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Par Alexandra Loiselle-Goulet

Le suicide, PARLONS-EN ! 

durée 18h00
4 février 2024
durée

Temps de lecture   :  

3 minutes

Par Alexandra Loiselle-Goulet, Blogueuse

Je suis dans ma tête. Les mots résonnent aussi fort que le froid qui me frappe le visage durant la marche que je prends. J’écoute de la musique, celle de la série que tu aimes. Les larmes sont prêtes à couler comme une petite pluie d’été. J’ai de la difficulté à imaginer ma vie sans toi. Une vie où tu aurais décidé que tu en avais assez. Que la lourdeur de ce que tu vis aurait raison sur le reste, sur nous !

Des cas d’enfants avec des pensées suicidaires, ce n’est pas rare. Des enfants qui commettent l’irréparable, ça arrive partout, même chez nous. Aucun parent n’est préparé à ce drame. L’enfer peut être réellement sur terre. J’en sais quelque chose, je travaille dans un centre de prévention suicide. 

Je te répète constamment que je suis là pour toi et de me parler si ça ne va pas. Je pris pour que tu le fasses si jamais. 

Je suis bien placé pour savoir que la vie est loin d’être un fleuve tranquille surtout dans l’adolescence. On se comprend plus, les amis.es prennent ben d’la place, pis on veut être dans gang. Reste juste à choisir la bonne.

Tout est intense dans cette période. Les émotions sont comme un volcan en éruption, la peine est comme un Tsunami et la rage se traduit souvent avec des bruits forts de claquement de portes et de musique dans l’tapis. C’est aussi une période où les ailes commencent à pousser et que le besoin d’indépendance crie comme le tonnerre. Faut qu’jeunesse se fasse qui disent.

C’est le moment où maman n’est plus aussi nécessaire. Pis ça, j’suis pas prête. Autant que je te trouve si débrouillarde, si allumée autant que pour moi, tu es encore mon bébé. La dualité de mes ressentis fait partie maintenant de la maman que je suis. 

La vie est un terrain de jeu et c’est important que tu y joues. Amuse-toi, ris tellement fort que tu auras mal au ventre, profite de ton enfance. Dis-toi toujours que je suis là, pas trop loin. Que mes yeux seront toujours remplis de fierté et de reconnaissance ! Tu es forte et résiliente. Tu es drôle et persévérante. Regarde vers l’avant et rêve à tout ce que tu veux. Rien n’est impossible. Je t’aiderai. 

Le suicide n’est jamais une option. Ne pas en parler non plus. Que ce soit dans un milieu scolaire primaire ou secondaire, toi et ta génération n’êtes pas trop jeunes pour être outillés. Comme intervenants ou adultes qui te côtoient, soyons proactifs. Allons vers vous pour vous comprenez à quel point vous en valez la peine. Éviter le sujet ne fait que rendre cet acte encore plus tabou. Faisons ensemble la promotion de la vie. 

En cette semaine de prévention du suicide, au nom de nos jeunes et surtout, ma fille, en ton nom, j’invite les acteurs du domaine de l’intervention et du domaine scolaire à collaborer étroitement afin d’éviter des drames jeunesse. Donnons à nos jeunes l’envie de se relever et de continuer. Construisons-leur un coffre à outils qui fera d’eux les adultes solides de demain. Ma fille, je suis là, pour toujours. 

Maman. 

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