Pourquoi réagit-on avant de réfléchir?
La route basse et la route haute
La route basse et la route haute
Pourquoi réagit-on avant de réfléchir?
Une remarque d'un collègue, un ton un peu sec, un regard de travers… et la réplique part avant même qu'on ait eu le temps d'y penser. Ce n'est pas un manque de caractère, c'est notre cerveau qui fait exactement ce pour quoi il a été conçu. Comprendre ce mécanisme, c'est déjà commencé à reprendre la main.
Le neuroscientifique américain Joseph LeDoux a décrit ce qui se passe lorsqu’une information arrive par nos sens.
La route basse va directement à l’amygdale, la structure du système limbique qui déclenche la peur, la colère et la vigilance. Elle agit en 12 millisecondes environ. Elle est rapide, mais grossière : elle ne sait pas ce qu’elle voit ; elle sonne l’alarme.
La route haute passe par le cortex. Ce dernier évalue : « Est-ce vraiment dangereux? Qu’est-ce que je fais? ». Elle est plus lente, mais plus précise. Il faut souvent plusieurs centaines de millisecondes pour qu'on prenne conscience de ce qui se passe.
Vous marchez dans un parc et quelque chose bouge vite au sol. Vous sursautez avant même de savoir ce que c’est. Une fraction de seconde plus tard, vous voyez que c’est un écureuil, et votre corps se détend. Les deux routes ont travaillé, mais pas à la même vitesse.
Les 2 routes au bureau
La route basse ne réagit pas seulement aux dangers physiques. Un collègue vous dit : « Je ne suis pas sûr que ce que tu as fait soit très utile. » Avant toute réflexion, l’amygdale a capté le jugement. Les épaules se crispent, le cœur accélère, la réplique est déjà prête.
Si on attend que la route haute arrive, on comprend que la personne exprime un doute, pas un verdict sur notre valeur. Si on n’attend pas, on répond vite et on regrette par la suite.
L’alarme n’est pas le problème. Elle nous protège. La route basse, c’est l’alarme automatique. La route haute, c’est le chef d’orchestre qui décide si l’alarme est justifiée et qui ajuste le volume. Le problème, c’est d’agir avant que le chef d’orchestre soit entré en scène.
Exercice de la semaine : attraper la route basse
L'amygdale surveille constamment ce qui se passe autour de nous, et se demande: est-ce que je suis en sécurité? Lorsqu'elle perçoit une menace, réelle ou perçue, elle peut déclencher très rapidement une réaction émotionnelle et physique. Alors comment la calmer ?
- Repérez, une fois par jour, un moment où votre corps réagit avant vous : mâchoire serrée, épaules tendues, envie de répliquer…
- Nommez-le intérieurement : « route basse ». Ce simple geste commence à réveiller votre cortex.
- Respirez deux ou trois fois en expirant plus longtemps que vous inspirez.
- Demandez-vous : « Qu’est-ce qui se passe vraiment? Y a-t-il une autre explication? »
Le soir, notez ce qui a déclenché l’alarme. Vous verrez vite vos routes basses préférées.
La semaine prochaine, on verra comment nos émotions se cachent souvent derrière nos décisions
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Les Conférences Jiana Saad
EnseignanteConférencièreAuteure
Formatrice agréée # 0060749
Loi favorisant la reconnaissance des compétences de la main-d’œuvre
Master Coach en neurosciences EQ-i 2.0/360
Harvard Medical School
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Cell. : 438 391-5400
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