Déficit en investissement municipal
Marie-Claude Nichols revient sur la visite du ministre Poulin
Par Christopher Chartier-Jacques, Directeur régional des contenus
Le ministre des Affaires municipales et de l’Habitation Samuel Poulin était de passage à Les Coteaux pour visiter la toute nouvelle caserne de l’endroit. En entrevue avec Néomédia, il avait souligné qu’aucun gouvernement n’avait autant investi auprès des municipalités que les gouvernements de la Coalition avenir Québec (CAQ). Dire que la députée de Vaudreuil Marie-Claude Nichols a un point de vue diamétralement opposé relèverait de l’euphémisme.
Rappelons d’entrée de jeu que la députée sous la bannière du Parti libéral du Québec (PLQ) est la vis-à-vis du ministre Poulin à titre de porte-parole officielle de l’Opposition en Affaires municipales et l’habitation.
« Nous étions tous deux aux Assises de l’Union des municipalités du Québec où différents maires se sont exprimés. Je crois que nous n'avons pas obtenu la même perception des propos », souligne la députée en référence à une litanie d’élus qui ont profité de cette tribune pour décrier leur incapacité à combler les déficits en matière d’entretien des infrastructures.
Elle poursuit: « Je pense que nous sommes tous en mesure de voir que les infrastructures au Québec pètent de partout. Je prend la situation des réseaux d’aqueduc qui sont à bout de souffle dans de nombreuses municipalités. »
Pour l’ancienne mairesse de Notre-Dame-de-l’Île-Perrot et préfète de la MRC de Vaudreuil-Soulanges, les gouvernements de la CAQ ont laissé s’installer un cercle vicieux: des urgences arrivent en raison de la vétusté, on doit rapidement colmater, on vide les coffres de l’État sans laisser d’argent pour investir dans des projets structurants comme du logement. Tout émane d’une volonté de répondre aux besoins initiaux des municipalités résume Marie-Claude Nichols. « En parallèle, le gouvernement ne cesse d’ajouter de nouvelles responsabilités aux municipalités sans fournir des sommes supplémentaires », précise-t-elle.
À la suite des Assises, le monde municipal a obtenu une bonne nouvelle. En effet, les gouvernements de Québec et d’Ottawa se sont entendus sur le transfert de 10 milliards $, justement pour les projets en infrastructures. « On ne peut dire, d’un côté, que la CAQ verse assez d’argent aux villes et, de l’autre, se réjouir de cette bouffée d’argent frais. Il y a une contradiction. On aurait pas besoin d’argent si les municipalités en avaient déjà trop comme semble le prétendre le ministre », analyse Mme Nichols.
Enfin, elle rejette complètement l’affirmation du ministre selon laquelle jamais un gouvernement a autant versé d’argent en maintien des infrastructures municipales. « Le montant de 7,3 milliards $ est exactement le même que ce que le dernier gouvernement du PLQ versait. Entre-temps, les prix ont explosés; d’où pourquoi tout pète. Le ministre Poulin aime souligner que le gouvernement a construit des écoles et des services de garde. Ces dépenses ne sont pas sous des compétences municipales. Ça n’a rien à voir. Le montant de 7,3 milliards n’a pas changé depuis 2018 », conclut-elle.
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