En entrevue avec un modéliste de navires téléguidés
Une passion qui se bâtit avec minutie, pièce par pièce

Par Maxim Ouellet, Journaliste, initiative de journalisme local
Depuis 1991, Carl Durocher expose et fait naviguer les répliques de bateau qu’il a lui-même montées en investissant des heures de travail dans la fabrication des pièces et dans la recherche de plans crédibles. Le mercredi 15 juillet, lui et son ami ont fait la présentation de certaines de leurs plus belles maquettes au Village des Écluses de Pointe-des-Cascades.
Le Campivallensien a fait voguer ses créations sur différents plans d’eau de la région, mais au-delà des balades, c’est un véritable travail d'artisan qui se cache sous chaque coque. Ses embarcations ne sortent pas d'une boîte. Chaque modèle est construit à partir d'instructions détaillées destinées à de vrais bateaux.
« À chaque fois, je dois aller chercher le plan, je le regarde, je l'étudie puis je dois trouver le matériel ; c’est tout du recyclage », explique le résident de Salaberry-de-Valleyfield en montrant la base de quelques canons: ils sont faits à partir de bouchons en plastique.
Des douilles de balles de calibre .22 peuvent devenir des canons et des contenants de pilules sont transformés en éléments structuraux. Le reste des morceaux, il les achète ou les modélise à l’aide d’une imprimante 3D.
La technologie au service de sa passion
« Certains refusent d’utiliser cette nouvelle technologie, pas moi. C’est un autre apprentissage après tout [… Je mets la cartouche dedans avant d’aller me coucher et quand je me lève le morceau est fait […] Ça coupe dans mes heures de fabrication », estime M. Durocher, qui peut mettre jusqu'à deux ans avant d’avoir terminé un navire. Un destroyer lui a par exemple demandé deux hivers complets de travail.
Néanmoins, il peut parfois dépenser des milliers de dollars pour un seul modèle. Ce n’est plus un simple hobby pour M. Durocher, c’est une réelle passion.
Un passe-temps transmis d’une génération à l’autre
À son décès, le père de Carl Durocher, un ancien officier de la marine, lui a laissé deux bateaux en pièces détachées. « Il avait commencé à les restaurer, mais ne les avait jamais terminées », souligne Carl. Un contact auprès d'un club de modélisme de l’Ouest-de-l’Île lui a ouvert les portes de ce monde, et la piqûre a été immédiate.
Depuis qu’il est installé dans la région, il n'a pas encore trouvé de groupe local, mais chaque année, il met ses bateaux au service d'une levée de fonds pour Jeunesse au Soleil.
Le 22 août prochain, il participera à la fête du village de Pointe-des-Cascades, où il espère réunir une vingtaine de bateaux ou plus sur l'eau, avec des amis venus d'aussi loin qu'Ottawa.
Sa collection compte aujourd'hui quinze navires navigants, auxquels s'ajoutent d'autres modèles rangés sur tablette.
Si certaines de ses pièces sont parfois à vendre, d’autres ont trop de valeur à ses yeux. La réplique du bateau d'un voisin fait prisonnier durant la Seconde Guerre mondiale. Celui-là, dit-il, n'est pas à vendre.
