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Histoire locale

Le carnaval d’hiver…

durée 08h00
11 février 2024
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Temps de lecture   :  

6 minutes

Par Centre d'Archives de Vaudreuil-Soulanges

« Pour trouver de l’agrément,

D’la joie au cœur, du content’ment,

Le compté Vaudreuil-Soulanges
est sans rival,

Quand arriv’ le temps du carnaval »

Lorsque l’hiver est au plus fort, c’est le temps des carnavals d’hiver… À l’image de nos ancêtres, il faut se réapproprier l’hiver en créant un certain esprit de compétition entre les groupes, les représentants des paroisses, les générations, etc… Si les plus vieux événements datent de la fin du XIXe siècle, les carnavals prennent réellement leurs déploiements dans la seconde moitié du XX e siècle. C’est durant cette période que la plupart des villes et paroisses de la région ont eu leurs propres activités.

À l’origine, les carnavals étaient organisés par des associations sportives comme des clubs de raquette ou de patinage pour souligner des moments forts de leur saison. Par la suite, on retrouve aussi beaucoup de ces événements dans le milieu scolaire.

L’organisation des carnavals est également chapeautée par des comités de loisir, des chambres de commerce, mais implique différents intervenants. Il s’agit souvent d’un effort collectif des différentes associations ou organisations d’une paroisse ou d’une ville.

La plupart des carnavals d’hiver regroupe certaines composantes. Ces événements sont empreints de la nostalgie du passé concernant notamment l’habillement et le transport. En effet, on retrouve souvent un déguisement ou costume officiel mettant l’accent sur la tuque et la ceinture fléchée.

Différentes fêtes et divers événements protocolaires ponctuent le calendrier comme des « Bals costumés » soulignant l’époque de la Nouvelle-France ou des soirées mettant de l’avant la musique traditionnelle.

Un incontournable de ces festivités est le couronnement d’une Reine et d’un certain nombre de duchesses. Leur rôle en est un principalement de représentation et de financement. Malgré cela,
« l’institution » semble être prise très au sérieux par les notables et certaines têtes couronnées seront même invitées par leur député à l’hôtel du parlement de Québec. On voit aussi des parades ou défilés aux flambeaux, un château de glace et des sculptures de neige. La très grande majorité de ces festivals ont une mascotte communément appeler bonhomme, car il représente un bonhomme de neige.

Souvent de fabrication maison, selon les photographies consultées, sa beauté est très aléatoire. Enfin, une très grande diversité d’événements sportifs a lieu dont certains ayant souvent un lien avec le passé comme la raquette, la luge ou les activités dérivées du travail des chantiers forestiers.

Notre région n’échappe pas à cette frénésie du carnaval. Par contre, on remarque dans notre région, une particularité où un groupe chapeaute l’organisation ou la coordination des activités pour l’ensemble du comté de Vaudreuil-Soulanges. La première édition semble avoir été longuement préparée, car il est possible de retrouver des articles publicitaires dès le mois d’octobre précédant l’événement. Ce carnaval est créé à l’initiative d’Arthur Pothier, agent de liaison de L’Œuvre des terrains de jeux (OTJ) du diocèse.

Ce dernier est assisté d’Yvon Castonguay ainsi que d’un comité organisateur et des chambres de commerce de la région. Lors de cette première édition, une programmation variée est proposée et les activités sont réparties dans la majorité des différentes municipalités du territoire. On répertorie même les festivités organisées par les maisons d’enseignement.

C’est entre le 27 janvier et le 4 février 1962 que s’est déroulé le 1er carnaval de Vaudreuil-Soulanges. Ce premier carnaval a plusieurs objectifs. Dans un premier temps, il permet de réaliser une manifestation de joie, de rire, de détente et de franche camaraderie en stimulant la pratique du sport et des loisirs.

Il est aussi question de créer de la publicité au comté et aux marchands de la région. Enfin, il avait pour objectif de permette aux différentes œuvres de loisir d’amasser des fonds pour leurs activités de l’année. En effet, chaque organisme qui organise une activité peut conserver les profits pour ses activités.

Durant cette première année, un calendrier relativement chargé comprenant autant des activités
sportives que culturelles est élaboré. Les festivités débutaient par l’élection de la reine lors d’une soirée traditionnelle et se terminait par le bal historique costumé.

