Les problématiques s'aggravent selon Karine Giguère
Une nouvelle maison pour le Centre de Femmes La Moisson

Par Maxim Ouellet, Journaliste, initiative de journalisme local
Le mardi 16 juin avait lieu l’inauguration de la nouvelle maison de l’organisme Centre de femmes La Moisson à L'Île-Perrot. Cette ouverture marquait l'aboutissement d'un effort de relocalisation amorcé en 2022 et financé en partie grâce aux nombreuses levées de fonds tenues au cours des dernières années.
Élus municipaux, partenaires communautaires, intervenants et femmes bénéficiant des activités du centre se sont réunis pour souligner cette étape importante pour l’organisme communautaire.
Dans un contexte décontracté, le maire de L'Île-Perrot, Marc Deslauriers, a pris la parole pour saluer l'ouverture de ce qu'il a décrit comme un symbole de solidarité et un pilier essentiel du tissu social de la communauté: « À L'Île-Perrot, nous savons que la force d'une ville ne se mesure pas seulement à ses infrastructures, mais à la qualité des liens qui unissent ses citoyens. Une maison comme celle-ci, c'est un lieu de refuge, d'écoute et de partage. C'est ici que le tissu social se renforce, une rencontre à la fois », a-t-il déclaré. Selon lui, l’environnement repensé donne aux femmes les moyens de s’épanouir davantage.
Neomedia s’est entretenu avec la coordonnatrice Karine Giguère pour en savoir plus sur cette nouvelle maison qu’elle qualifie elle-même de « projet de longue haleine ».
Répondre à des besoins en constante évolution
Mme Giguère a rappelé l'ampleur du travail accompli par l'organisme, qui célébrait l'an dernier son 40ᵉ anniversaire. En 2025 justement, le Centre de Femmes la Moisson a enregistré 581 interventions individuelles représentant quelque 575 heures de soutien. Plus de 80 nouvelles femmes ont traversé pour la première fois les portes de la ressource.
Pourtant, la coordinatrice estime que beaucoup hésitent encore à demander de l’aide: « C'est pour ça que depuis deux ans, on mise vraiment sur la communication pour essayer de se faire plus connaître […], on veut comprendre leur besoin. »
Les services, maintenant offerts en français, en anglais et en espagnol, permettent à plus de femmes de demander de l’aide en sachant qu'elles seront écoutées. Comme c’est le cas pour la majorité des organismes communautaires, le Centre de Femmes La Moisson est aux limites de ses ressources.
Les problématiques auxquelles font face les femmes de la région, violence, santé mentale, logement, isolement, transport, demeurent présentes et s'accentuent.
« L'égalité entre les hommes et les femmes est loin d'être atteinte et ça ne va pas en s'améliorant. On le voit tous les jours: les femmes sont les plus défavorisées, sont celles qui ont la charge de la famille, et il y a beaucoup de troubles de santé mentale », explique Karine Giguère en réitérant l’importance de son centre.
Environ 80 % des interventions consistent à orienter les femmes vers les ressources spécialisées appropriées.
Le Centre de femmes La Moisson tiendra son prochain souper-bénéfice le jeudi 22 octobre à l'Auberge des Galants, avec comme présidente d'honneur Véronique Viau. Les détails seront communiqués prochainement par l'équipe de l’organisme, mais Karine sait d'ores et déjà que l'objectif de financement sera fixé à 50 000 $ soit 6 000 $ de plus qu’en automne dernier.
Penser par des femmes pour des femmes
Confronté à des contraintes d'espace, d'accessibilité et de stationnement dans ses anciens locaux, le conseil d’administration de l’organisme a évalué la possibilité de rénover ses espaces. Rapidement, cette option s’est avérée trop coûteuse et les membres se sont tournés vers le marché immobilier en vue d’un déménagement.
« À travers tout ça, les employés ont continué à donner des services », a tenu à préciser Claudine Léger, membre du conseil d'administration. « On a notamment aménagé l’espace en fonction de pouvoir éventuellement être 100 % adapté pour les personnes à mobilité réduite », a-t-elle poursuivi.
Bien qu’il reste des travaux complémentaires à faire, la maison offre une grande salle commune pouvant accueillir au moins 25 personnes, une cuisine, un espace d'intervention confidentiel et des bureaux pour les employées à l'étage. Une entrée distincte à l'arrière du bâtiment permet également aux femmes sans limitation d'accéder directement aux services sans avoir à passer par la porte avant. C’est plus discret ainsi.
