Festival of Gold 2026
L’harmonie de la Cité-des-Jeunes réussit l’impossible à Chicago

Par Maxim Ouellet, Journaliste
Si l’harmonie avancée de l'école secondaire de la Cité-des-Jeunes multiplie les répétitions depuis le mois de septembre, c’est au Festival of Gold de Chicago, du 17 au 21 avril, que les musiciens ont prouvé qu’ils méritaient leur place parmi l’élite.
En obtenant la mention or au festival Héritage de New York en 2024, la troupe du chef d’orchestre Marc-André Thibault obtenait son laissez-passer pour le fameux Festival of Gold. Notons que cette mention n’est décernée qu’aux harmonies obtenant un score de plus de 92 %.
Au Centre symphonique de Chicago, amphithéâtre dans lequel évolue l’orchestre de la Ville et où ont joué de grands artistes, le groupe de musiciens de la Cité-des-Jeunes a réussi tout un exploit en obtenant un résultat historique: en moyenne, les trois juges leur ont octroyé la note de 99,3 %!
« Le directeur artistique de l'événement m’a dit après notre performance qu'on n'avait jamais donné cette note-là dans l’histoire du festival, c’est une belle consécration », exprime M. Thibault.
Peter Boonshaft, figure emblématique de la musique en orchestre et l’un des juges, a confié à Marc-André Thibault avoir donné une note de 100 % pour la première fois de sa carrière tellement il avait été touché par la prestation des élèves.
« Ce n’est pas normal à votre âge de jouer comme vous venez de jouer », a mentionné M. Boonshaft, maestro de renom, à la troupe. Seul un des trois juges n’a pas accordé la note parfaite à cause d’un certain problème d’intonation.
Qu’est-ce qui fait en sorte que l’harmonie de la Cité-des-Jeunes se démarque ?
Plusieurs éléments expliquent d’emblée pourquoi le programme de musique est en mesure d’aller chercher d’excellents résultats et de s’illustrer autant ici qu’à l’international. D’abord « on est quatre enseignants investis », expose M. Thibault pour qui les deux périodes de plus par cycle de neuf jours sont également partie prenante. « En les faisant jouer en groupe, ça leur permet de bien comprendre le rôle de chacun et de diversifier leurs apprentissages », ajoute-t-il.
Des spécialistes de chaque instrument sont aussi invités pour donner des cours privés aux élèves du programme. Ces derniers en viennent à développer leur oreille musicale comme nul autre jeune du secondaire.
À partir de la deuxième année du secondaire, les élèves ont la possibilité d’opter pour la concentration musique-étude. Ceux qui optent pour cette voie se réunissent tous les après-midis pour faire de la musique. « Ça fait une grande différence, ils enrichissent leurs qualités musicales et apprennent à s'écouter […] c’est un peu le secret de notre succès », complète le chef d’orchestre.
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En plus d'être talentueux, les jeunes musiciens qui se joignent à l’harmonie sont eux aussi très engagés. « Au-delà de la technique, ils développent une certaine musicalité par laquelle ils sont capables de transmettre de l'émotion aux spectateurs et aux juges », indique le fondateur de l’harmonie
Au fil du temps et à force de collaborer en groupe, les musiciens travaillent leur esprit d'équipe, ils renforcent leur cohésion et finissent par adopter l’harmonie comme une deuxième famille. À cet égard, M. Thibault estime que la musique d’ensemble et les équipes sportives sont très comparables: « On n'imagine pas nécessairement ça dans les mondes des arts, mais oui on développent le même sentiment d’attachement que dans une équipe sportive. »
L’une de ses anciennes élèves a déjà dit que dans ce genre de troupe, « Chacun est la cause du bonheur de chacun » et le tout paraît sur scène.
Quelle est la prochaine aventure de l’harmonie ?
S'il n’y a pas de grandes tournées à l’horizon pour l’harmonie de la Cité-des-Jeunes, ça n’empêche pas les enseignants de tâter le terrain en vue d'éventuelles participations à des festivals.
Chaque année, la troupe musicale participe au Musicfest Québec, et 2026-2027 ne fera pas exception, mais au-delà de cette compétition locale, le programme évalue la possibilité d’envoyer ses élèves dans les provinces des Maritimes pour le festival Atlantique auquel l’harmonie n’a jamais été.
« L’aspect nouveauté nous intéresse [et] c’est une autre occasion d’apprendre et d’augmenter notre expérience », conclut Marc-André Thibault.
