Sr Marie-Rollande au travail.
Poème intitulé « Le rêve d’un érable », s.d.
Poème intitulé « De la neige en avril » daté du 1er avril 1922.
Curé Godin de Vaudreuil.
Poème ayant pour titre « Le premier chapelet » paru dans le journal Le Devoir, p.10, 1925-07-18.
Poème intitulé « Dans la main de Marie » paru dans le journal Le Droit d’Ottawa, p. 8, 1926-12-30.
Poème non daté intitulé « Pour toi » écrit pour sa nièce Blanche-Yvonne.
Carte mortuaire du tuteur de Marie, son frère Hector Besner, décédé le 21 mars 1934.
Partition de musique : paroles écrites par Sr Marie-Rollande, « Œuvres vocales ».
Lettre non datée de Sr Marie-Rollande à l’abbé Lionel Groulx. Correspondance pour révision de textes.
Poème écrit par Sr Marie-Rollande intitulé « Crépuscule d’octobre » paru dans le journal Le Devoir, p. 7, vol. 32, no 137 (?), le 1941-06-14. Poème gagnant du concours de New York.
Sr Marie-Rollande au travail.
Poème intitulé « Je n’avais que seize ans » paru dans la revue L’Action nationale, vol.27, no 5, Mai 1946.
Divers poèmes composés par Sr Marie-Rollande ayant pour thème sa maman.
Sr Marie-Rollande.
Pages du passeport de Sr Marie-Rollande utilisé lors de son voyage en Europe en 1950.
Itinéraire de voyage en Europe, 1950.
Photo de la cathédrale Notre-Dame de Paris telle que vue par Sr Marie-Rollande lors de son voyage en Europe, 1950.
Photo du lieu de pèlerinage de Lourdes, France vu lors de son voyage en Europe, 1950.
Photo montrant Sr Marie-Rollande en compagnie de sa compagne de voyage, Europe, 1950.
Page couverture du livret rédigé par Sr Marie-Rollande en 1950 au retour de son voyage en Europe et intitulé « Un grand souvenir, Mon voyage en Europe ».
Article de journal illustrant le jubilé d’or titré « Née à la Côte des Français Sœur Marie-Rollande fête son jubilé d’or à Vaudreuil » paru dans le journal La Presqu’île, 3 juillet 1958, p.7.
Photo sur laquelle on aperçoit Sœur Marie-Rollande entourée de sa famille lors de son jubilé d’or, juillet 1958.
La page 2 du poème composé par Sr Marie-Rollande pour ses 50 ans de vie religieuse intitulé « Sur la harpe du soir ».
Carte mortuaire de Sr Marie-Rollande, 1961.
Article intitulé « Une grande écrivaine parmi la famille Besner » extraite de la revue Le Prêt-à-boire, bulletin no 4, octobre 2001, p.31.
Une poète de chez nous : Sr Marie-Rollande
Centre d'Archives de Vaudreuil-Soulanges
Sœur Marie-Rollande, de son nom laïque Marie-Antoinette Besner, fut une poète affirmée et très prolifique. Née et baptisée le 7 février 1887 à Vaudreuil, elle se fait communément appelée Marie. Bien des années plus tard, elle se dira heureuse de porter le prénom de la Vierge. Benjamine choyée d’une fratrie de huit enfants, Marie, enfant rêveuse, déjà contemplative de la nature, grandit sur la grande ferme familiale au contact de la nature. Elle déborde d’imagination et tout son être sensible est aux aguets, ressentant les moindres soubresauts de la nature. Ce n’est pas pour rien que la jeune Marie dira, lors de la coupe du blé dans les champs, que les fleurettes de la prairie ont dû avoir peur. Son côté poétique est déjà bien présent, ce qui accompagne bien son don de chant. Ce n’est pas pour rien que son entourage dit d’elle qu’elle chante comme un rossignol. À quatre (4) ans, elle fréquente l’école de rang de la petite-Côte. Avec sa voix cristalline, elle chante les solos au Mois de Marie.
