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Élections provinciales du 3 octobre 2022

Entrevue avec Paul Lynes - 2ème partie

durée 16h30
25 septembre 2022
durée

Temps de lecture   :  

7 minutes

Par Jean-Michel Lhomme, Journaliste
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Paul Lynes est le candidat d'un parti qu'il a cofondé à l'occasion de ces élections : Démocratie Directe. le 3 octobre il sera candidat dans le comté de Vaudreuil. Rencontre.

Dans cette seconde partie, le candidat explique ce que ça méthode peut changer en terme de santé et de pouvoir d'achat.

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J'essaye de bien comprendre comment votre démocratie directe pourrait fonctionner. Plutôt que des réponses toutes faites, ce que vous proposez à chaque fois, c'est de consulter le peuple. Comment est-ce que cela fonctionnerait ?

Prenons l'exemple du pont de l'île aux tourtes est-ce que vous proposez deux-trois projets et vous demandez aux électeurs de choisir ou est-ce que vous leur soumettez des questions d'ordre très général comme « faut-il faire passer le REM sur le pont » sans forcément préciser cela fonctionnerait au quotidien ? 

Paul Lynes : « Comme quand on dit, on fait un peu l'aïkido. On sait utiliser ce qui est déjà là pour s'en servir. Puisqu’on a plusieurs partis qui viennent avec des propositions, prenons ces propositions (même celle de démocratie directe) et regardons les effets économiques à court terme et long terme et les bénéfices à court terme et long terme pour la population. Avec toute l'information de chacun de ces projets de loi, laissons le peuple prendre une décision et la majorité gagnera.

C'est comme ça qu'on instaura les futurs projets de loi. Et encore une fois, nous sommes convaincus que nous sommes imputables. Nous, nous avons des contrats d'engagement et d'imputabilité envers le peuple qui nous engage à tenir nos paroles. C'est comme ça que ça fonctionne. »


Restons sur cet exemple. Vous l'avez dit, vous prenez les propositions des différents partis, dont une qui provient de votre parti (Démocratie Directe). Imaginons par exemple qu’après avoir soumis au vote un projet, ce soit celui d’un autre parti qui gagne.  Que ferait le député démocratie Directe avec un projet qui n’est pas celui auquel il croit ? Quelle sera votre position dans ce cas-là ? Démissionnez-vous ou au contraire, assumerez -vous ce projet concurrent et assurerez-vous sa réalisation

Paul Lynes : « Il n'y a pas de concurrence. Si le peuple veut aller avec le projet de Québec Solidaire mais que c’est nous qui avons été élus, c’est là qu’il faudra faire valoir la démocratie directe.

Parce que nous, nos grandes lignes, c'est qu’on vote pour des projets de loi ensemble. Ça suffit la division. Parlons des vraies solutions. Ce n'est pas de qui que ça vient qui compte, mais comment on va le mettre en place ensemble. » 


En termes d'écologie et d'environnement, plusieurs visions s'opposent. Parmi les clivages, il y a ceux qui veulent la mise en place de mesures punitives, par exemple sur les voitures avec la mise en œuvre de taxes sur les voitures les plus polluantes et ceux qui préfèrent instaurer des mesures incitatives comme, par exemple, la mise en œuvre de la gratuité des transports en commun. Quelle est la vision que vous portez ?

Paul Lynes : « C'est tellement un gros enjeu, tellement une grosse question. On parle de pollution mondiale. On parle de contribuer à réduire les émissions de gaz à effets de serre (GES). Réduire la pollution c’est ça. 

Est-ce que la solution est vraiment d’aller vers l'électrique ? Est-ce que le problème c’est la pollution des autos ? Si on regarde toutes les autres choses qui se passent la planète et je prends toujours comme exemple la Chine qui produit tellement de choses pour le Québec. Des choses qu’on pourrait faire chez nous sans problème. C'est sûr que les coûts seraient un peu plus élevés, mais on économiserait les moyens de transport utiliser pour apporter ça de Chine jusqu'ici à Montréal. 

Nous on croit on croit fondamentalement que les autos ce n'est peut-être pas l'enjeu majeur sur la pollution. L'électricité, ce n'est pas la solution. Encore une fois, qu'est-ce que nous allons faire avec toutes ses batteries lithium une fois qu'il va falloir les disposer ?

On n'est pas encore rendu là. Mais on voit déjà qu’aux États-Unis c’est un problème majeur :  pas assez d'électricité, pas assez de bornes. Aux États-Unis, ils ne sont pas capables de fabriquer les autos électriques.
Le gros enjeu majeur c’est la pollution mondiale qui est beaucoup plus dangereuse que juste les autos. »


Le prochain mandat verra l'ouverture du tout nouvel hôpital de Vaudreuil-Soulanges. Avec ce nouvel équipement peut-on considérer que le sujet de la santé dans Vaudreuil est traité et qu'il faut se concentrer sur d'autres enjeux ? 

Paul Lynes : « Il est loin d'être traité !  Parce que là, c'est le personnel qui va manquer. Ça fait des années qu'on veut mettre l'hôpital en marche, qu’on veut le construire. Voyons si ça va être conclu dans les années à suivre comme promis. 

Mais je pense que le gros problème après ça, c’est le personnel. Où va-t-on trouver les docteurs pour l'hôpital de Vaudreuil alors qu’on voit que les médecins de famille dans Vaudreuil sont en grand manque.

