Semaine nationale de sensibilisation à la sécurité des travailleurs routiers
« On est des nuisances pour les automobilistes »
Sur la photo, on retrouve: Ariane-Thérèse Yenga du MTMD, Marc-René Fortier-Turcotte du MTMD, Audrey Vallée du MTMD, Sophie Westman-Vaillancourt et Guillaume Maheux du SFFPQ et Marie-Michelle Pilon du MTMD
Sur place, les passants qui le souhaitent pouvaient vivre une expérience immersive via la réalité virtuelle
Un casque de réalité virtuelle en carton était remis aux passants pour les sensibiliser

Par Marie-Claude Pilon, Journaliste
Alors que la Semaine nationale de sensibilisation à la sécurité des travailleurs routiers, édition 2026, bat son plein, des activités de sensibilisation ont lieu aux quatre coins de la province. Le jeudi 11 juin, c’est à la Halte routière de Rigaud que plusieurs intervenants se sont donné rendez-vous pour sensibiliser les passants.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, il est important de définir ce qu’est un travailleur routier. Il s'agit de toute personne qui œuvre aux abords d’un chantier en tant que signaleur. Il peut s’agir d’employés de Transports Québec, de travailleurs de la construction ou de patrouilleurs municipaux et même de premiers répondants comme des sapeurs, des paramédics ou encore des policiers.
« Cette année, on a ciblé les haltes routières pour les activités de prévention, car ce sont des lieux sécuritaires et par lesquels plusieurs personnes transitent dans une journée. Il y a moins de risques de tenir notre activité de sensibilisation dans ces lieux qu’en plein milieu de l’autoroute où les voitures circulent à grande vitesse. De plus, les gens sont moins pressés ou distraits par autre chose et on peut avoir pleinement leur attention », indiquait la conseillère en communications au sein de la direction générale de la Montérégie du ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD), Marie-Michelle Pilon.
Sur place, les passants pouvaient vivre une expérience immersive. « Nous avons des lunettes de réalité virtuelle afin de simuler le quotidien d’un travailleur routier. Au total, quatre scénarios sont présentés aux gens. Par exemple, dans l’un d’entre eux, on est témoin d’une collision entre une voiture et un collègue de travail. Dans un autre, la personne incarne le travailleur routier qui se fait frôler par une semi-remorque. Dans le troisième, le travailleur se fait lui-même happer. Le dernier se passe pendant la nuit alors qu’un travailleur doit aller tasser la carcasse d’un animal mort sur la route. Par cette méthode, on veut vraiment que les gens comprennent ce que vivent les travailleurs routiers chaque jour », ajoutait-elle.
Dans les scénarios, qui prennent la forme de capsules qui peuvent être visionnées sur le https://www.sfpq.qc.ca/gardezmoivivant, on apprend notamment que 80 % des accidents qui surviennent dans des zones de chantier sont causés par le comportement des conducteurs.
En 2023, à l’approche ou dans la zone d’un chantier routier, 762 personnes ont été blessées et 12 sont décédées. En 2024, 11 personnes ont perdu la vie en zone de chantier et 744 autres ont été blessées, dont plus d'une vingtaine grièvement.
Pour s’assurer que le mot se passe auprès du plus grand nombre d’automobilistes, un objet promotionnel était remis aux visiteurs du kiosque situé devant l’entrée de la Halte routière. « C’est un casque de réalité virtuelle en carton à partir duquel les gens peuvent regarder l’une des quatre capsules produites dans le cadre de cette activité de sensibilisation. Il suffit de balayer le code QR sur le dispositif et d’y déposer son cellulaire afin de pouvoir les visionner via la plateforme YouTube. On espère que le message se passera de famille en famille.»
Notons que des conséquences sont aussi à prévoir pour les chauffeurs contrevenants. Les amendes en cas d'excès de vitesse sont notamment doublées en zone de chantier. Par exemple, voici les amendes prévues dans une zone affichant 70 km\h:
- 140 $ pour un conducteur roulant à 90 km\h;
- 240 $ pour ceux roulant à 100 km \h;
- 420 $ pour ceux circulant à 115 km \h;
Les amendes de non-respect des ordres d'un signaleur ont été augmenté en 2024, passant de 200 $ à 400 $ et de 300 $ à 600 $. Le non-respect des ordres d’un signaleur amène l’ajout de quatre points d’inaptitude. Depuis 2024, le code de la sécurité routière prévoit également des amendes de 300 à 600$ pour le non-respect des barrières de contrôle de la circulation.
« On est une nuisance pour les usagers de la route »
Occupant un poste de chef d’équipe en surveillance routière au sein du MTMD, Marc-René Turcotte est un témoin privilégié des comportements dangereux de certains automobilistes. « On fait partie, tout comme les paramedics, les pompiers ou les policiers, des premiers intervenants à arriver sur les lieux d’une intervention. Notre rôle consiste à assister les usagers de la route, mais aussi les services d’urgence lorsque la situation le requiert ou encore, à surveiller le réseau routier et à s’assurer qu’il n’y a pas d’entrave ou autre débris qui bloquent la circulation. Si c’est le cas, il faut les retirer pour procéder à la réouverture de la voie le plus rapidement possible. Nos interventions prennent parfois quelques minutes ou quelques heures tout dépendemment de la situation. Il arrive plusieurs fois lors de celles-ci que des véhicules passent très près de nous. J’ai eu quelques miroirs arrachés sur mon véhicule de service. »
Pratiquant ce métier depuis neuf ans, M. Turcotte remarque que les conducteurs sont plus distraits de nos jours qu’à ses débuts. « Ils sont plus centrés sur eux et moins sur ce qui se passe aux alentours. On est une nuisance pour eux, alors qu’en réalité, on est là pour les servir et rendre le réseau routier sur lequel ils circulent plus sécuritaires. »
Quels sont les bons comportements à adopter à l’approche d’une zone de chantier où des travailleurs sont présents ou près d’un véhicule de service avec flèche et gyrophares activés ? « Si on est sur une autoroute, il faut changer de voie. Si cela n’est pas possible, il faut ralentir le plus possible afin d’être en mesure de bien apercevoir le ou les travailleurs en bordure de rue et de les localiser. Sur les autres types de route, il faut attendre que la voie inverse soit libre et par la suite on peut passer en toute sécurité si l’intervention dans notre voie de circulation n’est pas terminée.»
