Comprendre ce que les autres ressentent
Lire les signaux
Lire les signaux
Comprendre ce que les autres ressentent
As-tu déjà lancé une remarque à quelqu'un de triste sans t'en rendre compte ? Ou manqué un signe de tension chez un collègue avant une réunion importante ?
Dans mes deux derniers articles, j'ai parlé de deux compétences essentielles : reconnaître ce que l'on ressent et apprendre à réguler ses émotions. Il en existe une troisième, tout aussi importante : capter les indices que les autres nous envoient. Ces indices passent surtout par le corps, le regard, le ton de la voix, les expressions du visage, les gestes, la posture, la distance.
Pourquoi c'est important
Savoir lire les signaux évite bien des malentendus. Quand on comprend ce que l'autre vit, on agit avec plus de justesse : on apaise au lieu d'envenimer, on soutient au lieu de blesser.
Lire les signaux, ce n'est pas analyser les autres. C'est remarquer un ton plus sec, un regard fuyant, un geste nerveux. C'est de l'empathie en action, pas de la psychanalyse.
Quand j'étais enseignante, je n'avais pas encore développé cette compétence. Je savais intervenir quand un élève dépassait les limites, mais je n'avais pas appris à regarder au-delà du comportement.
Un matin, un élève, appelons-le Samuel, entre en classe avec 15 minutes de retard. Il s'assoit brusquement et lance son sac à côté de lui. Je le regarde d'un air sec ; il détourne les yeux. Je me sens défiée. Je m'approche et lui demande de sortir son cahier. Il frappe sur la table.
Dans ma tête, le comportement était devenu le message : il me provoque, il me manque de respect.
Je ne voyais rien d'autre. Ni ses yeux cernés, ni son visage fermé, ni son corps affaissé, ni ses épaules tendues. Je voyais un élève qui ne collaborait pas. La cloche a sonné et, en sortant, Samuel a bousculé un camarade. Pour moi, c'était trop : billet disciplinaire pour attitude.
Ce que j'ai appris plus tard, c'est que les parents de Samuel venaient de se séparer et que Samuel avait passé une nuit blanche. Il était arrivé avec une charge émotionnelle que je ne pouvais pas voir, mais dont son corps me donnait pourtant les indices.
Aujourd'hui, je comprends que l'empathie commence avant même qu'un mot soit prononcé. Elle commence par l'observation. Parce qu'un élève qui semble nous défier est parfois un élève qui nous dit, avec les seuls moyens qui lui restent : « Je ne vais pas bien. »
Comment développer cette compétence
Dans une conversation, avant de répondre, observez : comment la personne parle-t-elle ? Quelle émotion se cache derrière ses mots ? Réagissez consciemment plutôt qu'en pilote automatique. On n'a pas besoin d'être psychologue pour sentir que quelqu'un ne va pas bien.
Reconnaître ce que je ressens. Réguler ce qui monte en moi. Repérer ce que l'autre vit. Quand ces trois compétences sont en place, la réponse vient presque d'elle-même : on sait quoi dire, quoi faire, quand se taire. C'est de cette réponse, la quatrième et la dernière compétence de l'intelligence émotionnelle, que je vous parlerai dans mon prochain article.
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Les Conférences Jiana Saad
EnseignanteConférencièreAuteure
Formatrice agréée # 0060749
Loi favorisant la reconnaissance des compétences de la main-d’œuvre
Master Coach en neurosciences EQ-i 2.0/360
Harvard Medical School
www.jianasaad.com
Cell. : 438 391-5400
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