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Maria Popica, enseignante à John Abbott honorée pour son excellence en français

« C'est une langue difficile à apprendre, mais elle te donne tellement »

durée 18h00
5 mai 2026
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Marie-Claude Pilon
Par Marie-Claude Pilon, Journaliste

Tout récemment, une enseignante de français au Cégep John Abbott s’est vu décerner le Prix Ghislaine-Coutu-Vaillancourt remis par l’Association québécoise pour l’enseignement du français langue seconde (AQEFLS). Roumaine d’origine, Maria Popica, transmet son amour pour cette langue depuis 2008 aux élèves de cet établissement collégial anglophone.

Aussi connu sous le nom de Prix d’excellence en enseignement du français langue seconde, la distinction a pour mission de souligner l’apport considérable de pédagogues de français langue seconde qui se sont distingués par leur travail ou leur dévouement. Octroyé annuellement depuis 1984, ce prix souligne le travail remarquable, le leadership et le dévouement de pédagogues ayant eu un impact significatif sur l’enseignement et l’apprentissage du français langue seconde. En attribuant ce prix, l’AQEFLS veut reconnaître le travail accompli, valoriser ses recherches et récompenser ses efforts pour promouvoir la langue française. 

« J’ai une longue histoire avec le français! Elle date d’au moins trente ans. J’ai commencé jeune à m’y intéresser et à le parler. À ma sortie du lycée, à 18 ans en fait. J’ai même enseigné cette langue à des jeunes qui débutaient. J’ai continué à l’enseigner pendant mes études dans les années 1990. Puis en 2000, je suis arrivée au Québec où j’ai fait de même pendant que je complétais mon doctorat en littérature à l’Université de Montréal. J’ai commencé à travailler au Cégep John Abbott en 2007», raconte-t-elle d’emblée au bout du fil. 

Plus précisément, c’est à l’école, en Roumanie, que Maria Popica a ses premiers contacts avec le français, une langue latine comme le Roumain. « On l’apprenait avec du papier et un crayon, soit de manière très traditionnelle. Après le lycée, j’étais capable d’écrire un peu, assez pour l’enseigner à mon tour à des débutants. Au départ, je voulais enseigner le Roumain, mais je suis tombée amoureuse de cette langue étrangère et j’en ai fait une carrière. Ça a été une langue difficile à apprendre pour moi, il m’a fallu travailler très fort, mais je suis contente d’avoir persévéré. »

Une reconnaissance particulière 

Par le passé, Mme Popica a eu deux mentions d’honneur de l’AQEFLS, mais elle n’hésite pas à qualifier cette récente distinction de « spéciale ». « Elle reconnaît ma carrière et c’est un bel hommage de l’Association. Elle souligne l’excellence en pédagogie et l’implication du lauréat à tous les niveaux dans le rayonnement du français. C’est une reconnaissance décernée par les pairs, ce qui la rend encore plus particulière. Le prix était accompagné d’une œuvre de mon choix réalisée spécialement par un artiste de mon choix. J’ai sélectionné l’artiste autochtone Helen Watso. Cette distinction me pousse et me motive à continuer mon implication et mes collaborations. » 

Sur le plan professionnelMme Popica a apporté une contribution durable à l’enseignement du français langue seconde en tant que membre de l’équipe ayant participé à l’élaboration des compétences ministérielles de français langue seconde pour le réseau collégial. Elle s’investit activement dans la recherche ainsi que dans la création de ressources pédagogiques variées, tout en mettant de l’avant des approches novatrices telles que l’apprentissage expérientiel.

Soucieuse de faire vivre le français au-delà de la salle de classe, elle collabore avec des institutions culturelles afin de favoriser l’immersion linguistique et culturelle, offrant ainsi aux personnes étudiantes des occasions authentiques de vivre le français dans des contextes significatifs.

Selon elle, apprendre la langue française, c’est « s’ouvrir à toute une culture dotée d’une richesse extraordinaire. C’est de créer un lien automatique avec la communauté québécoise, c’est de créer des ponts sociaux, des relations dans la vie de tous les jours avec les autres. Quand on s’implique socialement, on s’intègre dans la culture d’ici et ça permet de devenir quelqu’un d’autre, de plus ouvert et pas seulement axé sur une seule langue ou culture. C’est une langue difficile à apprendre, mais une fois que c’est fait, elle te donne beaucoup en retour. » 

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