Dossier: la CMM a 25 ans
Les réalités d'une MRC «à cheval» sur la CMM
Par Christopher Chartier-Jacques, Directeur régional des contenus
L'année 2026 marque le 25e anniversaire de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM). Pour l'occasion, Néomédia publie un dossier sur la place de l'instance supramunicipale dans la vie des résidents de la région. Pour ce quatrième volet, nous nous pencherons sur la cohabitation entre la CMM et la MRC de Vaudreuil-Soulanges.
Comme mentionné dans le premier texte de cette série, la CMM et les MRC partagent certains champs de juridiction. Parmi ceux-ci, notons l’aménagement du territoire, le logement ainsi que le transport collectif. La MRC de Vaudreuil-Soulanges, comme quelques autres, a la particularité de voir ses municipalités membres presque divisées également entre les «métropolitaines» et les hors-CMM. En effet, 11 municipalités sont membres de la CMM et 12 n’en font pas partie. Cette réalité vient avec son lot de défis.
Sur les questions d’aménagement, Alexandre Lambert, le directeur général de la MRC de Vaudreuil-Soulanges n’en fait pas trop de cas. « Le Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD) de la CMM mise sur la densification du territoire. Cette vision s'intègre à l’évolution du territoire de Vaudreuil-Soulanges dans son ensemble », tempère-t-il.
Il ajoute, du même souffle, que les municipalités hors-CMM, bien que non soumises directement au PMAD, doivent respecter un cadre réglementaire qui se colle sur le cadre métropolitain. « Le schéma d’aménagement des municipalités dites limitrophes doit être conforme aux objectifs du PMAD », explique l’administrateur.
Selon lui, il n’existe pas de barrière étanche en termes d’aménagement entre les deux catégories de municipalités.
Le transport: métropolitain ou régional?
Pour étayer sa pensée, il prend la question du transport en exemple. Rappelons que le transport est fondamental dans le PMAD. « Quand on impose des obstacles administratifs dans des domaines où les frontières n’existent pas dans l’esprit des gens, on nuit ultimement à la qualité de vie », lance Alexandre Lambert. Il fait référence au fait que le transport collectif dans Vaudreuil-Soulanges est soumis à deux régimes: les villes membres de la CMM sont sous le giron de l’Autorité régionale de transport métropolitain alors que les autres municipalités ne le sont pas.
Cette situation force la MRC à travailler à des solutions pour développer une offre de transport collectif intrarégional alors que le financement est quasiment inexistant. Alexandre Lambert donne l’exemple d’une desserte locale pour relier, par exemple, le cégep de Valleyfield, l’hôpital de Vaudreuil-Soulanges et les gares avec toutes les municipalités du territoire.
« L’accès au transport est un déterminant de la santé de plus en plus important. Au-delà des divisions administratives abstraites, c’est une question de qualité de vie pour la réalité locale », synthétise le directeur général.
Pour atténuer les enjeux liés à des cadres différents en matière de planification de l’aménagement et du transport, la solution ne serait-elle pas de voir toutes les municipalités de Vaudreuil-Soulanges joindre la CMM? Monsieur Lambert sourit avant de répondre: « Quand la CMM a été créée en 2001, elle se collait sur la notion statistique de Région métropolitaine de Montréal (RMR). Celle-ci se définit par les municipalités où 50 % des travailleurs et plus travaillent dans le secteur métropolitain. Je crois que si l’on fait la même division aujourd’hui, la RMR couvrirait presque toute Vaudreuil-Soulanges. C’est une décision politique. »
Nous conclurons cette série de texte avec le partage des compétences en logement et la collaboration future entre les deux instances.
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