Dossier: la CMM a 25 ans
Le logement dans une MRC «à cheval» sur la CMM
Par Christopher Chartier-Jacques, Directeur régional des contenus
L'année 2026 marque le 25e anniversaire de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM). Pour l'occasion, Néomédia publie un dossier sur la place de l'instance supramunicipale dans la vie des résidents de la région. Pour ce dernier volet, nous nous pencherons sur un autre élément de la cohabitation entre la CMM et la MRC de Vaudreuil-Soulanges.
Comme mentionné dans le premier texte de cette série, la CMM et les MRC partagent certains champs de juridiction. Parmi ceux-ci, notons l’aménagement du territoire et le logement. La MRC de Vaudreuil-Soulanges, comme quelques autres, a la particularité de voir ses municipalités membres presque divisées également entre les «métropolitaines» et les hors-CMM. En effet, 11 municipalités sont membres de la CMM et 12 n’en font pas partie. Cette réalité vient avec son lot de défis et de réponses régionales en matière de logements.
Pour faire un rappel rapide, seules les municipalités membres de la CMM sont soumises directement au Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD). Ce plan venait avec un « gel » des usages et du zonage sur le territoire mais aussi avec une obligation de densifier les secteurs mieux desservis en matière de transport collectif. Pour une région comme Vaudreuil-Soulanges, le PMAD n’a pas nécessairement aidé les ménages à faible revenu à se loger ou encore à devenir propriétaires. Les usages étant bloqués, la valeur des terrains résidentiels et des maisons ont augmenté rapidement et les secteurs densifiés sont devenus des zones recherchées, donc coûteuses. Certains ménages « métropolitains » ont donc fait le choix d’aller s’établir dans des municipalités limitrophes au territoire de la CMM. Les experts qualifient ce phénomène d’effet « saute-mouton ».
Double régime
En plus de ces considérations, l’existence de deux cadres d’aménagement dans Vaudreuil-Soulanges complexifie le financement des projets de logements abordables. En effet, rien n’est simple. La MRC est représentée par l’Office régional d’habitation (ORH) de Vaudreuil-Soulanges pour la planification et la gestion du logement social et abordable. En plus du financement du gouvernement du Québec, l’ORH finance ses projets par des versements municipaux. Or les villes membres de la CMM contribuent à un fonds métropolitain alors que les municipalités hors-CMM financent directement l’ORH. Chaque année, donc, la CMM verse une partie de son fonds en logement à l’ORH.
Des actions locales
Selon le directeur général de la MRC de Vaudreuil-Soulanges, toute cette mécanique (pour ne pas dire gymnastique) ne change rien à un fait important: « Les élus de la région sont mobilisés pour faire avancer les projets de logement. Ils voient localement des phénomènes qu’on ne voyait pas il y a quelques années encore comme l’itinérance. Comme MRC, on doit créer des occasions de travailler ensemble pour que les personnes qui vivent ici puissent habiter la région mais aussi le faire dignement. »
À titre de mobilisation régionale, il évoque l’organisme Toit d’abord qui fait collaborer les municipalités avec l’ORH pour faire avancer des projets novateurs. La photo qui accompagne cet l’article est d’ailleurs un projet élaboré par l’organisation.
Pour terminer, le directeur général mentionne que la relation entre la MRC et la CMM est basée sur la collaboration. Il compte sur cette bonne entente pour faire avancer des éléments importants pour les résidents de la région à commencer par lisser ce qu’il qualifie « effet de frontière ».
« La confrontation entre les deux instances est stérile. La CMM, comme les MRC et les municipalités, sont des outils de mise en œuvre des politiques des gouvernements supérieurs. Nous devons travailler ensemble dans ce cadre », conclut-il.
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