Le café bistro du centre hospitalier portera le nom d'une de ses chansons
Félix Leclerc à l'honneur au futur hôpital de Vaudreuil-Soulanges

Par Marie-Claude Pilon, Journaliste
En plus d'être représenté sur la tour d'eau de Vaudreuil-Dorion, le grand Félix Leclerc, figure emblématique de la chanson au Québec, sera aussi bien mis en lumière au coeur même du futur hôpital de Vaudreuil-Soulanges. En effet, le nom d'une de ses chansons sera attribué au futur café bistro qui prend place au coeur de l'établissement de santé de 404 lits qui ouvrira ses portes en 2028.
« Nous sommes très heureux d’apprendre aujourd’hui que le nom Le P’tit Bonheur a été retenu pour le café du nouvel Hôpital de Vaudreuil-Soulanges. Ce nom est à la fois évocateur et profondément significatif pour Vaudreuil-Dorion. Il rend hommage à Félix Leclerc, qui a habité notre ville et dont la célèbre chanson « Le p’tit bonheur » a été écrite ici, tout comme la pièce de théâtre du même nom, également créée et jouée dans la région. Dans le contexte d’un hôpital, ce choix prend tout son sens : il rappelle l’importance des petits moments de réconfort. C’est un nom à la fois enraciné dans notre patrimoine local et porteur d’une grande humanité. Si vous souhaitez en apprendre davantage sur Félix Leclerc, nous vous invitons à visiter la seule maison qu’il a habitée et qui est ouverte au public : 186, chemin de l’Anse, à Vaudreuil-Dorion », précise Danick Denis, président Les Amis de Félix Leclerc à Vaudreuil.
Celui qui est reconnu comme le père de la chanson québécoise, Leclerc est l'une des plus importantes personnalités culturelles de l'histoire du Québec. Son oeuvre compte près de 150 chansons originales pour la plus grande majorité, composées ici, à Vaudreuil-Dorion.
Félix Leclerc, né le 2 août 1914 à La Tuque, a résidé à Vaudreuil de 1945 à 1966, une période féconde marquée par la création de plusieurs de ses chansons les plus emblématiques, dont « Moi, mes souliers », « Le P'tit Bonheur » et « L'Hymne au printemps ». En 1956, il fait l'acquisition du 186 chemin de l'Anse, résidence qui appartenait à l'agriculteur Émilien Denis.
Cette maison est aujourd’hui le seul bâtiment qu’il a habité encore existant dans la région. Félix Leclerc a également résidé dans deux autres maisons à Vaudreuil-Dorion avant de s'établir sur le chemin de l’Anse.
Durant cette période, il publie notamment Le Fou de l’Île (1958), Le Calepin d’un flâneur (1960), une autobiographie ainsi que plusieurs pièces de théâtre. En 1958, le réalisateur Claude Jutra y tourne le documentaire Félix Leclerc, troubadour.
L’auteur privilégie la mansarde comme lieu d’écriture, tandis que la grange – aujourd’hui disparue – qu’il surnommait « l’auberge des morts subites », servait de lieu de répétition pour la pièce du même nom, présentée à Montréal en 1963.
Classée immeuble patrimonial en 2009, la maison est devenue un lieu de mémoire et de diffusion culturelle.
Transformée en centre culturel par la Ville de Vaudreuil-Dorion, la Maison Félix-Leclerc perpétue la mémoire de l’auteur-compositeur dans un cadre paisible, en bordure du lac des Deux Montagnes. Les lieux reflètent toujours l’esprit de celui qui s’y retirait pour écrire, rêver et cultiver un art libre et profondément québécois.
Une vie consacrée aux arts et à la culture
Avant de devenir une figure centrale de la chanson québécoise, Félix Leclerc a exercé plusieurs métiers et collaboré à des séries radiophoniques, notamment à Radio-Canada. Il s’est fait remarquer dès les années 1940 pour son talent de scripteur, d’acteur et de dramaturge.
C’est toutefois en tant que chansonnier qu’il a marqué l’histoire. Repéré à Montréal par l’impresario parisien Jacques Canetti, il connaît une renommée fulgurante en France dès 1950, avant de revenir au Québec et de poursuivre une carrière transatlantique.
En 1977, il reçoit le prix Denise-Pelletier pour l’ensemble de son œuvre dans les arts de la scène. Il s’éteint à l’Île d’Orléans en 1988, à l’âge de 74 ans.
Un héritage culturel indélébile
Félix Leclerc a pavé la voie à toute une génération d’artistes engagés. Son œuvre poétique et militante, enracinée dans la langue française et la vie rurale, a façonné l’identité culturelle du Québec.
Son influence perdure aujourd’hui, notamment à travers les Prix Félix, l’autoroute Félix-Leclerc, et de nombreuses institutions portant son nom. D'ailleurs, à Vaudreuil-Dorion, l'école primaire l'Hymne-au-Printemps a été nommée ainsi en mémoire de l'artiste qui a composé cette pièce, sur le chemin de l'Anse.
Soixante-dix ans après son installation sur le chemin de l'Anse, Santé Québec Montérégie-Ouest dévoile que le futur bistro de l'Hôpital de Vaudreuil-Soulanges portera le nom Le P'tit bonheur. C'est à la suite d'un sondage en ligne qu'il a été déterminé. Près de 4 000 personnes y ont pris part, soit 2 859 citoyens, 1 081 employés, 36 médecins et 95 partenaires. La suggestion a obtenu 1 507 votes, soit 37 % des voix, ce qui lui a permis de se hisser au premier rang.
