Malgré une victoire décisive contre Jean Pascal
L'heure de la retraite a bel et bien sonné pour Francis Lafrenière

Par Marie-Claude Pilon, Journaliste
À la suite de son combat contre Jean Pascal, le samedi 27 juin, Francis Lafrenière est catégorique: il ne compte pas faire une Dominique Michel de lui-même et sortir de sa retraite pour de bon. Au contraire, il accroche ses gants définitivement pour « respecter une promesse faite à sa femme et ses enfants. »
Moins de 48 heures après le combat du pugiliste originaire de Coteau-du-Lac, Néomédia a été en mesure de revenir avec lui sur cette fin de carrière de rêve. « J’ai pris ma retraite il y a six ans, mais je ne pouvais pas refuser un combat contre Jean Pascal, un boxeur que je respecte énormément et qui me permettrait de mettre la main sur le titre de champion nord-américain. J’avais annoncé, avant même notre face-à-face, que ce serait mon dernier combat à vie. Je ne pouvais pas rêver d’un meilleur scénario pour accrocher définitivement mes gants », constate d’entrée de jeu l’athlète de 38 ans.
Avec cette victoire, Francis a mis la main sur la ceinture de la catégorie NABA, en plus de se classer dans le top 15 mondial. « On a déjà des propositions qui entrent à la suite de ce gain et on s’attend à en recevoir d’autres. On a même laissé entendre qu’un combat revanche pourrait avoir lieu entre Jean Pascal et moi, mais ce ne sera pas le cas. Je compte bien respecter ma parole et rester en santé pour mes proches, dont ma femme que je surnomme affectueusement Doudoune et mes deux enfants de 15 et 13 ans.»
Un boxeur, mais avant tout un époux et un père
C’est d’abord et avant tout pour lui-même, mais surtout pour prouver qu’il pouvait avoir le dessus sur un boxeur de la trempe de Jean Pascal et faire le poids, que Francis a accepté de remonter dans le ring. « Mon entourage a été surpris, surtout après six ans de retraite. Au départ, ma femme et mes deux enfants n’étaient pas d’accord avec cette décision. On a eu une bonne discussion tous ensemble et ils ont accepté de me laisser revenir à la condition que je prenne ma retraite pour de bon ensuite. C’est maintenant à mon tour de respecter ma part du marché et la promesse que je leur ai faite.»
Lors de son premier retrait de la compétition, il y a six ans , ses enfants avaient 9 et 7 ans, contrairement à aujourd’hui où ils sont plus conscients. « Ils se souvenaient de m’avoir vu boxer, mais à l’époque, ils n’avaient pas connaissance des sacrifices que ça demande tant sur le plan physique que mental. Il faut s’entraîner plusieurs fois par jour en plus de bien manger. Ils ne réalisaient pas l’ampleur comparativement à ces dernières semaines où ils comprenaient.
Fort heureusement, son camp d’entraînement a bien été. « En novembre dernier, je me suis cassé la main gauche au 4ᵉ ou 5ᵉ round de mon combat contre Francy Ntetu. Par chance, cette blessure a bien guéri et ça ne me faisait plus mal lors des trois dernières semaines du camp.»
À propos de son adversaire, Francis, affirme que Jean Pascal, 43 ans, est un des plus grands boxeurs au Canada. « Il a une feuille de route impressionnante avec cinq victoires en championnat du monde et une participation aux Jeux olympiques. J’ai un énorme respect pour lui», confie celui dont les idoles sont Marvin Hagler et Arturo Gatti.
Et la foule dans tout ça? De l’avis du principal intéressé, elle était bien heureuse de retrouver celui qu’on surnomme le «People champ». « C’est incroyable la dose d’amour que j’ai reçue à ma sortie du ring. C’était puissant. Ça valait plus que la ceinture et la victoire. Jean Pascal a été hué par les supporteurs, ce qui prouve qu’il ne suffit pas d’être un champion du monde pour être aimé de la foule. On peut l’être aussi en étant une bonne personne et en offrant un bon spectacle. C’est le première fois que je me battais au Colisée de Laval et j’ai bien aimé le côté intimiste qu’on ne retrouve pas nécessairement au Centre Bell ou au Centre Vidéotron où je me suis aussi battu dans ma carrière.»
En plus de ses admirateurs, de ses commanditaires et de ses proches, Francis a pu compter sur le soutien des frères Howard et Otis Grant, bien connus dans l’univers de la boxe, avec qui il travaille depuis 21 ans.
Même si Francis accroche ses gants pour de bon, ils ne seront jamais bien loin dans le futur. « Je vais retourner à ma vie normale qui consiste à faire du lavage, du ménage, mais surtout à donner des cours privés à des gens motivés qui souhaitent garder la forme.»
