Il a lancé une pétition qui sera déposée à l’Assemblée nationale le 9 juin
À neuf ans, il réclame une meilleure sécurité autour de son école
À au moins six repises, alors qu’il parcourait les 600 mètres séparant sa résidence de Pincourt de son école primaire, Notre-Dame-de-Lorette, Alexandre Masse, neuf ans, a failli se faire heurter par une voiture depuis le début de son parcours scolaire, en maternelle. Apeuré par le comportement de certains automobilistes, le jeune Pincourtois a décidé de passer à l’action.
Au cours des derniers jours, il a démarré, avec l’aide de sa mère Annie-Claude Desrosiers, une pétition visant à l’amélioration de la sécurité routière aux abords de l'école de Pincourt. Toutefois, la thématique de la pétition et les mesures qui y sont citées ont été pensées pour être appliquées à toutes les écoles de la province.
Au moment d’écrire ces lignes, le document électronique compte 212 signatures. Dans la foulée, Alexandre a aussi commencé à travailler sur un documentaire ayant la même thématique.
« Je vois souvent des gens qui roulent trop vite, qui font des demi-tours ou qui se stationnent dans des zones interdites en venant déposer leurs enfants. J’ai donc décidé, après en avoir parlé avec ma mère, de démarrer une pétition pour demander l’ajout de mesures de sécurité supplémentaires aux abords de mon école », résume d’entrée de jeu le principal intéressé.
Dès la mise en ligne de la pétition, Alexandre et sa mère se sont vite rendu compte que cette problématique ne se produit pas qu’aux abords de l’école Notre-Dame-de-Lorette, mais également sur le territoire municipal, et au Québec.
« Les gens nous demandent d’inclure leurs secteurs dans la pétition et nous dise que c’est comme ça près de chez eux aussi. La pétition concerne le territoire de Pincourt, mais elle pourrait facilement s’appliquer ailleurs », indique Mme Desrosiers.
Interpeller les élus sur le sujet
Comme toute pétition qui sera officiellement déposée à l’Assemblée nationale du Québec, le document est parrainé par un élu. Dans ce cas-ci, c’est Marie-Claude Nichols, députée de Vaudreuil, qui joue ce rôle. D’ailleurs, le 9 juin prochain, Alexandre prendra la direction de la capitale nationale pour y déposer le document, et rencontrer Ian Lafrenière, le ministre de la Sécurité publique.
Sur ses réseaux sociaux, la députée a écrit ceci à propos du jeune homme. « Alexandre, neuf ans, nous avait écrit pour nous faire part de ses inquiétudes quant à la sécurité aux abords de l’école Notre-Dame-de-Lorette à Pincourt. Il est venu à notre bureau, accompagné de sa mère, avec une vidéo bien préparée sur cet enjeu et plusieurs pistes de solutions concrètes. À 9 ans, démontrer un tel engagement, c'est remarquable. Merci, Alexandre. Nous serons là pour t’appuyer dans tes démarches. »
En plus de l’élue provinciale, Alexandre a aussi assisté à une séance du conseil municipal pour sensibiliser les élus municipaux sur le sujet. « Ils ont été réceptifs, mais ils prônaient surtout l’idée que tout le monde doit être responsable de ses propres comportements sur la route », souligne Mme Desrosiers.
Des solutions concrètes
Dans sa pétition, Alexandre propose la mise en place de mesures simples qui permettraient d’améliorer la sécurité aux abords de son école. « On pourrait assurer la présence de la patrouille municipale sur une base plus régulière aux abords de l’école ou ajouter un brigadier aux autres intersections situées près de l’école. Sinon, pourquoi ne pas ajouter un trottoir supplémentaire comme il y en a un pour les maternelles? La Ville pourrait aussi ajouter des dos d’âne de plus sur la rue Bellevue où les gens roulent très vite. »
Au cours des prochaines semaines, Mme Desrochers tentera aussi d’entrer en contact avec le Centre de services scolaire pour l’informer de la démarche de son fils.
Lors des prises de vue pour son documentaire, Alexandre et sa mère ont croisé toute sorte d’automobilistes. « Certains nous ont menacés d’appeler la police parce qu’on les filmait alors qu’ils étaient stationnés dans un endroit interdit. Ils voulaient qu’on efface nos images. D’autres ont admis leur tort, en disant que c’était la première fois qu’ils avaient ce comportement, mais c’était faux. On en a vu de toutes les couleurs », précise Mme Desrosiers.
Avant de se rendre à Québec, Alexandre veut récolter le plus de signatures possibles. « Au début, je me disais que 100 signatures, ce serait bien. Maintenant qu’on a dépassé cet objectif, je me dis que 1000, ce serait cool. Avec mon documentaire, je veux vraiment que les gens prennent conscience de leurs comportements sur la route. Ce serait dommage qu’un accident impliquant un enfant ne survienne près de mon école », termine-t-il.
Dans les prochaines semaines, il cognera aux portes de son quartier pour expliquer son projet et récolter des appuis.
Pour signer électroniquement la pétition, on peut se rendre sur le site Internet de l'Assemblée nationale.

