Selon un sondage réalisé par l'ADIM Suroît
Près de la moitié des services éducatifs en milieu familial pourrait disparaître d'ici 2023
Selon un sondage mené par l’ADIM Suroît, affilié à la Fédération des intervenantes en petit enfance du Québec, près de 3640 familles de la région pourraient se retrouver sans services de garde en milieu familial d’ici trois ans. Au niveau national, c’est 47 % des responsables de ceux-ci qui indiquent avoir songé à cette alternative.
Cette décision pourrait découler des offres monétaires actuellement proposées par le gouvernement. « Présentement, la loi nous oblige à travailler 50 heures par semaine pour un salaire de 12 42 $ de l’heure soit moins que le salaire minimum au 1er mai 2020 qui sera de 13,10$. Ce qu’on demande au gouvernement, c’est de nous rémunérer adéquatement, soit 16, 75 $ ce qui équivaut au salaire d’une éducatrice non formée qui a un an d’expérience », explique Mélanie Piché, présidente de l’ADIM-Suroît.
Soulignons que ce regroupement représente 700 responsables de services éducatifs en milieu familial dans la grande région du Suroît, soit de Pointe-Fortune jusqu’à La Prairie. À lui seul, le secteur de Vaudreuil-Dorion abrite 125 services de ce Tye sur son territoire. En moyenne, chacun d’entre eux accueille 5,2 enfants par semaine. À l'échelle provinciale, ce sont 10 000 RSE qui sont concernés par les négociations en cours.
Au quotidien, les RSE ont les mêmes tâches que les éducatrices en service de garde, à peu de choses près. « On doit s’occuper des repas et des collations. Actuellement, le ratio est de six enfants par responsable ou neuf si cette personne a une ressource pour l’aider », image-t-elle.
Six cents d’augmentation
En décembre dernier, le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe a déposé une offre aux responsable de RSE. « Pour la première année, on parle d’une augmentation de 0,06 cents de l’heure. Pour les 2e et 3e année, l’augmentation se chiffrerait à 1,75 %. Pour la 4e année, elle équivaudrait à 1,5 % alors que pour la cinquième année, on parlerait de 1%. S’il fallait qu’on assiste à la fermeture d’un service éducatif en milieu familial sur deux au Québec, on parle de milliers de places qui disparaîtraient au cours d’ici 2023. Ce serait une véritable hécatombe », ajoute-t-elle.
Pour la présidente de l’ADIM SUROÎT, Mélanie Piché, si le gouvernement ne bonifie pas de façon significative ses offres monétaires, c’est clair que cela pourrait avoir de graves conséquences pour les parents de la région du Suroît et leurs enfants.
« Depuis deux semaines, on tient des moyens de pression qui se traduisent par des ouvertures de nos milieux de garde plus tard le matin. Si les négociations n’avancent pas prochainement, on ouvrira avec 45 minutes de retard ce vendredi 14 février. On ne veut pas non plus faire payer les parents, mais M. Lacombe doit comprendre. »
Elle demande à ce dernier de convaincre son collègue, Christian Dubé, président du Conseil du trésor, de délier les cordons de la bourse pour faire des propositions monétaires plus respectueuses. « Les RSE veillent chaque jour au développement de nos tout-petits et accomplissent un travail pour lequel tous les parents leur sont très reconnaissants. Elles méritent beaucoup plus que l’offre méprisante qui leur a été faite, soit une augmentation équivalant à six sous l’heure. Ce n’est pas digne d’un gouvernement qui disait vouloir faire les choses autrement », conclut la présidente de l’ADIM SUROÎT.
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