Comment va-t-on fournir les docteurs et le staff à cet hôpital ? Surtout que l’on constate que tout le monde va vers le privé ? Tout le monde s'en va ailleurs parce que le public ne paye pas assez et n’en fait pas assez pour garder l'ambiance de travail. » 


Vous insistez sur la pénurie de personnel et de main-d'œuvre. Est-ce que vous êtes de ceux qui pensent que la solution passe par le recours à l'immigration ? 

Paul Lynes : « Tout le monde parle de ça. Tout le monde pense que le gros recours, c’est l'immigration. Or, quand ils vont venir de leur pays, malgré leur graduation, il va falloir qu'ils repassent par des cours pour être capables d'enseigner ou de pratiquer ici, au Québec. C'est sûr qu'il y en a qui disent qu’il faudrait qu'on signe les papiers pour qu’ils puissent commencer à travailler tout de suite et qu’on les révisera plus tard.

C’est peut-être une partie de la solution, mais je crois fortement qu’on va trouver la meilleure solution à travers toutes les propositions. Après les évaluations de chacun des partis, chacune des propositions comme celle de rehausser les salaires, de regarder où on peut aller chercher de l'argent ailleurs.

Par exemple, le projet de loi 6 qui a été mis en place a coûté 5 milliards de dollars. Si on était passé par un référendum et qu’on avait présenté les bons enjeux (est-ce qu'on améliore notre système de santé ? est-ce qu’on investit pour mieux payer notre staff) est-ce que le peuple aurait choisi d’instaurer une identité numérique qui coûte 5 milliards ? 

C'est là que nous, on pourrait mieux gérer notre portefeuille québécois. Je pense que les Québécois ensemble, on pourrait se dire qu'on l'aurait mis dans la santé ou dans l'éducation avant d'instaurer une identité numérique. » 


Tout porte à croire que l'inflation va encore rester à un niveau élevé lors des prochains mois. Pensez-vous que c'est le rôle d'un gouvernement de compenser les pertes de pouvoir d'achat des citoyens ? 

Paul Lynes : « Non parce que même en compensant, on va payer pour au bout de la ligne. C'est une situation économique.

Encore une fois, la question c’est comment peut-on acheter ailleurs et mettre notre argent dans des compagnies internationales plutôt que garder notre argent au Québec et faire vivre l'économie québécoise ? 

Ça revient beaucoup à nos compagnies internationales sur nos ressources naturelles. On parle de notre eau, on parle de de nos ressources naturelles, qu'elles soient minières, peu importe, sont grandement incorporé par des compagnies internationales.

Il faudrait privatiser nos ressources au Québec, garder l'argent chez nous pour pouvoir combattre cette inflation-là on peut commencer à acheter local, commencer à faire pousser nos propres fruits et légumes dans des serres à la maison. Ainsi on va beaucoup mieux gérer, générer des emplois et garder l'argent chez nous pour combattre l'inflation. »


Tout votre projet avec démocratie directe, c'est de faire des référendums, des consultations très régulières. Or, on constate que de moins en moins de Québécois se présentent aux urnes pour exprimer leur point de vue et voter. Comment convaincre les abstentionnistes de voter en commençant par voter le 3octobre prochain ?

Paul Lynes : « Je vais vous le dire, il faut redonner l'importance au vote. 
Pour l’instant ce n’est pas le cas parce que les promesses ne sont jamais tenues. Et on est toujours là à choisir le moins pire des partis. Parce qu’on peut aimer 70% d’une plateforme électorale, puis accepter les 30% qui ne vous plaise pas par que, au final, c’était la plateforme la plus proche de vous. 
Dans une démocratie directe, on va rapporter de l'intérêt. Les électeurs vont vouloir voter et participer à une vraie démocratie où la parole est entendue 365 jours par an.  

Faire une vraie démocratie, c'est aussi faire que la séparation de pouvoir soit mise en place et que les citoyens aient plus parole sur leur propre portefeuille québécois. 

Une fois qu'ils vont toute l'information, ils feront les meilleurs choix. Le portefeuille sera mieux géré à partir de nos décisions que celles des corporations privées ou internationales. Il va y avoir de vrais changements qui viennent de nous.

C'est comme cela qu'on va aller redonner l'intérêt aux électeurs de voter immédiatement. C'est sera plus facile avec un député Démocratie Directe élu le 3 octobre. À Vaudreuil, on pourrait redonner l'intérêt aux électeurs de vouloir voter et participer à une vraie démocratie. »


Que ferez-vous le quatre octobre au matin? 

Paul Lynes : « On est un mouvement qui va se déployer partout au Canada. Alors dès le 4 octobre, nous avons de grands projets.

C'est sûr qu'on va continuer à être en élection constante pour le Québec et pour le Canada. Pour se faire connaître, promouvoir et essayer de propager cette démocratie. Nous continuons à travailler le fédéral qui s'en vient on s'en va s’y employer. On a déjà pu aller voir des municipalités pour mettre en place une plateforme interactive, pour aller chercher le pouls et une participation du peuple.

D’une manière ou d’une autre, on aimerait instaurer une vraie démocratie. Peu importe que ce soit au niveau municipal, provincial ou fédéral, ça n'arrêtera pas pour nous. » 

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À lire également : 

Entrevue avec Paul Lynes (DD) : Partie 1

Entrevue avec David Hamelin-Schuilenburg (PaCQ) : Partie 1 - Partie 2

Entrevue avec Christopher Massé (PQ) : Partie 1 - Partie 2

Entrevue avec Eve Belec (CAQ) : Partie 1 - Partie 2

Entrevue avec marie-Claude Nichols (PLQ) : Partie 1 - Partie 2

Entrevue avec Cynthia Bilodeau (QS) : Partie 1 - Partie 2

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