L'AMOSO présente ses demandes aux candidats
Des engagements clairs pour améliorer l’accès aux soins dans la région
Des engagements clairs pour améliorer l’accès aux soins dans la région
Pendant que la campagne électorale bat son plein, l’Association des médecins omnipraticiens du Sud-Ouest (AMOSO) interpelle les candidats des différents partis sur l’avenir des soins de santé dans la région. Son président, le Dr Sylvain Dufresne, souhaite que les politiciens prennent des engagements concrets afin d’augmenter les ressources médicales et professionnelles disponibles sur le territoire.
Les circonscriptions de Vaudreuil, Soulanges, de Beauharnois, de Huntingdon, au Sud, et de Châteauguay, à l'Est, sont toutes concernées et directement affectées par les problèmes énumérés par l'AMOSO.
Attirer plus de personnel compétent en région
Selon l’association, près de 80 000 personnes de la région doivent encore aujourd'hui se déplacer hors du Sud-Ouest pour être vues par un médecin de famille. Certains citoyens se retrouvent d'ailleurs dans l'obligation de devoir traverser la frontière avec l'Ontario pour consulter un spécialiste.
Il s'agit là d'un problème qui ne peut qu'empirer considérant que 21 % des médecins de famille ont plus de 60 ans. Le parti qui formera le prochain gouvernement devra donc composer avec de nombreux départs à la retraite et ce, même si plusieurs jeunes médecins pratiquent déjà dans les circonscriptions impliquées.
Le Dr Dufresne souligne notamment que « 100 des 554 postes de résidence en médecine familiale sont demeurés vacants en 2026, ce qui annonce une compétition croissante entre les régions pour recruter la relève. À l’échelle du Québec, près du quart de la population est âgée de 65 ans et plus, ce qui entraînera une augmentation importante des besoins en soins au cours des prochaines années. »
Si les futurs médecins choisissent moins souvent la médecine familiale, un récent sondage Léger indique justement que plus de 80 % des Québécois considèrent que l’augmentation du nombre de médecins de famille constitue une priorité.
Préparer l'ouverture de l'hôpital de Vaudreuil-Soulanges
La pression exercée sur les établissements hospitaliers de Valleyfield, de Châteauguay et d’Ormstown est toujours grandissante. Les besoins de main-d'œuvre étant sans cesse grandissants, l'AMOSO s'inquiète pour le futur hôpital de Vaudreuil-Soulanges qui devra lui aussi être doté d’équipes complètes. Pour le président de l'AMOSO, « le défi n’est pas seulement de maintenir les services actuels : il est d’augmenter de manière durable la capacité de notre région à soigner sa population. »
L’arrivée du nouvel établissement de santé est bien accueillie par les médecins qui voient en cette infrastructure un pas dans la bonne direction pour la communauté, mais son ouverture ne doit pas entraîner un déplacement des ressources déjà en place.
« Construire un hôpital ne suffit pas. « Il faudra être capable de le faire fonctionner », rappelle M. Dufresne. L’AMOSO veut dès lors connaitre la stratégie de recrutement, de formation et de rétention des professionnels de la santé de chaque parti.
Cette stratégie devra viser non seulement les médecins de famille et les spécialistes, mais également les infirmières, pharmaciens, technologues, travailleurs sociaux, professionnels en réadaptation et autres employés nécessaires au fonctionnement du centre hospitalier prévu pour 2028.
Dans le même ordre d'idée, on estime qu'il est impératif d'offrir des soins spécialisés dans la région à long terme.
Obtenir une plus grande autonomie régionale
L’Association des médecins omnipraticiens du Sud-Ouest demande finalement une plus grande marge de manœuvre pour les acteurs locaux dans l’organisation des soins. Les besoins des différentes circonscriptions du territoire peuvent différer de ceux d’autres régions du Québec alors qu'une centralisation progressive du réseau de la santé est observée.
Sylvain Dufresne considère ainsi qu’une approche uniforme ne permet pas toujours de répondre adéquatement aux réalités locales.
« Les médecins, les professionnels, les gestionnaires ainsi que les élus municipaux, provinciaux et fédéraux de notre région connaissent les besoins de leur population. « Ils doivent disposer d’une véritable marge de manœuvre pour adapter les services, développer des solutions et participer aux décisions qui concernent directement leur territoire », explique le Dr Dufresne en précisant que cela ne signifie pas l’absence de coordination provinciale ni de reddition de comptes.
L’association propose que le ministère de la Santé établisse clairement les grandes orientations, les objectifs et les standards à atteindre, tout en laissant davantage d’autonomie aux régions quant aux moyens utilisés pour y parvenir.
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