Au tournant du siècle, deux drames majeurs touchent la famille. Alors qu’elle a 12 ans, son père Gabriel Besner, cultivateur de souche, décède d’un cancer de l’estomac. À peine trois ans plus tard, soit en 1902, sa mère Rachel St-Denis décède à son tour d’une attaque de paralysie foudroyante. La perte de sa mère mènera l’enfant sage, docile et à la santé fragile vers sa destinée religieuse. Cette dernière, sur son lit de mort, recommande sa fille à Monsieur le curé Godin qui à son tour lui promet protection et vigilance à l’orpheline. Il prend son mandat à cœur et conseille le pensionnat pour la jeune fille. Elle doit y rester jusqu’à l’obtention de ses brevets. Son tuteur, son frère Hector, en a la charge jusqu’à ses 25 ans ou jusqu’au mariage. Il ne s’oppose pas au curé. Ainsi, Marie prend la direction du couvent de Vaudreuil pour poursuivre son éducation en septembre 1902.
Marie est une adolescente timide et les événements familiaux l’attristent énormément. Sa maîtresse de classe écrira : « Sa longue robe noire lui donnait un air imposant, et la tristesse assombrissait la physionomie de l’orpheline… ». La Supérieure du couvent, Sr Marie-Héliodore, s’intéresse à la nouvelle élève et lui voue une affection infaillible. Elle aura sur elle une influence heureuse. L’élève est douée et rivalise rapidement avec les premières de classe performant facilement en littérature, en analyse de textes, en poésie, en diction et en lecture expressive. Son talent pour le chant est remarqué et se voit offrir les rôles principaux dans les fêtes et représentations. Marie compose à merveille sans toutefois se faire remarquer. Exception faite d’une visiteuse qui écrira en marge d’une composition d’examen : « Ma chère enfant, vous avez du talent, ne l’employez qu’à la gloire de Dieu. »
Les vacances d’été se passent chez sa sœur, Mme Lalonde, à Vaudreuil. Une fois ses études terminées, Marie entre dans un monde quelque peu méconnu qui l’attire et la séduit. Les sources mentionnent que ce brin de jeune femme aux yeux pers est fort joli. Elle chante bien, est musicienne et s’exprime avec aisance. On ajoute que les jeunes hommes subissent le charme de sa grâce. Elle n’a qu’à choisir. Marie connaît les succès mondains et opte pour le mariage.
Mais c’était sans compter sur le curé Godin à qui elle annonce sa décision. Le prêtre, qui avait promis à la mère mourante de veiller sur sa fille, réplique vigoureusement. En effet, il lui dit qu’elle y serait malheureuse et l’incite fortement à entrer au couvent. Selon les sources, pour appuyer davantage sa déclaration, il assène un coup de poing sur son bureau. Marie est impressionnée du moins déstabilisée. Elle entrera en religion à ses 21 ans. On dit de cette entrée qu’elle est une offrande héroïque de la part de Marie, que le Christ l’avait choisie et que l’appelée a accepté les exigences malgré les sacrifices. D’autres sources mentionnent toutefois que le choix de la jeune femme d’entrer en religion s’est fait plus doucement et graduellement au cours de ses années de pensionnat. Sentant le regard de Dieu sur elle, elle l’aurait entendu l’appeler. Elle aurait simplement répondu « oui » avec sa générosité connue.
Quoiqu’il en soit, c’est en communauté religieuse que Marie mettra à profit son talent de poète. Elle entre comme novice chez les sœurs de Sainte-Anne à Lachine en août 1906 et prend le nom de Sœur Marie-Rollande six mois plus tard. Sa profession religieuse (vœux) a lieu en 1908. Les héritages obtenus de ses père et mère permettent de payer son trousseau et sa dot d’entrée dans la congrégation.
