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Élections provinciales du 3 octobre 2022

Entrevue avec Emilie Poirier, candidate QS à Beauharnois - Épisode 1/2

durée 17h00
7 juin 2022
durée

Temps de lecture   :  

7 minutes

Par Jean-Michel Lhomme, Journaliste
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Le 3 octobre auront lieu les prochaines élections provinciales. Et c'est Émilie Poirier qui défendra les couleurs de Québec Solidaire à Beauharnois.

Aujourd'hui, je vous propose un entretien pour nous permettre de faire plus ample connaissance avec la candidate. Et demain, la seconde partie abordera un volet, cette fois-ci plus politique.

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Néomedia : Le 20 avril dernier, vous avez été officiellement investi pour porter les couleurs de Québec Solidaire à Beauharnois. Le 3 octobre, ce sera la toute première fois que vous présentez au suffrage des citoyens. Quel a été votre parcours pour en arriver jusque-là?

Émilie Poirier : Eh bien, c'est un long parcours. J'espère qu'on a beaucoup de temps. Je dirais que ça fait quand même deux ans que je suis membre de Québec Solidaire. Très rapidement, j'ai adhéré à leur valeur, mais ce n'est pas ma seule implication politique. En fait, j'ai été impliqué au mouvement d'action régionale de l'environnement (MARE), ici dans la région. J'ai aussi travaillé très fort avec le comité de protection du bois vert pour protéger un boisé menacé d'être détruit pour permettre des constructions de nouvelles maisons. J'ai fait partie des gens qui ont fondé la Factrie. En fait, ça fait plusieurs années que je m'investis dans ma communauté.
Donc, j’en suis arrivé au constat qu'il y avait beaucoup de choses qui m'inquiétaient, surtout dans notre circonscription. On a des enjeux très précis. Je me suis dit si ce n’est pas moi qui y vais qui va y aller? Je dois y aller. J'avais cet appel. 
Je suis quelqu'un qui travaille, qui est courageuse. Même si, je ne vous mentirai pas, quand on est une femme, y a eu une petite crainte au départ. Ce n’est pas quelque chose de facile. On sait ce qui nous attend, les questions qu'on peut poser, le regard qu'on peut lancer. Mais je me suis dit qu'il faut que j'y aille.
Je me lance et on verra. On verra jusqu'où je peux porter la voix des gens de ma circonscription. 

Néomedia : Vous vous êtes d'abord engagée en tant que citoyenne. Un engagement très militant auprès de mouvement d'action régionale et environnementale.
Vous faites le choix d’entrer aujourd'hui en politique. Pourtant, les exemples de militants qui s'engagent en politique ne sont pas rares. Plus rares sont ceux qui s'y sont épanouis et qui disent à postériori, avoir l'impression d'y avoir été utile. Est-ce qu'en entrant justement dans l'arène politique vous ne craignez pas de devoir revoir vos ambitions à la baisse ou au moins de devoir mettre de l'eau dans de l'eau dans votre vin ?

Émilie Poirier : Mais même dans le militantisme, il faut mettre de l'eau dans son vin.
C'est faux de croire qu'on peut arriver à quelque chose sans trouver des compromis. Et c'est toujours ce qu'on a fait au MARE. Avec le comité de protection, on met déjà dans l'eau, dans notre vin. C'est un peu comme ça qu'on avance. Et dans nos rapports de tous les jours, il faut savoir défendre son point de vue que c'est important quand on tient à trouver des arguments pour convaincre les gens qui adhèrent.
Mais il y a d'autres moments où il faut aussi accepter le point de vue des autres et peut être gagner, faire certains gains, puis comprendre qu'il y a d'autres choses qu'on va perdre à travers tout ça. Mais oui, je suis conscient que des fois, ça peut être difficile, ça va être difficile. C'est prenant que d'avoir la conviction que moi je porte. Par exemple, je trouve que l'environnement, justement, on en parle si peu.
Il y a peu d'actions qui sont menées par le gouvernement. Il va falloir travailler très fort. Je suis consciente de ça. Est-ce que ça me fait peur? Oui, ça me fait peur. Mais j'ai un entourage, je les ai avertis : si à un moment donné, je ne ressemble plus. S'il vous plaît, dites-le-moi !
Il faut que je porte la voix des citoyens, des jeunes aussi, des jeunes qui sont tellement angoissés par rapport à la crise climatique. 

Néomedia: Qu'est-ce qui fait le plus peur ? C'est d'être une militante qui part en politique ou d'être une femme qui s'engage en politique. 

Émilie Poirier : Je pense que c'est d'être une femme qui s'engage.
Le regard qu'on pose sur les femmes, à mon sens, est très différent. Je pense qu'on nous en demande plus en tant que femme. je ne pourrais pas perdre les pédales, je ne pourrais pas crier. Je ne pourrais pas faire que je sois posée dans mes actions dans paroles, ma prise de parole. Et sinon je vais me faire juger, je le sais et je n'ai pas l'impression qu'on demande la même chose aux hommes.
Je pense que les hommes ont cette chance de pouvoir s'affirmer beaucoup plus fortement. J'ai toutes sortes d'histoires d'horreur qu'on m'a racontée de, de choses qu'on peut envoyer dans des messageries privées, puis aussi les termes forts qu'on emploie parfois vis-à-vis des femmes. Des termes qui sont… Je n'ai pas envie de nommer au micro, mais il faut être fait.Il faut être solide. 
Je le sais, puis j'y vais. J'y vais avec la conscience que ça peut m'arriver. 