Du côté des sports, on peut y voir, en plus des traditionnels tournois de hockey et des démonstrations de patinage, un tournoi de bowling, des parties de ballon-balai, des compétitions de sauts de baril sur patin, du souque à la corde et une course d’un mille (1,6 km) en portant un poids de 50 livres (22,7 kg).

Il est intéressant de souligner que la compétition de souque à la corde comprenaient des équipes composées des élus et des employés des différentes municipalités de la région qui s’affrontaient entre elles.

D’autres activités s’ajoutent avec le temps, comme la glissade, les randonnées en motoneige, le ski de fonds et la pêche blanche. Pendant cette première édition, deux « grands » concours sont organisés par les journaux locaux. Dans un premier temps, il y a le concours de Mademoiselle carnaval organisé par le journal L’Écho.

Durant plusieurs semaines, on invite les jeunes filles de la région à participer au concours. Une couverture médiatique importante est faite ainsi que des reportages photographiques dans les journaux.

Il y a eu 31 mises en candidature provenant de différentes municipalités du comté. Les candidates doivent avoir entre 15 à 25 ans et écrire un petit texte soulignant une initiative personnelle ou une réalisation. Pour inciter les participations, différents prix seront offerts à la gagnante par des commerçants locaux.

Soulignons, une visite et une entrevue à la radio de CFLV de Valleyfield, un manchon de fourrure, un bijou au choix de la concourante, des livres ou des disques, une radio, une malle de voyage et une fin de semaine à Val-Morin. Soulignons aussi qu’un commanditaire offrira une robe pour le bal de clôture.

Afin de sélectionner l’heureuse gagnante, un comité est formé. Comportant à l’origine 3 personnes, il prendra de l’ampleur en même temps que le nombre d’inscription et c‘est un juré de sept personnes comprenant des représentants des différentes municipalités qui choisira la reine.

La première reine du carnaval de Vaudreuil-Soulanges est Gilberte Aumais, une institutrice de 18 ans de Saint-Polycarpe. Elle est couronnée par Mme Andrée Gérin-Lajoie, épouse du député provinciale. Pour ses fonctions officielles, elle était accompagnée de quatre duchesses, Jacqueline Médard des Cèdres, Micheline Valois de Dorion, Éloïse Gasse de Ville de l’île Perrot et Annette Dandurant de Dorion.

Fait intéressant, la soirée de couronnement était animée par le comique bien connue Monsieur Denis Drouin et mettait de l’avant la musique traditionnelle québécoise. Dans les années suivantes, ces soirées furent animées ou ont mis en scène des vedettes québécoises de l’heure comme Pierre Lalonde et Joël Denis.

Durant la période du carnaval, les reines de Vaudreuil-Soulanges sont de toutes les activités et collaborent même au couronnement de certaines reines des carnavals dans les différentes municipalités.

Enfin lors du bal historique qui est le clou de cette semaine d’activités, la reine participe à la remise des trophées. À lire les commentaires, on comprend l’importance de cette symbolique pour souligner les exploits sportifs des différentes compétitions et pour flatter l’égo des compétiteurs.

De son côté, Le journal La Presqu’Ile lance un concours régional de sculpture sur glace qui s’adresse à toutes les maisons d’enseignement du territoire. Les juges sont Lucien Thériault, Guy Godin et Berthe Sauriol. C’est l’école Saint-Michel de Vaudreuil qui se mérite le trophée de La Presqu’ile pour un magnifique Cerf de glace.

Les journaux abordent aussi la question d’un club select. Il est question de l’Ordre de la tuque ou l’Ordre de la ceinture fléchée ? Ces ordres seraient réservés à certains dignitaires où seraient intronisés des personnages municipaux ou influents du comté. Malheureusement, il ne nous a pas été possible de trouver plus d’information à ce sujet.

Certains de ces carnavals ont perduré dans le temps et d’autres ont été des événements très
éphémères. Les causes liées à la fin de ces événements ont souvent été le manque de participation. Enfin, le manque de neige ou des hivers pluvieux ont souvent eu raison de ces événements.

Auteur : Frédéric Laniel, archiviste, Centre d’archives de Vaudreuil-Soulanges

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