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Journée internationale des droits des femmes

Portrait de femme: Maria José Heredia et mettre à profit sa résilience

durée 18h00
6 mars 2026
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Par Christopher Chartier-Jacques, Directeur régional des contenus

Dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes, Néomédia est allée à la rencontre de femmes qui, de par le domaine dans lequel elles évoluent, inspirent notre communauté. Le parcours de Maria José Heredia ressemble plus à une course à obstacles qu’à un long fleuve tranquille. Aujourd’hui intervenante au Centre de femmes La Moisson, elle puise dans ses forces acquises à travers les années pour aider.

Née dans une petite ville du Venezuela, Maria José Heredia trouve rapidement un modèle d’une femme forte et émancipée. « Elle a demandé le divorce de mon père quand j’avais quatre ans. Elle se retrouvait ainsi monoparentale avec trois enfants. En parallèle, elle a complété ses études pour devenir avocate pour subvenir aux besoins de sa famille. Ça m’inspire beaucoup », se remémore l’intervenante de 36 ans.

Son père, quant à lui, est venu s’établir à Toronto. Maria José est venue le rejoindre en sol canadien à la fin de son adolescence. « Mon père voulait regrouper ses enfants ici. Ils voyaient de meilleures opportunités pour nous ici. Tout laisser derrière n’a pas été facile », lance-t-elle. Soulignons qu’elle ne parlait aucune des deux langues officielles. Son père n’ayant pas les moyens de lui payer des cours de langue, lui a plutôt acheté des livres. « J’ai passé 10 mois à les étudier mais j’ai appris l’anglais », relate la jeune femme dans un sourire. Après un déménagement de la famille à Montréal, elle a dû refaire le même processus avec le français.

« Mon père a fait de grands sacrifices pour nous parrainer et nous a toujours encouragés à poursuivre nos études et à devenir des citoyens engagés, qui contribuent positivement à la société québécoise », exprime fièrement la jeune femme.

Puis, après avoir pris la décision de s’établir au Québec définitivement, un autre défi attendait Maria José. « J’avais fini mon secondaire au Venezuela mais mon diplôme n’était pas reconnu ici, poursuit-elle. J’ai pris un an pour refaire ce que j’avais déjà fait ».

Une job de rêve, mais…

Maria José explique qu’il est typique pour les personnes issues de l’immigration de se mettre énormément de pression pour réussir financièrement afin de justifier les sacrifices faits pour eux et pour pouvoir aider à leur tour.

Elle a bu à ce puits. Après des études en administration, elle décroche son poste de rêve avec beaucoup de défi et une compensation proportionnelle. Puis survient la COVID-19. Cette période s’accompagne de son déménagement à Vaudreuil-Dorion (alors que son emploi est au centre-ville), de la naissance de ses enfants et des problèmes de santé de sa fille.

« Je n’allais pas bien. J’ai vécu une crise d’identité et je me suis rendue compte que je n’ai jamais pris le temps de réfléchir à ce que je voulais faire vraiment », se rappelle-t-elle.

En dépit des inquiétudes et certains diront du gros bon sens, elle quitte son emploi. Elle atterrit quelques mois plus tard au Centre de femmes.

La force de son expérience

« Je crois que les défis que j’ai relevés au cours de ma vie ont amplifié une force que j’aie, mon optimisme », philosophe Maria José. Elle utilise aujourd’hui tout ce bagage pour écouter et aider les femmes qui viennent à elle avec leurs défis.

« Certaines d’entre elles vivent des situations difficiles à imaginer. Je crois que toutes les femmes ont surmonté des défis. La résilience est une de nos forces, explique l’intervenante. Quand j’écoute une femme me parler, je lui montre toutes les fois où elle a manifesté cette force. Je ne mets pas ma propre expérience de l’avance mais elle m’aide à voir le positif dans ce genre de situation. »

Les cas de femmes qui sont elles-mêmes issues de l’immigration ont une place particulière dans son coeur. Une certaine facilité d’empathie existe entre elle et ces femmes, selon Maria José.

Et le 8 mars?

Maria José s’est trouvée dans les relations d’aide. En ce sens, elle consolide une tradition féminine familiale. En effet, après sa formation et une carrière bien remplie, sa mère est devenue juge pour l’équivalent vénézuelien de la Direction de la protection à la jeunesse. Sa sœur, quant à elle, travaille aussi en intervention communautaire.

Dans ce cadre, la Journée internationale des droits des femmes revêt un caractère bien personnel pour elle. « Cette journée nous permet de constater les efforts que des femmes ont fait avant nous. Comment elles ont fait avancer la cause du droit des femmes. En même temps, des combats restent à être menés. Je pense notamment aux violences sexuelles. Pour moi personnellement, c’est une occasion de commémorer la résilience et les forces des femmes », résume Maria José.

Pour elle visiblement, son optimisme semble véritablement une source d'énergie renouvelable, au grand bénéfice de la communauté.
 

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