Néomedia : D'une manière générale, dans cette élection, on constate qu'il y a l'émergence d'une nouvelle génération, globalement plus jeune, plus féminine, majoritairement issus de la société civile.
Dans la région, c'est tout particulièrement le cas. Parce que, que soit Soulanges , Vaudreuil ou à Beauharnois, au jour où on se parle, ne se sont actuellement déclarées que des candidates. Et en majorité des candidats qui se présenteront pour la toute première fois. Vous aussi vous incarnez ce mouvement-là, cette forme de renouveau. Mais ce que j'aimerais savoir, à quel point, indépendamment du parti représenté, cela vous semble important que cette nouvelle génération rentre à l'Assemblée? 

Émilie Poirier : L'Assemblée nationale, c'est la Maison du peuple et pour moi, c'est très important. Que ce soit une femme, un concierge, un avocat… peu importe la job que tu as, dans vie, peu importe où on s'inscrit dans la communauté, c'est important pour moi que ce soit une représentation de la population. Il faut porter plusieurs voix. Il faut que tout le monde puisse être rassemblé, rassembler d'une certaine manière à l'Assemblée nationale.
Il faut que cela ressemble à la communauté. Et c'est pour ça que je pense que c'est important qu'il y a aussi des jeunes, des personnes plus âgées, des femmes, des hommes. Il faut du monde de tout acabit, parce que on n'a pas tous et toutes les mêmes préoccupations, que toutes ces préoccupations doivent être portées à l'Assemblée et qu’elles soient être défendues.

Néomedia : Les sujets sur lesquels vous travaillez précédemment via votre investissement militant sont globalement des sujets qui concernent tout le Québec voire, toute la planète. Mais cette élection, ce sera une élection aussi locale. Est-ce que vous auriez pu vous présentez, vous lancer en politique ailleurs qu’à Beauharnois? 

Émilie Poirier :  J'ai grandi sur la ferme familiale à Coteaux du lac et c'est quand je suis arrivé au collège que je suis tombé en amour avec la région. J'aime profondément ma ville.
Après l'université, je savais déjà que je voulais revenir dans ma région, y habiter et travailler. Il y a quelque chose d'incroyable. Ah, je l'ai vérifié également à Saint-Étienne, où j'ai habité aussi. 
Il y a d'abord tout un mouvement culturel. On n'a pas idée du nombre de personnes qui viennent de la région qu'on voit à la télévision, qui sont dans les pièces de théâtre, qui font carrière nationalement ou internationalement.
Pour moi, ça m'a bien appris aussi tout le mouvement de gauche, tellement de choses on été initiées ici dans notre circonscription. Le meilleur exemple qui est le plus proche, je pense, c'est celui de la grève étudiante en 2012. Cette région, je la porte dans mon coeur.
Je n’aurais pas pu, mettons me présenter à Longueuil ou Repentigny. 

Néomedia : Vous parliez à l'instant de la gauche, de ce qu'elle représentait justement pour les Québécois et les Québécoises. Les lignes politiques des différents partis semblent peut-être un peu moins claires, un petit peu moins lisibles que ce qu'elles ont pu être.
Qu'est ce que ça représente pour vous, en termes de valeur, d'être une candidate Québec Solidaire? 

Émilie Poirier : Être une candidate de Québec Solidaire s'est représenté les préoccupations du vrai monde. Je pense que justement je me demandais pourquoi la circonscription de voir moi, on a des enjeux auquel Québec Solidaire répond très spécifiquement, comme la justice sociale. Pour nous, c'est important, car notre circonscription est plus défavorisée et plus vieille. Et là, on a des enjeux très importants, qu'on adresse que très rarement. Et justement Québec Solidaire intervient sur ces enjeux. 
c'est aussi bien sûr toute la question environnementale. Vous l'avez nommée et notre circonscription est vraiment beaucoup touchée par cette question-là. On est moins résilients que dans votre circonscription, on a un couvert forestier d’à peine 10%. Ça, ce n’est vraiment pas beaucoup et ça fait en sorte qu’on est moins résilients. Demain matin, s’il y a une sécheresse, les agriculteurs vont en pâtir. Donc quand je dis vraiment c'est vraiment les enjeux dans le quotidien. C'est ça qu'il faut porter à l'Assemblée nationale. Et c'est ça les valeurs du Québec. 

Néomedia : Vous parlez du « vrai monde ». Pour bien comprendre, c’est quoi le « faux monde » ? 

Émilie Poirier : Pour moi le faux monde (et ce n’est pas du fond, on s'entend), c’est par exemple accorder le droit à Google de pouvoir venir s'installer sur nos terres agricoles, ici, dans notre circonscription. Pour moi, ça, c'est du fond monde. Ce sont des gens qui n'ont pas besoin de notre argent. Ils n'ont pas besoin qu'on les aide, ils sont déjà assez nantis comme ça. 
Le faux monde c'est c'est souvent des corporations qui utilisent souvent leur pouvoir auprès du gouvernement pour en acquérir encore plus. En acquérir davantage pendant qu'il y a du monde qui ont de la misère à se loger, qui ont de la misère à arrondir leurs fins de mois à se nourrir, qui sont de plus en plus nombreux à chercher de l'aide alimentaire.
C'est eux le vrai monde. Pour moi, ce sont des gens qui me ressemble et c'est pourquoi je les nomme vrai monde. C'est parce qu'ils sont en plus grande majorité. Et puis souvent, on va dire que on va parler des assistés sociaux. Mais pour moi, un assisté social, c'est une grosse corporation qui a déjà plus de sous, pas besoin d'aide, mais qu'on aide quand même
 

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Retrouvez la suite de cet entretien demain à 17h.

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