Dès le début, Sr Marie-Rollande, chargée de la musique, du chant et de la sacristie de la paroisse, enseigne le piano et le chant au Pensionnat Sainte-Angèle. Elle travaillait beaucoup au détriment de sa santé. À peine trois ans plus tard, la maladie l’affecte et doit faire un séjour à l’hôpital Notre-Dame de Montréal. Sa convalescence se passe à Vaudreuil. Ne pouvant s’en empêcher, la jeune sœur se remet au travail très rapidement : elle est, entre autres, chargée des chants et de la musique à l’église qui est située tout à côté du couvent, invite les anciennes élèves à faire partie de la chorale et prépare une fête à l’externat.
En 1912, elle reprend l’enseignement du chant et du piano, d’abord au noviciat puis à Saint-Jacques-de-Montcalm. Toutes ces années, elle est estimée pour son dévouement sans distinction, son dynamisme, son sens de la répartie, ses propos intéressants et son sens de l’humour fin. Les élèves l’apprécient beaucoup. Sa carrière de professeur se termine en 1917, année où elle devient aphone à la suite d’une lésion aux cordes vocales lors d’exercices de chant. Elle est envoyée au Mont-Saint-Anne, la maison-mère de la congrégation, pour récupérer. C’est là que s’effectuera le tournant dans sa carrière; elle devient écrivaine et poète. Elle le sera jusqu’à sa mort en 1961. Plusieurs notent qu’elle possède le souci du beau et du bien qui transparait aussi dans ses écrits.
Nommée auxiliaire de la préfète générale des Études en 1918, elle compose l’année suivante le chant à la louange de la fondatrice de la congrégation, Mère Marie-Anne. Son écriture permet à son talent de poète de se manifester davantage. Elle tire son inspiration de la nature, dans la méditation et dans ses souvenirs d’enfance. Sa mère, partie trop tôt, lui manque. Cela transparait dans certains écrits, plusieurs poèmes ayant pour sujet sa maman. Mais plus souvent qu’autrement, la religion l’inspire et ses poèmes sont rédigés sous forme de prières. Ses poèmes sont fort bien composés. Le fait que Sr Marie-Rollande ait évolué dans un monde musical depuis l’enfance explique le rythme des vers et le choix des mots chantants.
La poète de chez nous a écrit une multitude de poèmes, de textes sa vie durant parfois sous le pseudonyme de Marie Gruzelin, nom de l’ancêtre des familles Besner. Des sources se demandent aussi si le pseudonyme de Laure Hurteau pourrait en être un autre possible. Ses œuvres ont été publiées dans maints journaux et revues dont Le Droit (Ottawa), Le Messager canadien (Montréal), Le Devoir (Montréal), L’écho de Sainte-Croix (Saint-Laurent), L’Action nationale (Montréal), les Annales de la communauté, Les Annales de France et Le 20e siècle (Ottawa). Elle faisait parvenir certaines de ses œuvres aux membres de sa famille. Un recueil de poésie parait comprenant des écrits datés de 1925 à 1937. Très prolifique, elle compose également des cantiques (110 au total). À la demande de Mme Labrecque, compositrice canadienne, elle travaille sur 39 chansons qui sont imprimées et livrées au public. Ses poèmes sont donc mis en musique. Le titre de barde de Mère Marie-Anne lui est accolée et elle l’apprécie grandement. Sr Marie-Rollande s’évertue à faire sortir la fondatrice de l’ombre. Elle compose ainsi 31 chants à sa louange et 38 poèmes pour magnifier ses vertus. Forte de son expérience en musique et devenue directrice de chant, elle fonde la Chorale des Fauvettes en 1939 à Lachine. Un autre don de soi pour faire plaisir !
Lauréate de plusieurs concours auxquels elle prend part dont celui de Radio City de New York, lors du National Poetry Day, l’écrivaine est publiée chez des éditeurs français et reçoit des diplômes d’honneur de la Compagnie littéraire du Genêt d’or de Perpignan, dont celui de 1953 pour son poème « Antienne mariale ». En 1960, elle est nommée membre de la Société des Poètes canadiens-français (S.P.C.F.) qui reconnaît son mérite et la qualité de sa contribution au concours annuel. Elle est de plus membre de la Société des écrivains canadiens.
