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Témoignage d'une proche aidante

« Ce n'est pas facile, l'épuisement me guette, mais je l'aime»

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21 février 2026
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Marie-Claude Pilon
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Par Marie-Claude Pilon, Journaliste

Pour s’occuper de son conjoint âgé de 80 ans qui souffre d’un cancer du pancréas depuis mai 2025, Lorraine de Saint-Lazare, a dû quitter son emploi à temps partiel. Comme plusieurs proches aidants, elle craint les ennuis financiers et l’épuisement. Néomédia s’intéresse à sa réalité. 

Face à la perte d’autonomie de son conjoint, un ancien policier, Lorraine âgée de 70 ans, n’a eu d'autre choix que d’aviser son employeur qu’elle devait cesser de travailler pour pouvoir prendre soin de ce dernier. En plus de se battre contre la maladie, pour laquelle il suit des traitements de chimiothérapie, il commence aussi à avoir des pertes de mémoire. 

« Il a aussi commencé à faire du diabète en septembre dernier et en décembre, il a fait un infarctus, ce qui n’a pas aidé à améliorer son état de santé. Quand j’ai fait ma demande de chômage, on m’a répondu qu’il me manquait 46 heures de travail pour que je sois admissible. Présentement, on n’a aucun revenu et on ne vit seulement qu’avec le fonds de pension de mon mari. On n’est pas dans la misère, mais c’est quand même difficile. Ça fait 40 ans qu’on est ensemble. C’est dur de le voir comme ça. Il a toujours eu une vie mouvementée et active. Il a lui-même construit notre maison », témoigne-t-elle au bout du fil. 

En tant que proche aidante, elle gère les rendez-vous médicaux de son conjoint, les déplacements nécessaires pour s’y rendre en plus des changements dans l’alimentation de son conjoint. « Une chance qu’on a de l’aide d'organismes comme le Carrefour Bienveillance 50 +. Là-bas, je rencontre des gens qui vivent la même chose que moi et on peut échanger sur nos réalités. Ça me fait du bien. Il y a aussi le CLSC sur qui on peut compter. Notre famille ne peut pas vraiment nous épauler. Le frère de mon mari a 82 ans et nos enfants ne demeurent pas dans la région. Ils ont leurs occupations quotidiennes comme leur propre famille et le travail. »

Elle admet que malgré ce soutien, la situation est épuisante tant physiquement que moralement. « Pour le moment, mon mari peut se déplacer dans la maison, qui est bien adaptée pour lui, en déambulateur. Il a un collier qui prévient les autorités s'il chute en mon absence. Son moral n’est pas au sommet et on peut dire qu’il est en dépression. Il oublie souvent de manger. J’essaie de ne pas quitter la maison très longtemps. Je vais faire les courses durant sa sieste », ajoute-t-elle. 

Ce rôle d’aidante naturelle n’est pas le premier qu’elle occupe dans sa vie. Dans sa jeunesse, à 14 ans, son père est décédé et elle a dû s’occuper de sa mère qui était semi-voyante. 

Un rôle peu valorisé 

À ses yeux, le rôle de proches aidants est peu valorisé au Québec. « C’est comme si le fait d’être proche aidante de son conjoint était moins important, vu que c’est dans la nature des choses de prendre soin de la personne qui partage notre vie. Mais c’est aussi demandant de le faire que pour les autres proches aidants qui épaulent un parent ou un enfant. Fort heureusement, le CLSC nous aide. On n’est pas dans le trouble, mais c’est difficile financièrement et l’épuisement me guette. Ce n’est pas facile, mais je n’ai pas le choix. Je l’aime.» 

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