Au parc Delpha-Sauvé de Salaberry-de-Valleyfield
Première édition de l’APDIS en musique

Par Maxim Ouellet, Journaliste, initiative de journalisme local
Du vendredi 5 au samedi 6 juin, c'était la fête au parc Delpha-Sauvé de Salaberry-de-Valleyfield. Pour l’occasion, Véronique Labbé, Francis Degrandpré, Billie du Page et Marie-Mai étaient les invités. Rappelons que l’argent amassé grâce à la vente de billets servira directement à soutenir la mission de l'Association pour les personnes ayant une déficience intellectuelle du Suroît (APDIS).
Plus précisément, les fonds récoltés sont destinés au projet Défi Logis. Déjà, l’APDIS a été en mesure de bâtir un bloc de huit logements situé rue Bourget à Valleyfield, qui accueille des personnes de tous âges présentant une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l'autisme.
L'Association n’entend pas s'arrêter là pour autant: la liste d’attente étant grandissante, le développement d’un second immeuble d'une capacité de 16 logements est prévu d'ici cinq ans.
Entre deux prestations musicales, des locataires de ses logements ont indiqué aimer l’autonomie et le sentiment de communauté créés par l'entremise du Défi Logis.
Se réinventer afin de surmonter les obstacles
Pour la première fois en dix ans, l’APDIS a remodelé son festival de levée de fonds annuel pour en faire un événement rassembleur axé sur le spectacle. Le Festi-Bières du Suroît laisse donc sa place à l'APDIS en musique et « qui dit que dans les prochaines années, on ne verrait pas l’APDIS en humour », explique Patrick Hébert, président de l'organisme.
C'est une décision stratégique qui a motivé la transformation de l'événement. Face aux défis croissants liés à l'organisation de festivals axés sur l'alcool, l'APDIS a choisi « d'investir dans des spectacles de plus grande envergure pour égayer le quotidien de Valleyfield et des environs », résume le président de l’organisme.
Le pari semble avoir porté ses fruits dès la première édition : des festivaliers ont fait le déplacement depuis l'Ontario et le Québec, des données que l'organisation compile via sa billetterie en ligne afin de mesurer le rayonnement territorial de l'événement.
Si l’événement ne se concentre plus sur la découverte de nouvelles bières, il n'en demeure pas moins qu’en plus des nombreux kiosques de nourriture sur le site, les festivaliers avaient également accès à de l’alcool, notamment les bières de la microbrasserie du Vieux-Canal. « Ils font d’ailleurs un magnifique partenariat avec nous. [...] 50 % des ventes des bars s'en vont pour l’APDIS. C'est leur façon de contribuer à la cause », ajoute M. Hebert.
La Ville de Valleyfield apporte également un soutien financier et prête gracieusement du matériel à l'organisme. Tourisme Montérégie, de son côté, a contribué au rayonnement de l'événement qui est le premier de la saison estivale de Marie-Mai.
L’artiste d’abord et la cause par la suite
Interrogé sur la motivation des festivaliers, Patrick Hébert ne se fait pas d’illusion: « C'est l'artiste qui va attirer les gens et la cause va venir malheureusement en second plan. À l'inverse, ça peut arriver que certains nous disent: "on est venu pour la cause à 100 %". »
C'est précisément pourquoi l'organisation a misé sur des têtes d'affiche reconnues, malgré le coût que cela représente pour une association de cette taille. Le nouveau nom de l'événement n’est pas laissé au hasard non plus, l’objectif est de tracer un lien plus direct entre le festival et la mission de l’organisme qui est soutenue.
