Portrait d’une joueuse de soccer élite de la région
Krystel Châtelain: entre fierté et performance
Krystel Châtelain est une jeune joueuse de soccer originaire de Saint-Polycarpe. À 15 ans seulement, son parcours l’a déjà emmené au-delà des frontières pour des compétitions l’opposant aux meilleures athlètes du continent. En effet, celle qui a été capitaine d’équipe Québec en 2025 a représenté Haïti à trois reprises au tournoi de qualification de la Coupe du Monde U17 de la CONCACAF, une compétition organisée sous l'égide de la confédération nord-américaine et caribéenne de football.
« C’est sûr que l’année dernière, j'étais la plus jeune de mon équipe à 14 ans, c'est un peu stressant au début, mais c'est vraiment important pour moi: je trouve ça tellement fun de pouvoir représenter mon pays d'origine », exprime Krystel pleine de fierté.
Cette année, l'équipe haïtienne, composée principalement de joueuses issues de la diaspora américaine et canadienne, les joueuses résidant en Haïti n'ayant pu obtenir leurs visas, est passée de la première à la deuxième phase du tournoi, disputée à Curaçao. Krystel a contribué au bilan offensif de son équipe lors de cette phase, notamment en inscrivant deux buts.
La deuxième phase du championnat s'est par contre avérée plus exigeante : face aux États-Unis, considérés comme la meilleure équipe U17 au monde, et face à Porto Rico, une équipe tout aussi dominante. La seule victoire de l'Haïti lors de cette phase a été obtenue contre les Bermudes.
Krystel aura encore la chance de porter le maillot de l'Haïti pour les deux prochaines compétitions de la CONCACAF U17. Ceci dit, la jeune joueuse ne se limitera pas à ces tournois de soccer.
Se projeter à long terme, sur et hors du terrain
Ses objectifs sont clairement définis, elle veut se qualifier pour la Coupe du monde U17 avec Haïti lors du prochain cycle et amener son pays d'origine à de nouveaux sommets. Outre la CONCACAF, Krystel aspire à décrocher une bourse dans une université américaine pour parfaire ses talents. Plusieurs collèges américains de division 1 ont déjà manifesté un intérêt envers la jeune sportive de Saint-Polycarpe. Un agent travaille d’ailleurs de concert avec elle et son papa.
« Mon père a toujours été là pour m'aider à aller plus loin. Il a trouvé les bons coachs pour m'entourer et les bons clubs aussi. Il a toujours été là pour mes pratiques et pour mes matchs. Ça m'aide beaucoup quand je joue, je pense souvent au soutien que je reçois de mes proches », relate l’athlète. La distance entre ses matchs et ses pratiques entre aussi en ligne de compte : souvent, ses parents doivent l’accompagner de Saint-Polycarpe jusque dans l’Ouest de l'île et au-delà de ça.
Ce n’est pas pour rien que Krystel souhaite poursuivre son parcours au sein du circuit scolaire existant au sud de la frontière. Elle désire entreprendre des études en droit, un métier exercé par son grand-père, que sa famille décrit comme étant déjà constaté dans le caractère de la jeune fille. « Elle a toujours eu un sens aigu de la justice. Ça a toujours été important pour Krystel », explique son père.
Son objectif par la suite : évoluer en Europe où le niveau de jeu est beaucoup plus élevé qu’ici, en Amérique du Nord. « Mon rêve est d’aller jouer là-bas […] Pour m’y rendre, je participe à beaucoup de showcases depuis deux ans. » Selon plusieurs recruteurs, dont First Touch Football Canada (FTF), Krystel se classe dans le top 5 des meilleurs espoirs du Canada pour son groupe d’âge.
Progresser vers de nouveau sommet
Son développement repose sur une combinaison de facteurs : une progression à travers plusieurs clubs, dont son club actuel qui l'a particulièrement mise en valeur. En 2024, elle inscrit 28 buts en 19 matchs. Elle a également participé au Championnat canadien avec son club de Lakeshore qui a terminé au deuxième rang national.
Krystel estime se démarquer notamment par sa vision offensive, sa vitesse et sa capacité à créer des jeux collectifs avec ses coéquipières.

