Tarifs américains
Les entreprises du Grand Montréal se débrouillent bien

Par Maxim Ouellet, Journaliste, initiative de journalisme local
L’Observatoire Grand Montréal de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) note que la région métropolitaine a jusqu’à présent bien résisté à la salve tarifaire du président américain. Certaines industries liées à des produits ciblés, dont les vêtements, les plastiques, l’équipement électrique et les produits électroniques, doivent toutefois composer avec des impacts plus prononcés selon une étude.
Rappelons qu'à la fin du mois d’août, nos voisins du Sud ont imposé des droits de douane de 50 % sur environ 5 % des importations en provenance du Canada. Soulignons qu'avant l'entrée en vigueur de ses tarifs, ces mêmes produits étaient exemptés en vertu de l’Accord Canada–États‑Unis–Mexique (ACEUM). Les pressions économiques des États-Unis s’ajoutent aux tarifs sectoriels imposés en 2025, qui visent des produits spécifiques dont certains sont fabriqués en Montérégie, notamment l’acier, le cuivre, les camions et les autobus.
L’analyse de l’Observatoire Grand Montréal conclut que l’impact des nouveaux tarifs devrait être limité, car plus de 80 % des exportations vers les États-Unis continueront d’être exemptes conformément à l’ACEUM.
À noter que les produits aérospatiaux, la première exportation du Grand Montréal, continuent de circuler en franchise de droits. L’industrie aérospatiale, qui compte pour 30 % des exportations montréalaises, bénéficie d’ailleurs d’une expansion persistante, soutenue par la relance des flottes aériennes, l’essor des besoins de réparation ainsi que la bonne santé financière des entreprises.
Comprendre les réalités des industries touchées
À l’été 2026, le tarif moyen sur les exportations québécoises vers les États-Unis atteignait 7 %. La nouvelle salve tarifaire de Donald Trump fera grimper le tout à 11 %, selon la Banque nationale du Canada et la Banque Royale du Canada. Le Québec est la province la plus touchée, devant l’Ontario et la Colombie-Britannique.
L’Observatoire Grand Montréal estime que, dans la région métropolitaine, les industries qui subissent le plus d'impact seront celles des produits électriques, frappés d’un tarif effectif de 21 %. Le marché américain, auquel plus de 40 % des ventes québécoises sont destinées, est un débouché important pour ces industries qui sont concentrées dans le Grand Montréal et dont les ventes métropolitaines atteignaient 7,4 milliards de dollars en 2025.
Les vêtements sont pour leur part frappés d’un tarif effectif de 24 %, le plus élevé du lot, ce qui risque de nuire à une industrie dont 62 % des ventes sont réalisées sur le marché américain. De même, les plastiques, dont le tiers de la production québécoise est absorbé par les États-Unis, sont désormais affaiblis d'un tarif effectif de 19 %.
Ces impacts s’ajouteront aux baisses des exportations notées par certaines industries de la région métropolitaine de Montréal à la suite de la première salve tarifaire, en 2025. Les plus fortes baisses avaient alors touché les camions lourds, fabriqués dans la couronne Nord, les produits pharmaceutiques et le cuivre laminé et étiré, principalement produits dans l’agglomération de Montréal, et la sidérurgie, présente sur la couronne Sud.
