La Semaine québécoise des popotes roulantes est en cours
Incursion dans l'univers d'un service essentiel: la popote roulante
Les bénéficiaires ont eu droit à un filet de poisson sauce tartare sur riz. Une soupe et un dessert accompagnaient le repas chaud
Parmi les bénévoles qui assurent le bon fonctionnement de la popote roulante, on retrouve Robert Poirier qui s’y implique à raison de trois jours par semaine, et ce, depuis les tous débuts du service
Tout comme boire, respirer, dormir et se vêtir, manger est un besoin vital de tous les êtres humains. Mais pour certains, cuisiner pour le faire peut être compliqué en raison de contraintes physiques ou d’une autre problématique. C’est pourquoi ils se tournent vers un service essentiel dans la communauté: les popotes roulantes.
Le mercredi 13 mai, l’autrice de ces lignes, a pu, le temps de quelques heures, être une baladeuse bénévole pour le service de popote roulante du Centre communautaire des aînés de Vaudreuil-Soulanges (CCAVS). C’est dans le cadre de la Semaine québécoise des popotes roulantes, en cours jusqu’au samedi 16 mai, que l’invitation a été lancée.
Ce jour-là au menu ? Les bénéficiaires ont eu droit à un filet de poisson sauce tartare sur riz. Une soupe et un dessert accompagnaient le repas chaud. Notons qu’un deuxième choix est aussi offert sur le menu pour offrir plus de variétés aux bénéficiaires.
600 clients et 50 000 repas cuisinés par année
À ce jour, l’organisme compte 600 clients et distribue annuellement 50 000 repas chauds aux aînés qui en sont bénéficiaires. « Nous offrons ce service depuis maintenant douze ans à des aînés qui résident dans la région de Vaudreuil-Soulanges. Cependant, nous avons peu de bénéficiaires sur l’Île-Claude ou encore à Hudson ou Saint-Lazare où le niveau de vie est plus élevé que dans le reste de la région. Toutefois, ça nous fera plaisir d’y aller si nous avons des demandes en ce sens», indique la directrice générale du CCAVS, Josée Champagne.
Pour pouvoir s’inscrire et profiter de ce service alimentaire roulant, les aînés doivent être âgés de 70 ans et plus. « Il y a une exception toutefois. Si quelqu’un est référé par son CLSC et qu’il n’a pas cet âge, on va l’accepter comme bénéficiaire. Souvent, ce sont des gens qui se retrouvent, de manière temporaire, dans l’impossibilité de cuisiner.»
Un service déficitaire, mais essentiel
Pour déguster une soupe, un repas chaud et un dessert, les bénéficiaires doivent débourser 8, 50 $ par repas, sans taxes ni pourboires nécessaires. « Les repas sont cuisinés ici dans nos locaux de Saint-Polycarpe avant d’être livrés. Le service est offert les lundis, mercredis et jeudis de chaque semaine. Le mardi, nous livrons des plats surgelés aux intéressés. Le service peut fonctionner grâce à l’implication de nombreux bénévoles qui y occupent différentes tâches allant de la cuisine à la livraison à domicile comme chauffeur ou baladeur.»
Mme Champagne admet que la popote roulante est déficitaire, mais ô combien essentielle, ne serait-ce que par sa mission. « Dans un premier temps, parce qu’il permet aux aînés de manger un repas chaud, ce qui parfois n’est pas possible pour certains, car leur état de santé ne leur permet plus de cuisiner. Deuxièmement, la popote roulante brise l’isolement de ces gens, car bien souvent, nos bénévoles sont les seules personnes que les bénéficiaires voient dans une journée ou une semaine. On assure une certaine vigie auprès d’eux. Si on note quelque chose d’anormal lors de notre visite, on peut communiquer avec une personne ressource choisie par le bénéficiaire pour l’en informer. C’est une certaine sécurité pour les familles de savoir cela», décrit-elle.
Sur le plan monétaire, chaque repas vendu à 8,50$ aux clients coûte environ 14 $ à préparer pour la popote roulante. « Le tiers de notre budget provient du ministère de la Santé. Pour le reste, il faut trouver des solutions.»
À l’occasion de la Semaine québécoise des popotes roulantes, le CCAVS souhaite sensibiliser les élus à sa cause et c’est pourquoi l’organisme les invite à être baladeurs d’un jour. Lors du passage de Néomédia sur place le 13 mai dernier, le maire de Saint-Polycarpe, Jean-Pierre Ménard, avait accepté l’invitation.
« C'est une belle occasion pour moi de connaître un des services offerts dans notre communauté. C’est surprenant de voir toutes les personnes impliquées dans la popote roulante afin d’en faire un succès. Sans eux, ce service n’existerait pas. Je suis content et fier de voir que cet organisme qui fait une différence dans notre communauté est bien implanté ici à Saint-Polycarpe.»
Des bénévoles engagés
Parmi les bénévoles qui assurent le bon fonctionnement de la popote roulante, on retrouve Robert Poirier qui s’y implique à raison de trois jours par semaine, et ce, depuis les tous débuts du service. « C'est une façon de passer le temps pour moi. Je suis retraité, célibataire et sans enfants. Au début, il y a douze ans, les livraisons avaient lieu deux jours par semaine. Avec les années, le service a pris de l’expansion puis les livraisons sont passées à trois jours. La demande est de plus en plus forte, car la population est de plus en plus vieillissante. C’est un service qui favorise le maintien à domicile.»
À ses heures, M. Poirier est chauffeur ou baladeur, tout dépend de son binôme. « Certains sont plus à l’aise derrière le volant, alors je prends place du côté passager quand c’est le cas. On fait aussi des routes différentes en fonction des besoins. Personnellement, ça me fait du bien de m’impliquer et d’aider les autres. Ça a toujours été dans ma nature. Ce n’est pas un engagement trop compliqué ou exigeant.»
Selon le bénévole expérimenté, la patience est de mise lorsqu’on fait office de baladeur et qu’on livre les repas aux aînés. « Certains ont de la difficulté à se déplacer et c’est plus long pour eux de venir répondre à la porte. D’autres laissent une glacière devant la porte pour qu’on y dépose le repas pour éviter que leurs animaux domestiques ne sortent de la maison. Il faut savoir s’adapter. Habituellement, ce genre de détails est inscrit sur la feuille qui nous est remise avant le départ pour la livraison, alors on vient qu’on se rappelle des particularités de chaque client», termine-t-il.

