Elle développe le code l’Esprit Sportif
Violence dans le sport: Kathy Tremblay veut être de la solution
Par Christopher Chartier-Jacques, Directeur régional des contenus
La Pincourtoise Kathy Tremblay a représenté le Canada aux Jeux olympiques de Londres et Beijing. Ayant bénéficié du sport dans sa vie, elle trouve inconcevable que des comportements disgracieux privent des jeunes québécois de ce puits de bienfaits. Elle travaille sur sa solution: l’Esprit Sportif.
« Le problème c’est que l’actualité me donne toujours raison. Combien de fois a-t-on vu des reportages sur des gestes de violence physique ou de harcèlement dans les derniers mois ? », lance la dynamique sportive.
Devant ce constat implacable, l’éternelle optimiste s’est mise à la recherche de moyens proactifs d’aider les jeunes sportifs du Québec à se développer dans le plaisir et le respect dans le sport organisé amateur. Pour la triathlète, rester les bras croisés n’est pas une option.
« Les effets néfastes psychologiques et physiques des comportements malsains sont faciles à nommer, poursuit Kathy. La recherche se penche de plus en plus sur les conséquences à long terme et ce n’est pas joli.»
Elle a aussi un intérêt tout personnel avec la question. Ses deux fils sont eux-mêmes de jeunes sportifs. Impliquée dans divers associations sportives, la fondatrice de l’organisme BougeBouge a été témoin de la gestion de cas difficiles.
Sa solution
Elle a ainsi développé le code de conduite intitulé l’Esprit Sportif. Sa particularité est qu’il vise tous les intervenants du sport: sportifs, parents, officiels et entraîneurs.
« Le code vient en amont. Tous le signent d’avance. Ils acceptent ainsi d’engager leur responsabilité dans le respect des lignes du code. Ça simplifie la gestion des cas difficiles puisque tout le mécanisme est prévu d’avance et les intervenants l’ont accepté. On retire la tâche ardue et souvent inconfortable de l’élaboration d’un dossier et la négociation des conséquences. Ce sont les associations qui doivent gérer ça. Ce sont des bénévoles qui n’ont pas toujours le temps, les ressources et l’expertise pour piloter ce genre de cas. Souvent, on va laisser passer des incidents juste par épuisement devant un parent, par exemple », image-t-elle.
Déjà impliquée dans le monde communautaire, elle sait que les actions en amont sont les plus porteuses, d’où sa volonté d’outiller les intervenants.
L’Esprit Sportif prévoit aussi la formation de comités de bienveillance qui ont un rôle de soutien pour l’organisation. « Ce qui est particulier, c'est que la seule existence de ce comité diminue la fréquence des comportements indésirables », explique Kathy. En effet, elle puise son commentaire d’un fait vécu. Elle a commencé à disséminer son code de conduite en version pilote dans quelques organisations. Ses effets sont notables.
« Ce n’est pas juste un formulaire, précise-t-elle. Ça vient avec de la formation, particulièrement pour les entraîneurs. »
Et maintenant?
Pour Kathy, il n’y a ni de secret, ni de miracle à attendre: plus d’organisations l’Esprit Sportif ou un code similaire, plus on aura de chances de combattre collectivement le fléau de la violence dans le sport.
Dans cette optique, elle aimerait travailler avec le Protecteur de l’intégrité en loisir et en sport. À cet, elle a envoyé une communication à Isabelle Charest, la ministre du Sport, elle-même une ancienne olympienne.
« La création du poste du Protecteur était une bonne idée mais ça ne répond pas à une question fondamentale: comment les organisations peuvent-elles éviter à la base les gestes disgracieux. Il manque toujours ce volet proactif dans la réglementation », résume Kathy Tremblay.
Tous les détails de son projet se trouvent sur le site de l’Esprit Sportif.
