’un parcours reconnu pour sa contribution remarquable à la vitalité culturelle de Vaudreuil-Soulanges.
Pour preuve, le 24 septembre 2025, les cofondateurs Daniel Bertolino et Shantal Nicole ont reçu le Prix du mérite patrimonial, décerné par le Musée régional de Vaudreuil-Soulanges, en reconnaissance de leur contribution exceptionnelle à la dynamique culturelle de la région, notamment par leurs nombreuses réalisations favorisant l’ouverture sur le monde.
« Aujourd’hui, nous sommes quatre personnes pour faire fonctionner le Théâtre De L’île Perrot, soit Daniel Bertolino, moi-même Shantal Nicole, Catherine Viau et Monica Rousselle. Ce sont des gens de cœur qui s’investissent bénévolement. Il est important de souligner la grande contribution de Daniel Bertolino et de Lise Chartier, car ce sont eux qui ont imaginé un théâtre sur le site patrimonial de Sainte-Jeanne-de-Chantal. D’ailleurs, c’est à la fondation Ste-Jeanne-de-Chantal que se trouvait la base administrative du Théâtre De L’île Perrot pendant cinq ans. « Puis la COVID est survenue et tout a changé», résume-t-elle d’entrée de jeu.
Comme bien des organisations, le Théâtre De L’île Perrot a dû se réinventer lors de la pandémie qui a touché le Québec en 2020. « C’est à ce moment-là que c’est devenu un théâtre itinérant qui allait vers les gens plutôt que le contraire. On a dû changer notre vision du théâtre pour s’adapter au contexte sanitaire de l’époque.»
Un quatuor qui se complète bien
Selon Mme Nicole, pour qu’une organisation fonctionne bien, elle doit reposer sur des assises solides. « Le volet artistique est l'affaire de Daniel Bertolino et de moi-même. La structure du Théâtre De L’île Perrot est gérée par Catherine Viau. Elle a vraiment une vision 360 degrés de notre portée, notre mission et notre mandat. C’est elle qui a en tête une vision à long terme du développement du théâtre sur l’échiquier provincial. Pour sa part, Monica Rousselle est la trésorière et c’est celle qui, bien souvent, nous ramène, moi et Daniel, sur la terre ferme (rires). Elle va nous faire part des enjeux administratifs ou politiques de telle ou telle action. Ce sont des femmes d’expérience et nous sommes très chanceux de les avoir .»
Pourquoi le quatuor continue de porter à bout de bras le Théâtre De L’île Perrot même si les défis s’accumulent et que le financement peut être difficile à dégoter? « Parce qu’on est attaché au travail de M. Bertolino et à sa façon de faire vivre sa passion aux jeunes spectateurs. Récemment, il a rencontré plusieurs personnes qui lui ont parlé de son influence dans leurs vies. C’est quand on voit ça qu’on réalise l’impact qu’il a eu, et que le Théâtre De L’île Perrot, a eu dans la vie de ces jeunes. Quand on peut faire rire quelqu’un, le toucher, l’émouvoir ou le faire pleurer, c’est ça, notre vraie paie. On a un devoir de mémoire et c’est ce qu’on fait avec le Théâtre De L’île Perrot.»
Bien sûr, il y a eu de nombreux défis dans la dernière décennie et les cinq premières années de fondation du théâtre, mais le quatuor n’a jamais cessé de croire en son impact. « La culture, c’est notre oxygène et nous sommes entêtés. Ce n’est pas facile tous les jours, mais c’est important de persister. Chaque année, lors de notre AGA, on se demande si on est encore pertinent, si on a encore quelque chose à dire et à transmettre, si le public est encore au rendez-vous et on est encore là.»
Dans le futur, Mme Nicole et ses collègues espèrent trouver du financement pour poursuivre sa mission, et qui sait, même l’élargir. « On réfléchit actuellement à la tangente à prendre dans le futur. Si on doit aller vers le virtuel ou le multimédia pour rejoindre les gens, on le fera même si au départ, on avait choisi le face-à-face pour mieux toucher les gens.»
L’artiste l’avoue, ce n’est pas facile de se réinventer année après année. « Quand on trouve la bonne équipe avec qui ça clique, ça va plus vite et mieux. Après quelques années de collaboration avec notre équipe actuelle, on s'est rendu compte qu’on a fait le tour du jardin et on est à la recherche de nouveaux collaborateurs. On veut trouver un nouveau tremplin. On a trouvé notre particularité et on veut trouver le bon maillage pour nous permettre de la poursuivre, mais aussi de la développer sous d’autres angles.»
En terminant, Mme Nicole lance donc un appel aux individus ayant la fibre artistique. « Les idées et suggestions sont les bienvenues. On est ouverts à tout. On a une vision à 360 degrés pour répondre aux questions suivantes: D’où arrive-t-on ? Qui sommes-nous? Et vers où allons-nous?»
On peut joindre Mme Nicole au shantaldanse1@videotron.ca.
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