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Néomédia a pu s'entretenir avec une ex-employée

Climat toxique dénoncé au CPE Cadet-Rousselle

Climat toxique dénoncé au CPE Cadet-Rousselle
Photo: Néomédia Valleyfield

Au cours des dernières semaines, Néomédia Valleyfield a obtenu copie d’un bulletin d’information publié par le Conseil central de la Montérégie de la CSN,  dénonçant un climat de travail toxique au CPE Cadet-Rousselle, situé à Salaberry-de-Valleyfield. Une ancienne employée a accepté de parler de la situation sous le couvert de l’anonymat.

Lors du passage de Néomédia sur place, deux pancartes dénonçant la situation était bien visible devant l'installation de la rue Quévillon. Sur celles-ci on pouvait lire: Employeur méprisant et Rien ne va plus. 

Dans le document rédigé par l'organe syndical, on soutient que le CPE Cadet-Rousselle aurait perdu plus du tiers de son personne; dans les six derniers mois. « Depuis 2022, c’est un total de 36 salariées qui ont quitté le CPE, alors que plusieurs restées en place songent actuellement à démissionner», précise-t-on dans une communication adressée aux parents qui dénonce la situation.

On poursuit en précisant que le roulement inédit de personnel entraîne une surcharge importante et inquiète les travailleuses qui sont préoccupées par les effets de cette grande instabilité sur les enfants.

« Nous n’exigeons pas la lune: seulement être traitées avec respect, nous souhaitons que la direction respecte notre contrat de travail afin d’avoir l’opportunité d’amorcer un vrai dialogue entre la direction et nos représentantes syndicales. Le tout dans l’optique de régler les nombreux enjeux que nous vivons quotidiennement. Jusqu’à maintenant, la direction refuse tout dialogue et poursuit la fuite en avant, ce qui occasionne de nombreuses conséquences fâcheuses comme les bris de services», ajoute-t-on en terminant.

À la suite de recherches, Néomédia a pu s’entretenir avec Brigitte (nom fictif) qui a travaillé dans l’installation de la rue Quévillon de mars 2022 au mois de mai dernier de manière occasionnelle. 

« L’ambiance était très néfaste. La direction ne faisait pas preuve d’ouverture d’esprit ou de compréhension face à certaines situations. Il m’est arrivé de devoir m’absenter pour des raisons de santé en lien avec mon fils et ça dérangeait. On m’a même déjà dit que si je n’étais pas contente, je n’avais qu’à démissionner», témoigne-t-elle d’entrée de jeu.

Avant d’être embauchée là-bas à titre d’éducatrice, Brigitte n’avait pas eu vent du climat qui régnerait entre les murs de l’établissement. « C’était difficile de faire respecter nos conventions collectives, malgré le fait que nous étions syndiqués. Je ne me sentais pas bien là-bas, pas entendu, pas écouté et pas respecté. J’ai fini par remettre ma lettre de démission à l’instar de plusieurs de mes collègues. Au moins, en même temps que moi, deux autres éducatrices ont quitté. Les rencontres que le syndicat sollicitait avec la direction était toutes repoussées pour diverses raisons. C’était vraiment n’importe quoi», poursuit-elle.

Selon elle, les parents n’étaient pas au courant du climat dénoncé par la CSN. « C’est un métier que j’adore, donc c’est pour ça que je suis restée plus de trois ans. Il y avait constamment des sous-entendus. On était très souvent rabaissé. Personnellement, je n’ai pas à vivre ça et c’est pour ça que j’ai quitté.»

Appelée à réagir face à ces allégations, la direction du CPE Cadet-Rousselle a accepté de se prononcer par courriel. Voici la réponse obtenue de part de la directrice générale de l’établissement Jacynthe Audette:

« Au cours de la dernière année, plusieurs membres de notre personnel ont quitté pour diverses raisons, telles que de nouvelles opportunités professionnelles ou des considérations personnelles. Cette situation a temporairement impacté notre équipe. Nous avons dû faire face à des défis pour planifier les congés et répondre aux demandes syndicales, dans l’objectif de respecter nos obligations légales en matière de ratios et de sécurité, fondamentales pour le bien-être des enfants.

En réponse à ces défis, notre partenaire syndical, le Syndicat des travailleuses et travailleurs en petite enfance de la Montérégie - CSN, a initié des actions, y compris la distribution de bulletins d'information aux parents. Bien que des termes forts aient été utilisés, aucune plainte formelle ni aucun grief spécifique concernant le climat de travail n'a été déposé. Nous abordons néanmoins ces préoccupations avec le plus grand sérieux.

Nous avons récemment rencontré les représentantes désignées par le syndicat lors d'une réunion de comité de relations de travail le 17 juin dernier, principalement pour discuter des départs et des pistes de solution en regard de la pénurie de personnel. La rencontre s'est déroulée de manière constructive, et nous sommes optimistes quant au rétablissement d'un dialogue ouvert et productif.

Nous sommes fiers de la contribution de notre personnel qui, chaque jour, s'efforce de répondre aux besoins des enfants de nos installations malgré certains défis. Soyez assurée que la qualité de nos services éducatifs et le respect de nos employés demeurent nos priorités.»

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