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31 janvier 2021 - 18:00

L'engouement pour le plein air prend au dépourvu des commerçants locaux

Des détaillants de sports de Vaudreuil-Dorion peinent à répondre à la demande

Les retards dans la production en Asie de matériaux nécessaires à la fabrication d’équipement de sports d’hiver ont des répercussions jusque dans la municipalité de Vaudreuil-Dorion. Témoignages de deux entrepreneurs et propriétaires locaux qui ont de la difficulté à répondre à la demande.  

Avec la pandémie qui frappe le Québec depuis bientôt un an, les sports, autant d’hiver que d’été, ont connu un boom incroyable. Alors que l'engouement est plus élevé que jamais, les commerçants peinent à recevoir un minimum de marchandise. C’est ce qu’observe, comme bien d’autres, le propriétaire du commerce Le Suroît Cycle et ski, Michel Bourbonnais. « Les gens appellent et je n’ai rien à leur proposer. Il n’y a plus d’inventaire disponible chez les fabricants. J’ai vendu tout l’inventaire que j’avais », témoigne-t-il.

Cette situation serait principalement due à des problèmes de main-d’œuvre et de transport naval en Asie, lieu de provenance de plusieurs matériaux nécessaires à la production d’équipement de sport. M. Bourbonnais explique qu’en raison des mesures sanitaires, de grandes villes manufacturières qui logeaient des employés étrangers ne peuvent plus les recevoir à cause des restrictions de voyage. Le transport maritime connaît aussi son lot de difficultés avec la disponibilité des conteneurs.

Les complications d’approvisionnement arrivent au moment où les gens sont les plus avides de sports. Dès la mi-octobre, la majorité des stocks étaient vendus. Même son de cloche à la succursale de Sports aux puces à Vaudreuil-Dorion. « Il y a du monde qui nous demande depuis le mois d'août si nos skis sont sortis », souligne Jean-Pierre Balekian, propriétaire de la franchise.

Les commerçants ne sont plus capables de se réapprovisionner en ski de fond pour le reste de la saison. « Le problème est partout dans l’industrie du ski », soutient-il.

Les complications du confinement

Le confinement qui se prolonge depuis la période des fêtes secoue aussi l’industrie. « C’est un non-sens, mais c’est comme ça qu’il faut opérer. Les gens veulent avoir un bâton de cire [pour l’entretien des skis], mais on est obligé de se donner tout ce trouble-là », déplore M. Bourbonnais en parlant du commerce en ligne pour des articles jugés non essentiels. Les cueillettes ou livraisons s’ajoutent à la complexité de la situation selon lui pour une transaction banale. 

Le confinement affecte tout particulièrement l’entreprise de M. Balekian. Ce dernier présente, contrairement aux skis, un surplus de stocks des équipements de hockey en raison de l’arrêt des ligues amateurs en automne. « Les ventes de skis et les locations en octobre et novembre ont été extraordinaires, sauf que ce n’était pas assez pour couvrir les pertes du côté hockey. On a 100 000$ d’inventaire de hockey qui dort sur le plancher, mais il faut quand même le payer. Quand on passe nos commandes un an à l’avance, on ne sait pas si le magasin va être fermé », explique-t-il.

Les plateformes de transactions de produits de seconde main comme Marketplace ou Kijiji occupent une place de plus en plus grande dans les habitudes commerciales des Québécois au moment où tout est fermé. « C’est sûr qu’on est plus cher que l’usagé, mais je pense qu’il y a encore beaucoup de gens qui veulent avoir du neuf et veulent avoir des conseils. Les transactions qu’on fait en ligne sont souvent accompagnées d'informations », rétorque M. Bourbonnais du commerce Le Suroît Cycle et ski. Ce dernier guide tout de même certaines personnes dans leurs achats en ligne afin d’entretenir un lien avec la clientèle locale.

Saison de vélo à venir

La pénurie actuelle d’équipements devrait avoir d’importantes répercussions sur la saison de vélo à l’été 2021. M. Bourbonnais prévoit une baisse de 50 à 60% de son chiffre d’affaires selon les échos qu’il a de l’industrie, mais il estime passer au travers.

Les fabricants ont donné le mot d’ordre d’arrêter de prendre des commandes, car ils ne peuvent pas garantir les livraisons en temps voulu. « Moi normalement je reçois à peu près 500 vélos avant Noël, à ce jour j’en ai reçu 4. Si je suis chanceux, j’en ai peut-être une centaine pour la fin avril. Ça va être une saison de fou », dénote-t-il.

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