Sr Marie-Rollande est plus que diversifiée dans ses écrits. Elle trouve le temps d’écrire des proses, des histoires, des pièces de théâtre et des biographies. Plusieurs Supérieures ont eu le bonheur d’avoir leur vie décrite par la poète. Les organisatrices d’anniversaires de couvents, de pensionnats, de jubilés font appel à son talent. Elle est donc souvent appelée à se déplacer. Le prêtre Élie-J. Auclair dit d’elle qu’elle possède « une puissance d’observation et une remarquable facilité à s’exprimer » alors que le Chanoine Groulx qu’elle connaît, car originaire de Vaudreuil et auquel elle demande de réviser ses textes historiques mentionne que ses « qualités d’historien s’affirment de volume en volume », qu’elle sait « mettre en relief les traits majeurs qui peignent un caractère et une vie » à travers une belle sobriété. Sr Marie-Rollande rédige aussi des ouvrages tels que L’enseignement du dessin de 1850 à 1950 et Les activités musicales de 1850 à 1944. En 1947, sa consœur, Sr Marie-Bibiane publiera la bio-bibliographie de Sr Marie-Rollande en trois exemplaires dactylographiés.
En 1950, année sainte, elle est envoyée à Rome comme déléguée en compagnie de Mère Marie-Angèle pour représenter la Communauté et pour la béatification de Marguerite Bourgeoys. Visitant Rome et d’autres lieux importants pour les religieuses, elle en produira un récit de voyage intitulé Récit de mon voyage en Europe. Tous s’accordent pour dire qu’elle est restée religieuse dans ses écrits. Le Chanoine Lionel-Groulx, dira d’elle : « [qu’elle] est une de ces femmes qui font le plus d’honneur à nos Communautés religieuses. Son œuvre est considérable, et en tout ce qu’elle a écrit, elle est restée religieuse; … » In Mémoriam, p.11.
L’année 1958 marque ses 50 ans de vie religieuse. À l’occasion de son Jubilé d’or qui se déroule dans son village natal, les témoignages d’amour et les hommages se succèdent l’un après l’autre : « attachante personnalité, talentueuse, sensible et possédant une âme spéciale, elle qui a aussi souffert de la grisaille et de la monotonie du quotidien » . Les diverses sources mentionnent également qu’elle était bonne, affable, accueillante et qu’elle a fait preuve d’une sociabilité ainsi que d’une serviabilité sans faille. De plus, il est dit que, sans conteste, son trait le plus saillant demeure l’amabilité. Sa famille savait qu’elle avait beaucoup écrit au cours des années, mais a appris à connaître davantage sa carrière grâce au poème intitulé Poème d’une vie !, hommage composé par Sr Marie-Paul, annaliste.
En 1960, la poète est souffrante. Marchant péniblement, sans agrément, elle poursuit son travail pour la gloire de Dieu et pour expier ses péchés. Elle continue aussi à préparer les fêtes et à chanter. L’année 1961 sera sa dernière. En effet, elle s’était préparée à cette fin prochaine, selon les sources, se dépouillant de presque tout. Aucune prémonition ne l’avertit : le soir même, elle jouait aux cartes et discutait avec ses voisines. Ce soir du 11 août, elle fait une embolie cérébrale. Prêtre et médecin sont appelés au chevet de la mourante qui rejoindra Dieu à l’âge de 74 ans entourée de ses nièces, Sr Marie-de-Grâce (Olivette Besner) et Sr Marie-Ella (Annette Besner) et de sa cousine Sr Marie-Ghislaine (Juliette Séguin) priant pour le salut de son âme.
La cérémonie funèbre a été officiée par Monsieur le chanoine Adhémar Jeannotte, curé de Vaudreuil. Ont, entre autres, été présents aux funérailles de la poète Mgr Édouard Jetté, évêque auxiliaire à Joliette, Monsieur le chanoine Lionel Groulx, Messieurs les abbés Philippe Morin, vicaire à Vaudreuil et le R.P. Maillette, aumônier qui a fait la levée du corps.